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Cette actualité a été publiée le 18/05/2010 à 17h32 par Tanka.


L'OCCASION D'UNE PRISE DE CONSCIENCE ÉCOLO

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L'occasion d'une prise de conscience écolo

L'étendue des dégâts pourrait inciter les Américains à faire plus attention aux questions environnementales.

C'est une technologie de pointe qui aura provoqué l'une des pires catastrophes écologiques de ce temps. Après tout, sans cette technologie, BP n'aurait jamais pu construire la plate-forme de forage Deepwater Horizon.

Cela dit, pour ceux qui ont gardé en mémoire l'histoire des catastrophes écologiques, cette nouvelle marée noire a un air de déjà-vu qui renvoie à la suite d'événements qui ont amené l'instauration de la première Journée de la Terre (Earth Day), voilà quarante ans.

Peut-être – je dis bien peut-être – cette catastrophe va-t-elle enfin secouer l'indifférence des Américains pour les questions environnementales, tendance paradoxalement liée à leur capacité à réduire efficacement les formes de pollution les plus visibles. Si c'était le cas, il y aurait peut-être une toute petite lueur d'espoir au bout du tunnel. Notre intérêt pour la protection de l'environnement est né en réaction à la pollution visible aux yeux de tous.

L'actuelle marée noire nous rappelle l'accident de 1969 qui avait bitumé toutes les plages de Santa Barbara. 1969, c'est également l'année où la rivière Cuyahoga, qui traverse la ville de Cleveland, avait pris feu. A la même époque, le lac Erié avait été déclaré “mort”, ses eaux ayant été contaminées par des algues toxiques, et plusieurs grandes villes américaines, Los Angeles notamment, étaient souvent noyées dans un épais brouillard acide.

Dans un tel contexte, il ne fut pas difficile de mobiliser l'opinion. C'est alors que fut créée l'Agence de protection de l'environnement (EPA) et adopté le Clean Water Act [loi sur la propreté de l'eau]. L'Amérique commença à lutter contre la pollution la plus visible. La qualité de l'air s'en trouva améliorée.

Les pics de pollution à Los Angeles (plus d'une centaine par an) se firent plus rares. Les rivières cessèrent de brûler, certaines, depuis, ont même été rouvertes à la baignade et le lac Erié a repris vie. Mais, à mesure que les traces de pollution visibles disparaissaient, l'opinion publique s'est désintéressée de l'environnement. D'après une récente étude de l'institut de sondages Gallup, “les Américains n'ont jamais été aussi peu préoccupés par les questions environnementales que ces vingt dernières années”.

Ce désintérêt n'aurait rien de fâcheux si le problème se réduisait à la pollution visible, mais ce n'est pas le cas. Les gaz à effet de serre sont beaucoup plus dangereux que le smog ou les rivières en feu, mais il n'est pas facile de mobiliser le public contre une forme de pollution invisible dont les effets n'apparaissent qu'au bout de plusieurs décennies.

A mesure que les catastrophes des années 1960 et 1970, si photogéniques, tombaient dans l'oubli, les conservateurs ont entrepris de remettre en cause les réglementations écologiques. Ce retour en arrière s'opérait essentiellement par des demandes d'assouplissement des régulations liées à l'environnement. Reconnaissons-le, les anti-écolos ont largement remporté cette bataille, du moins dans l'opinion publique.

C'est dans ce contexte que survient l'accident de Deepwater Horizon. Avec lui, la pollution redevient photogénique. Il nous rappelle brutalement que l'environnement ne se prendra pas en charge tout seul et que, si la technologie et l'industrie modernes ne sont pas régulées et surveillées de près, elles peuvent infliger de terribles dégâts à notre planète.

L'Amérique recevra-t-elle le message ? Cela dépendra largement de ses dirigeants. Le président Obama doit saisir cette occasion pour dire aux Américains qu'il ne vaut pas la peine de frôler la catastrophe environnementale pour quelques barils de pétrole de plus (qui n'auront aucune incidence sur notre niveau de dépendance aux importations).

Il est vrai que Barack Obama n'est guère en position de faire la leçon. Voilà tout juste un mois, il annonçait l'ouverture de l'essentiel de la côte Atlantique à l'exploration pétrolière, une décision qui a choqué bon nombre de ses partisans et le met aujourd'hui dans l'impossibilité de faire la morale.

Il lui faudra néanmoins dépasser cela. Cette catastrophe est une chance, l'occasion de retrouver un peu de l'esprit de la première Journée de la Terre. Ainsi, il pourrait sortir quelque chose de bien de ce cauchemar environnemental.

Source : vert.courrierinternational.com


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