L'Indonésie prend peu à peu conscience des enjeux de la reforestation - #WikiSurTerre

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Cette actualité a été publiée le 03/12/2009 à 17h41 par Tanka.


L'INDONÉSIE PREND PEU À PEU CONSCIENCE DES ENJEUX DE LA REFORESTATION

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L'Indonésie prend peu à peu conscience des enjeux de la reforestation

Information recueillie par Tanka.

Au fin fond de l'île de Sumatra, en Indonésie, la péninsule de Kampar est en train de devenir le symbole de la lutte contre la déforestation. Dans ce sanctuaire de 400 000 hectares, terre de jungles, de forêts vierges et de tribus indigènes, Greenpeace a installé son camp de "défenseurs du climat". Hostile à un projet industriel de plantations d'acacias, l'organisation mène la résistance face à un géant de la pâte à papier.

"On va droit au désastre écologique, alerte Yuyun Indradi, représentant de Greenpeace en Asie du Sud-Est. Kampar est l'un des puits de carbone les plus importants de la planète. Ses tourbières de 15 mètres de profondeur peuvent stocker jusqu'à 2 milliards de tonnes de gaz à effet de serre. Si on les brûlait, les conséquences sur l'environnement seraient dramatiques."

Pour préserver cet écosystème en péril, les militants multiplient les opérations coup-de-poing, quitte à défier les bulldozers ou à s'enchaîner aux arbres. Leur mobilisation a fini par payer : "Le ministre des forêts a ordonné à la compagnie April d'interrompre temporairement ses opérations de déboisement, le temps de vérifier les permis d'exploitation et de contrôler la légalité de ses activités", se félicite Nur Hidayati, responsable de Greenpeace Indonésie.

Effet probable du sommet de Copenhague, ce sursis accordé aux forêts de Kampar témoigne-t-il d'une prise de conscience des enjeux du changement climatique ? Montrée du doigt, l'Indonésie, qui conteste être le troisième émetteur mondial de gaz à effet de serre, veut rompre avec ses vieux démons, incarnés par les feux de tourbières et une déforestation à outrance : 800 000 hectares chaque année, ce qui cause le rejet de 1,8 milliard de tonnes de CO2.

"Le pays reconnaît sa responsabilité et a annoncé pour 2020 une baisse de 26 % de ses émissions de gaz à effet de serre. Pour y parvenir, il faudra brûler moins de forêts, replanter plus et assurer une meilleure maintenance", estime Joël Daligault, directeur à Jakarta de l'Agence française de développement (AFD), chargée d'accompagner cette démarche climatique. Une agence dédiée aux tourbières doit être créée prochainement, ainsi que trente-trois unités de gestion des forêts dont la mission sera de surveiller et d'encadrer l'attribution des licences d'exploitation.

A Sumatra ou à Kalimantan, la partie indonésienne de Bornéo, les projets de reforestation ne manquent pas. Vingt-cinq chantiers ont déjà été lancés, encouragés par le programme REDD (Réduction d'émissions issues de la déforestation et de la dégradation des sols). L'objectif est de protéger les dernières réserves naturelles du pays et de constituer de nouveaux puits de carbone.

1,9 million de palétuviers

En face du détroit de Malacca, l'association Planète Urgence a déjà planté 1,9 million de palétuviers sur le littoral de la province nord de Sumatra. Le but est d'atteindre les 5 millions d'arbres en 2012 et de restaurer des mangroves dégradées par une pratique intensive de l'aquaculture. "Les mangroves ont un gros potentiel de séquestration du CO2, en moyenne 18 tonnes par hectare et par an. En les reboisant, on recrée une biodiversité et un lieu de stockage du carbone", souligne Fabien Garnier, coordinateur des projets de reforestation. Ce sont ainsi 1 100 hectares qui ont été réhabilités dans le cadre d'un programme global, baptisé Couloir côtier carbone, qui prévoit de restaurer 670 kilomètres de mangroves jusqu'à la province d'Aceh, afin de préserver l'habitat naturel des côtes.

Menacées d'extinction par la production massive de papier, de teck ou d'huile de palme, les forêts de l'archipel ont perdu 40 % de leur surface en un demi-siècle. Selon Greenpeace, la sauvegarde des 70 millions d'hectares restants doit passer par un moratoire. "Il faut protéger notre écosystème et planter plus, clame Yuyun Indradi. Sinon, on court le risque de voir disparaître la forêt indonésienne d'ici à soixante-dix ans."

Pour en savoir plus sur la situation planétaire