L'homme qui sauve les tapirs de Colombie - #WikiSurTerre

Retour : Accueil

Cette actualité a été publiée le 06/05/2011 à 15h44 par Mich.


L'HOMME QUI SAUVE LES TAPIRS DE COLOMBIE

  • Google+
  • FaceBook
  • Twitter
  • LinkedIn
L'homme qui sauve les tapirs de Colombie

 

Malgré quelques déboires, Franz Florez continue d'améliorer les connaissances sur la faune colombienne et travaille avec les Indiens.

"L' Homme aux serpents" c'est lui, Franz Florez, directeur de la fondation Nativa en Colombie. Dans le documentaire de Eric Flandin, prix du meilleur documentaire du Festival international du film d'environnement en 2009, le spectateur le suit dans un bus bringuebalant rempli de reptiles venimeux, sur les routes colombiennes. Il fait connaitre ses serpents aux Colombiens, aux guérilleros comme aux Indiens de la jungle amazonienne, jusqu'aux montagnes de la Sierra Nevada.

 

Regardez la bande-annonce

 

Ce vétérinaire colombien est un des fondateurs de la fondation Nativa créée en 2001 dans le but de protéger la nature, et en particulier les espèces en voie d'extinction, nombreuses dans un pays qui possède 10% de la biodiversité mondiale.

Durant 7 ans, Nativa a administré un serpentarium à Tolima, au sud-ouest de Bogotá. Franz Florez s'est proposé de le réaménager alors qu'il était demeuré à l'abandon depuis de nombreuses années. Ce serpentarium regroupait 220 reptiles de 52 espèces différentes.

"Ces serpents venaient de sa propre collection qu'il était lui-même allé chercher", explique la présidente de Nativa France, Audrey Sanchez. En les approchant, les visiteurs se familiarisaient avec les reptiles qui peuplent leur pays. Une cellule scientifique étudiait les venins et produisait même un antidote contre le venin des serpents corail.

Cette aventure a pris fin en août dernier: "Le gouvernement nous a demandé de partir et a remis les lieux à l'Institut national de la santé", raconte Franz Florez, le directeur de la fondation sans s'étendre sur le sujet, évoquant tout juste des "raisons politiques". (Rappelons que l'an passé, Juan Manuel Santos a remplacé Alvaro Uribe au sommet de l'Etat).

Audrey s'énerve encore à l'évocation de ce souvenir: "C'était irresponsable de la part des autorités. La Fondation s'est retrouvée avec des centaines de serpents sur les bras." Depuis, un nouveau serpentarium a été aménagé dans ce qui deviendra prochainement un "Bioparc".

Des Indiens enquêteurs

Le directeur de Nativa est ainsi revenu à ses premiers amours: les tapirs, l'emblème de la fondation, dont la Colombie abrite trois espèces parmi les quatre connues dans le monde.

Le vétérinaire ne s'intéresse pas aux tapirs par hasard. Chassé, expulsé de ses terres par les constructions humaines, l'animal est en péril. Il apparait d'ailleurs sur la liste rouge des espèces menacées de l'UICN (Union Internationale pour la Conservation de la Nature). Pourtant, le tapir est essentiel à l'écosystème. Sans le savoir il est écolo. En se nourrissant de graines, il les dissémine et ainsi protège la nature.

Franz Florez a été particulièrement marqué lors d'une recherche sur le terrain alors qu'il était étudiant: "Cette expédition était une expérience forte. Je voulais d'abord me concentrer sur ces animaux mais il n'y avait pas d'offre de travail dans ce domaine très spécialisé." Son voyage au volant de son bus lui a permis de faire connaissance avec des Indiens Arhuacos, Kogis, et Wiwas. Depuis il les associe à ses projets.

Afin de mieux connaitre les tapirs, la fondation a formé des Indiens et des paysans à la photographie. L'appareil photo a remplacé le fusil, les chasseurs sont devenus des "photos collecteurs". Ils surprennent leurs anciennes proies notamment en plaçant des pièges photographiques qui permettent de capturer les images de tapirs en pleine nuit.

Leur expérience sur les habitudes des animaux est mise à profit et les clichés permettent d'enrichir les connaissances sur ces espèces encore méconnues. "Nous tenons un registre qui répertorie les mouvements des tapirs. Ainsi nous participons à leur conservation. Moi-même je les connais mieux maintenant. Ils sont d'ailleurs de moins en moins chassés. Petit à petit les habitudes changent", détaille Hector Males, un des paysans investis dans le projet. Chaque année, les photos signées de ces enquêteurs sont exposées lors du festival de la Danta (du tapir).

Depuis peu un GPS a même pu être installé sur un des animaux. Ses habitudes et déplacements sont dorénavant connus. Une sous-espèce existant seulement en Colombie a même été découverte: le tapirus terrestris colombianus.

Fort de son expérience de terrain, Franz est en train de développer un "Bioparc" au nord-est du pays, proche de la Sierra Nevada.

Bien plus qu'un zoo accueillant 200 animaux dont des serpents et tapirs mais aussi des singes, caïmans ou grenouilles, le site en cours de développement sera dédié à la recherche et abritera un centre de reproduction de tapirs afin de repeupler les forêts précolombiennes. Le Centre de Conservation de Santa Barbara pour la Vie Sauvage accueillera à terme des "éco-touristes" . "Avec cette structure nous souhaitons redynamiser une région qui a souffert des guerres durant plus de cinquante ans", indique Audrey Sanchez.

Cette nouvelle aventure intéresse déjà le cinéma. Un documentaire portant sur la naissance de ce lieu, "Bioparc Santa Barbara" (Senso films) est en cours de réalisation.

 

Un article de Jean-Baptiste Mouttet, publié par youphil.com

 

Vous aimez notre travail ? Alors merci de nous soutenir

Lance-toi ! Deviens vite lanceur d'alerte. Rejoins ceux qui ont la rage !

Le site étrange qui dérange même les anges !

 





Auteur : Jean-Baptiste Mouttet

Source : www.youphil.com

  • Mots clés déclenchant une recherche interne :  
  • tapir - 
  • Amazonie