"L'Homme scie la branche sur laquelle il est assis" - #WikiSurTerre

Retour : Accueil

Cette actualité a été publiée le 26/03/2010 à 18h27 par Tanka.


"L'HOMME SCIE LA BRANCHE SUR LAQUELLE IL EST ASSIS"

  • Google+
  • FaceBook
  • Twitter
  • LinkedIn
"L'Homme scie la branche sur laquelle il est assis"

2010 est l'Année internationale de la biodiversité. Le Professeur Robert Barbault, écologue, nous explique le défi de sauver les espèces.

L'Internaute Magazine : Pouvez-vous nous définir ce qu'est la biodiversité ?

Professeur Robert Barbault : La biodiversité est le tissu vivant de la planète. Il se caractérise par sa diversité : diversité des espèces, diversité génétique...Ce mot est apparu officiellement pour la première fois en 1992 au Sommet de la Terre à Rio de Janeiro. Mais il fut fabriqué dès 1986 par des scientifiques alarmés par les menaces qui pesaient sur le vivant, par l'érosion de la "diversité du vivant". Ce terme suggère seulement un constat alors que le terme "Biodiversity" relate la diversité du vivant à la société humaine. Elle implique l'Homme comme espèce intégrante de la diversité du vivant et lui fait prendre conscience qu'il en vit, qu'il en dépend.

Depuis quand observons-nous une baisse significative de la biodiversité ?

Il y a eu plusieurs épisodes. Les scientifiques ont commencé à voir une accélération de la perte naturelle de la biodiversité au cours du XXe siècle. Après le paléontologue Fairfield Obsorn et son alarmiste "La planète au pillage" (1949), la zoologiste et biologiste Rachel Carson en parle dans son livre "Le Printemps silencieux" en 1962. Ce livre a contribué à lancer le mouvement écologiste en Occident.

L'écologie est née en même temps que la prise de conscience des dégradations des écosystèmes à la fin du XIXe siècle . Les premières études quantitatives de la biodiversité sont récentes ; elles datent des années 70 et 80.

Combien d'espèces sont d'ores et déjà définies ? A combien estime-t-on le nombre d'espèces terrestres ?

Le compteur est aujourd'hui à 1, 9 millions d'espèces nommées, répertoriées dans les collections des muséums du monde. Mais si la quasi-totalité des vertébrés, particulièrement des oiseaux, est bien cernée ce n'est pas le cas des insectes, des mollusques, des vers et des micro-organismes. On estime le nombre des espèces vivantes à plusieurs dizaines de millions – donc la part d'inconnu est gigantesque.

Comment procédez-vous pour recenser la perte de biodiversité ?

On ne peut le faire que pour les groupes bien connus et pour lesquels il existe des spécialistes suffisamment nombreux ; spécialistes ou amateurs compétents -c'est particulièrement le cas dans le monde de l'ornithologie, de la botanique ou pour certains groupes d'insectes. Retenons l'exemple des oiseaux.

A été mis au point en France par le Museum, le programme STOC (Suivi Temporel des Oiseaux Communs) qui recense depuis plus de 20 ans 110 espèces. Un millier d'observateurs qualifiés observent annuellement les populations de ces espèces ce qui permet de faire une bonne évaluation de l'état de cette composante de la biodiversité et de son évolution. Par exemple, nous pouvons affirmer que les espèces ornithologiques liées à l'agriculture ont diminué de 20%.

Pour faire une étude fiable, il faut pouvoir diriger d'année en année des observations bien définies sur des espèces déterminées et ce sur une période assez longue comme pour STOC.

Quels sont les écosystèmes les plus en danger actuellement ?

Les grandes forêts tropicales sont très riches en espèces car elles ont été protégées des périodes de glaciation. Beaucoup d'espèces endémiques, à savoir que l'on ne trouve que dans ces milieux, sont en grande nombre. Le bémol est que les forêts tropicales connaissent une forte pression. Elles sont exploitées intensément par l'Homme. Les palmiers à huile suivent la déforestation pour fournir de l'agrocarburant à nos voitures. Et puis, les hommes ont de plus en plus besoin de terres pour cultiver d'où une forte déforestation.

Les récifs coralliens ne représentent que 0,6% de la surface des océans mais ils abritent près de la moitié des espèces marines. Avec le réchauffement climatique, la hausse du niveau des océans, l'augmentation de la concentration en CO2 et l'acidification de l'eau qui en résulte, ces milieux sont soumis à une forte pression qui stresse les coraux et conduisent à leur blanchiment et à leur mort. Si rien n'est fait pour les protéger, nous allons au devant d'une grave crise mettant en danger tout l'écosystème marin.

Les zones méditerranéennes comptent une forte biodiversité. Elles sont aussi soumises à une forte pression avec le réchauffement climatique mais aussi avec le développement urbain mais ce phénomène n'est pas récent.

Par Charlotte Portalis - Source : linternaute.com


Pour lire la suite de cet article, cliquer sur "Lien utile"

Information recueillie par Tanka

Pour en savoir plus sur la situation planétaire