L'homme partage des séquences d'ADN non codant avec la méduse - L'atelier

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Cette actualité a été publiée le 15/09/2011 à 19h47 par Mich.


L'HOMME PARTAGE DES SÉQUENCES D'ADN NON CODANT AVEC LA MÉDUSE

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L'homme partage des séquences d'ADN non codant avec la méduse

 

Des scientifiques du CSIC ont participé à des travaux de recherche qui ont permis d'identifier les séquences d'ADN non codant les plus anciennes connues à ce jour, dont certaines ont été également retrouvées chez l'homme, la mouche drosophile et une méduse. Ainsi, les protéines dont nous sommes constitués et leur " code de fabrication " étaient déjà présents chez des espèces âgées de plus de 550 millions d'années. Ces résultats qui éclairent certains aspects de l'évolution ont été publiés dans la revue PNAS en août dernier [1].

L'ADN non codant, clé de l'évolution ?

"Depuis plus de 500 millions d'années, l'évolution sélectionne les différentes manières de combiner les protéines, de sorte que les organes et leur physiologie ont évolué à travers les générations, donnant vie à tous les organismes qui cohabitent aujourd'hui ou qui ont existé dans le passé.

Pour cette raison, l'un des objectifs de la recherche contemporaine en biologie est de comprendre cette logique combinatoire, son mécanisme et son évolution." explique José Luis Gómez-Skarmeta, chercheur du CSIC (équivalent du CNRS français) et du Centre Andalou de Biologie du Développement.

Conjointement avec des scientifiques de l'Université de Barcelone, de l'Université Pablo de Olavide (Andalousie) et de l'Institut de Technologie de Californie, des études génomiques poussées ont été menées pour atteindre cet objectif.

En prenant l'exemple d'un vertébré, seulement cinq pour cent de l'ADN est codant et permet la synthèse de protéines via l'ARN et la transcription. Le reste du génome est non codant et a longtemps été surnommé " l'ADN poubelle ". Pourtant cette fraction joue un rôle fondamental dans la régulation de la transcription génétique : elle détermine comment, quand et en quelle quantité doit avoir lieu la synthèse d'ARN à partir d'ADN.

Pour comprendre le passé, le présent et peut-être le futur des cellules d'un organisme, ce sont ces régions régulatrices qui détiennent la clé.

Protocole expérimental et résultats

Les chercheurs avaient pour objectif l'identification de 20 séquences d'ADN non codant chez divers êtres vivants. Pour cela ils ont réalisé une analyse comparative d'une quarantaine de génomes différents, appartenant à des organismes qui ont constamment évolué depuis des centaines de millions d'années.

Sept de ces séquences ont pu être identifiées chez des sujets aussi variés que l'oursin, la mouche ou l'humain. Deux séquences sont même communes à l'homme et une méduse primitive, ce qui signifie que l'évolution a laissé intacte une partie du génome et qu'au-delà des espèces les êtres vivants partagent un matériel génétique commun.

Afin de vérifier cette caractéristique transphylétique [2] des séquences d'ADN non codant, les scientifiques les ont extraites de divers organismes (mouche, corail, humain, méduse, oursin) pour les introduire dans le génome d'un poisson zèbre. Des protéines liées au système nerveux ont été produites de façon quasiment identique dans tous les cas, prouvant bien que l'instruction, et donc la transcription, est la même.

Ces résultats viennent bouleverser l'approche et la connaissance de l'évolution : en effet, jusqu'ici les scientifiques pensaient que chaque lignage d'organisme avait conservé ses propres régions régulatrices. Mais ces nouvelles avancées prouvent au contraire qu'au moins quelques unes de ces régions d'ADN non codant sont communes et partagées par plusieurs espèces.

Ainsi, si l'homme possède un mécanisme génétique que partage la méduse, il est probable que l'ancêtre commun d'il y a 500 millions d'années l'ait eu.

 

[1] "Transphyletic conservation of developmental regulatory state in animal evolution", par José Luis Royo et al., paru dans Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS) en août 2011, DOI: 10.1073/pnas.1109037108

[2] Transphylétique : qui n'est pas propre à un seul phylum, qui va au-delà du phylum [3].

[3] Phylum : lignée évolutive, ou embranchement. Le terme d'embranchement s'applique aux découpages majeurs du règne animal (exemple: l'embranchement des arthropodes, des vertébrés). Généralement, il y a plusieurs classes dans chaque phylum.

 

Un article de Philippe Chabarot, chargé de mission/El Mundo, publié par bulletins-electroniques.com

 

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Auteur : Philippe Chabarot, chargé de mission/El Mundo

Source : www.bulletins-electroniques.com