L'Homme a-t-il une place unique dans le Cosmos ? - L'atelier

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Cette actualité a été publiée le 16/01/2012 à 15h52 par Mich.


L'HOMME A-T-IL UNE PLACE UNIQUE DANS LE COSMOS ?

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L'Homme a-t-il une place unique dans le Cosmos ?

 

Hubert Reeves, parmi 100 personnalités scientifiques, répond pour le dernier hors-série de Sciences et Avenir (n°169) à la question «Qu'est-ce que l'homme?». Retrouvez aussi les réponses de la préhistorienne Brigitte Senut et du philosophe Jean-Michel Besnier.

Intelligence, performances, adaptabilité... Tout concourt à faire de l'espèce humaine la plus avancée de l'Evolution. C'est en tout cas ce qu'elle dit ! par Hubert Reeves, astrophycien.

En 1953, dans son livre Le Hasard et la Nécessité, Jacques Monod écrivait: «La matière n'est pas grosse de la vie, la vie n'est pas grosse de l'Homme.» Comment la science a-t-elle modifié, depuis cette période, notre vision de l'Homme et de sa position dans l'Univers ?

Les découvertes les plus significatives viennent de l'astrophysique. Grâce à l'observation du rayonnement fossile émis aux tout premiers temps du Cosmos, nous avons maintenant un scénario hautement crédible du passé de l'Univers: la théorie du Big Bang.

Cette théorie nous a appris comment la matière chaotique des premiers instants s'est progressivement structurée. D'une part, sous l'effet des forces nucléaires et électromagnétiques, elle s'est agencée en nucléons, atomes, molécules.

D'autre part, sous l'action de la gravité, elle a formé des galaxies, des étoiles et des planètes. Sur Terre, toujours sous la houlette de ces lois, des cellules primitives sont apparues dans les nappes aquatiques, évoluant ensuite vers des organismes macroscopiques – dont les mammifères et, parmi eux, les humains.

Des Univers-jouets

De manière inattendue, l'étude de la structure de ces lois qui président à l'émergence de la complexité a montré qu'elles avaient d'étonnantes propriétés, mises en évidence avec les «Univers-jouets». Ces programmes numériques permettent de simuler l'évolution de l'Univers ; le jeu consiste à varier un tant soit peu les valeurs numériques qui caractérisent ces lois.

Résultat: on obtient des Univers qui, certes, se refroidissent comme le nôtre, mais où ne se forment ni étoile, ni planète – des mondes complètement stériles. En d'autres termes, les lois de la nature dans notre Univers sont exactement celles qu'il faut pour qu'y apparaisse la vie... et celle du questionneur.

Quelles conclusions en tirer ? Plusieurs chercheurs invoquent l'existence d'hypothétiques Univers extérieurs au nôtre, chacun gouverné par un bouquet de lois différentes. Personnellement, je resterai insatisfait d'une telle réponse aussi longtemps qu'on n'aura pas trouvé des indices observationnels de l'existence de ces Univers, qui demeurent purement spéculatifs.

Ce qui n'éclipse en rien le fait étonnant que, parmi tous les bouquets de lois possibles, il y en ait un qui rende possibles les cantates de Bach et les quatuors de Beethoven.

Le résultat le plus litigieux de l'évolution

L'Homme, produit de l'histoire cosmique et de ce bouquet de lois unique, a-t-il lui-même une place unique dans le Cosmos? On raconte que, cherchant à classifier les espèces vivantes au XVIIIe siècle, les biologistes se sont souvent demandé si les humains méritaient une niche spéciale.

Par leur physiologie et leur histoire évolutive, ils font évidemment partie du monde animal. Pourtant, leurs qualités exceptionnelles semblent les classer hors du monde naturel. La question méritait d'autant plus d'être posée que la tradition chrétienne attribue à l'humain une âme immortelle, refusée à tout autre être vivant.

L'Homme est, à notre connaissance, le résultat le plus litigieux de l'évolution. Sa population, la plus élevée du monde mammifère (7 milliards d'humains en 2012) illustre sa grande aptitude à survivre et à s'adapter aux milieux les plus différents et extrêmes. Son intelligence lui permet de déchiffrer les lois de la nature et de les utiliser pour mettre à son service noyaux, atomes et bactéries.

Ses performances dépassent de loin celles des autres espèces. Sa puissance semble sans limite. Aussi sommes-nous tentés de penser que nous sommes le chef-d'oeuvre de la Création. Que notre intelligence fait de nous l'espèce la plus avancée de l'évolution.

Restons méfiants: ici, nous sommes à la fois juge et partie. Nous choisissons nous-mêmes les critères qui définissent ce palmarès et nous nous plaçons allègrement à son sommet !

Or il existe dans la nature une autre échelle qui mesure les chances de survie à long terme d'une espèce, en fonction de son intégration harmonieuse dans l'écosystème terrestre. Les tortues, par exemple, existent depuis plus de 200 millions d'années, survivant à toutes les perturbations planétaires.

A cette échelle, notre place est peu enviable: aucune espèce n'a jamais eu d'interaction plus désastreuse avec son environnement naturel. Après quelques millions d'années de présence terrestre, notre avenir est aujourd'hui bien incertain. Sachons rester modestes et vigilants !

 

Un article de sciencesetavenir.fr

 

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Auteur : sciencesetavenir.fr

Source : www.sciencesetavenir.fr