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Cette actualité a été publiée le 22/03/2010 à 21h51 par Tanka.


L'INDE ATTEND QUE L'EAU TOMBE ENFIN DU CIEL

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L'Inde attend que l'eau tombe enfin du ciel

La sécheresse rend la situation critique, car le secteur agricole fait vivre 60 % des 1,1 milliard d'habitants

L'Inde a connu en 2009 sa pire sécheresse en trente ans, pour cause de mauvaise mousson. Les dieux sont priés de faire pleuvoir cet été, sinon ce sera de nouveau la catastrophe pour de larges segments de la population, surtout ses agriculteurs. Ce premier de deux textes aborde le cas de l'État très touristique du Rajasthan.

Pushkar, Rajasthan — L'aubergiste du Milkman Guesthouse rouspète. Fait savoir au touriste, qui a bien pris son temps sous la douche, que «ça faisait une heure que vous y étiez, ça n'a pas de sens». Comme si l'eau tombait du ciel.

Pushkar, haut lieu touristique de l'aride État du Rajasthan et important site de pèlerinage hindou, traverse une sécheresse telle que le petit lac qui fait sa renommée est complètement à sec depuis presque deux ans. Situation à tout point de vue dramatique: Pushkar sans son lac, c'est comme si Agra perdait le Taj Mahal.

Ce qui arrive dans le village de Pushkar (15 000 habitants) est un exemple parmi bien d'autres des difficultés croissantes qu'a l'Inde à subvenir à ses besoins en eau. L'année dernière, le pays a connu dans neuf grands États de l'Union une très mauvaise mousson (ce temps des pluies qui va grosso modo de juillet à septembre, pendant lequel le pays reçoit la quasi-totalité de ses précipitations), et les récoltes en ont beaucoup souffert, allant même jusqu'à faire craindre des famines. Situation critique puisque le secteur agricole fait vivre — et survivre — 60 % des 1,1 milliard d'Indiens. Le prix des lentilles, ingrédient de base de l'alimentation indienne, a grimpé de plus de 40 %. Au Bihar, en Uttar Pradesh, au Maharashtra, au Gujarat, au Rajasthan, on prie pour que les pluies soient plus abondantes cet été — pour que l'eau tombe du ciel, littéralement.

Maigres réserves

L'Inde n'est pas un pays gâté par la nature en matière de réserves d'eau douce. Les pluies deviennent d'autant plus essentielles au ravitaillement des lacs que la croissance économique galopante du pays et son urbanisation créent partout des pressions énormes où l'agriculture, principale consommatrice d'eau, dispute la ressource à la ville et à l'industrie. Si bien qu'en ces temps de réchauffement climatique, le pays n'a jamais eu autant besoin qu'il pleuve.

Alimentée par cinq lacs, la mégalopole de 20 millions d'habitants qu'est Mumbai, capitale du Maharashtra, a connu en 2009, d'aussi loin que l'on se souvienne, la plus grave disette de son histoire. L'alimentation de la ville a dû être réduite de 30 %, y compris dans les hôpitaux. Dans certains quartiers, le robinet ne coulait qu'une demi-heure par jour, très tôt le matin. Les hôtels cinq-étoiles en ont été quittes pour une réduction des approvisionnements destinés à leurs piscines...

Tout ne tient pas du reste à la modestie des moussons. La vétusté des systèmes de distribution occasionne par ailleurs des pertes gigantesques qui atteignaient en 2006, selon un rapport de la Banque mondiale, 60 % à Delhi; il est impératif, disent les spécialistes, que ces systèmes et leur gestion soient modernisés.

Camions-citernes à la rescousse

À l'ouest, le Rajasthan (57 millions d'habitants) s'assèche à une vitesse alarmante. Les trois quarts de ses districts sont actuellement en situation de rareté. Les autorités gouvernementales viennent d'annoncer que la crise était telle que les résidants d'au moins 12 000 villages et 90 villes, y compris Jaipur, la capitale, seraient à la merci, dans les prochains mois, de camions et de wagons-citernes. En attendant une hypothétique mousson.

Le petit lac — plutôt une grande mare, à vrai dire — que ceinture la jolie Pushkar a ceci de particulier qu'il fait l'objet d'une attention environnementale particulière de la part du gouvernement indien depuis deux ans. Il fut, après tout, l'un des lieux où fut jetée une partie des cendres du mahatma Gandhi. Sauf que du saint lac émanaient souvent des parfums qui n'étaient pas toujours très divins. Un lac saint, oui, en même temps que fort sale, conformément à la loi de l'induction des contraires. Aussi, les autorités ont-elles entrepris des travaux de nettoyage et de désenvasement en promettant d'y procéder prestement, de manière à ce que la mousson suivante remplisse à nouveau le lac. «Tout le monde reconnaît ici que le nettoyage était nécessaire», dit Anil, un bijoutier.

Aujourd'hui, le lac est un site d'excavation. Quelques piscines en béton ont été construites sur les ghats pour permettre aux pèlerins de faire leurs ablutions.

Source : .ledevoir.com


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Information recueillie par Tanka

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