L'incitation à l'achat de proximité, un discours récurrent - #WikiSurTerre

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Cette actualité a été publiée le 31/10/2011 à 17h47 par Tanka.


L'INCITATION À L'ACHAT DE PROXIMITÉ, UN DISCOURS RÉCURRENT

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L'incitation à l'achat de proximité, un discours récurrent

 
Faire vivre les producteurs locaux, bénéficier de la qualité et hériter d'une bonne conscience en prime, voilà l'idéal que les collectivités vendent au consommateur. Pratiquement, on est encore loin d'atteindre cet objectif dans la région, même si une volonté se dessine.

Les opérations marketing se suivent et distillent toutes le même message : mangez local, consommez mieux. En clair, il faut favoriser le circuit court, le producteur du coin. Après tout, pourquoi acheter à des centaines, voire des milliers de kilomètres ce que l'on peut avoir à côté de chez soi ?

Fraîcheur des produits, bilan carbone meilleur, économie locale dynamisée, les arguments ne manquent pas pour développer, ou plutôt remettre au goût du jour, ce mode de consommation. Dernière en date, l'opération « Croque ta région », estampillée chambres d'agriculture, avait pour but de sensibiliser les élèves de lycées aux produits « made in Champagne-Ardenne ». Difficile toutefois de mesurer l'impact réel de ce genre d'initiative.

Vente directe, un pis aller

Volontaire pour y participer, Benoît Francart, producteur à Saint-Remy-sur-Bussy, est allé livrer des volailles dans un collège. « J'ai bien tenté de contacter d'autres établissements, mais ils ne m'ont pas répondu », constate-t-il.

Chez lui, à la Ferme du Moulin, il a décidé de ne travailler qu'en circuit court, sans intermédiaire. Jusqu'à construire un abattoir sur place. « Nos volailles sont nourries avec nos grains. Nous en livrons aussi à Sanders et Champagne céréales, explique Claire Francart, son épouse.

Ils sont un peu incontournables, nous n'avons pas le temps de vendre notre blé au plus offrant. » Car entre la vente des animaux à la ferme (volailles, lapins) et sur le marché, la partie commerciale occupe 100 % de son temps. « D'ailleurs, nous pouvons nous permettre la vente directe parce que nous sommes en couple, sinon ce ne serait pas possible. »

La vente à la ferme reste pourtant marginale. Ne serait-ce que parce que le consommateur, même lorsqu'il recherche la qualité, n'est pas prêt à parcourir la région pour remplir son réfrigérateur.

Pour Pierre Priolet, un agriculteur du Sud-Ouest qui s'était fait connaître l'an dernier pour avoir arraché tous ses vergers, ce n'est pas la solution. « Seuls les petits producteurs peuvent vendre au détail, pour les autres ça ne tient pas la route, estime-t-il. On ne peut pas se contenter de vendre en direct et se sauver. Pour moi, tout vient et viendra de toute façon du consommateur, c'est un choix de société. »

Le problème du prix

Voilà au moins un point commun - certainement le seul - entre lui et Michel Gobillot, patron de plusieurs hypermarchés Leclerc dans la Marne. « On ne peut pas obliger le consommateur à acheter davantage qu'il ne le souhaite », rappelle-t-il. Dans ses hypers, il laisse pourtant une bonne place aux produits locaux.

L'enseigne est d'ailleurs favorablement connue de producteurs de la région, les maraîchers en particulier. En dehors des légumes, on y trouve aussi de la viande locale (agneau, boeuf, porc) livrée en carcasse, des fromages, de la bière ou encore des produits d'épicerie. « Et pourquoi ne vendrait-on pas ces produits ?, s'étonne le volubile PDG. Il y a la fraîcheur, le service, et ça fait marcher l'économie locale ! » Reste malgré tout l'épineuse question du prix.

Un problème rédhibitoire pour le couple Francart qui a cessé sa collaboration avec la grande distribution pour cette raison. « Nous n'avons pas de raison de vouloir plier les prix s'il y a la qualité, et tant qu'ils restent raisonnables, rétorque Gobillot. Je ne pense pas que mes producteurs soient mécontents. Pour les productions nationales en revanche, c'est un autre problème... »

Cruel besoin d'organisation

Les Champardennais ne sont pourtant pas près de se nourrir qu'avec de la production locale. D'abord parce que la production fermière n'est pas suffisante, et ensuite parce qu'elle manque encore d'organisation. « Il faut d'abord réhabituer le consommateur à manger local, confirme Jean Notat, président de la Chambre régionale d'agriculture. Mais il faut aussi l'aider à trouver du produit. En face de nous, il y a les grandes surfaces qui sont très organisées. Nous avons besoin d'organiser les choses nous aussi. » Des initiatives existent pourtant. En Picardie par exemple, une plateforme d'achat-vente d'un genre nouveau (lire par ailleurs) semble faire ses preuves.

Mais là encore, nous dit-on, « le circuit court ne peut pas être la solution unique ». Tout dépend aussi de ce que l'on entend par local.

Pierre Priolet, lui, travaille avec des producteurs, à la création de 200 magasins spécifiques. Histoire de court-circuiter la grande distribution, responsable selon lui, de la misère que connaissent bon nombre d'agriculteurs français. « Même de cette manière, on pourra vendre deux fois moins cher que les grandes surfaces », affirme l'agriculteur. Tout en vendant des produits hexagonaux. Le consommateur, de son côté, ne peut être que gagnant.
 

Un article de Julienne GUIHARD-AUGENDRE, publié par L'union.presse
 

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Auteur : Julienne GUIHARD-AUGENDRE

Source : www.lunion.presse.fr