L'Europe divisée sur la question des tests de résistance nucléaires - L'atelier

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Cette actualité a été publiée le 13/05/2011 à 22h46 par Jacques.


L'EUROPE DIVISÉE SUR LA QUESTION DES TESTS DE RÉSISTANCE NUCLÉAIRES

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La France et la Grande-Bretagne, les deux pays possédant la plus importante industrie nucléaire, se sont fortement opposés aux tests de résistance suite au désastre de Fukushima au Japon.

La proposition du commissaire à l'énergie, Günther Öttinger, d'instaurer ces tests a été parrainée par l'Autriche, un pays sans énergie nucléaire, et soutenue par l'Allemagne.

Lors d'une brève déclaration, la Commission européenne a annoncé que la réunion du groupe des régulateurs européens dans le domaine de la sûreté nucléaire (ENSREG) s'était terminée sans donner de résultats.

La Commission a ajouté que M. Öttinger avait convenu d'une autre réunion de l'ENSREG pour la semaine prochaine, le 19 et le 20 mai à Prague. Les discussions se poursuivront également à un niveau inférieur.

« Le contenu est plus important que le timing. Le public attend des tests de résistance crédibles couvrant une large gamme de risques et de questions de sécurité. C'est ce sur quoi nous travaillons », a déclaré M. Öttinger lors d'une déclaration.

Les experts nationaux et les régulateurs de plusieurs pays de l'UE possédant des réacteurs nucléaires se sont opposés à l'ajout des attaques terroristes dans la révision de sécurité de leurs installations nucléaires.

Il s'agit malgré tout d'un accord conclu au plus haut niveau politique suite au désastre de Fukushima afin de fixer les « normes les plus élevées » en matière de sécurité nucléaire en Europe (voir « Background »).

Les 143 centrales nucléaires qui fonctionnent en Europe, en plus des six en construction et des quinze prévues, devraient être en mesure de résister à toute menace, y compris à un crash aérien malveillant comme ceux des attaques du 11 septembre aux Etats-Unis, à une cyberattaque ou à l'action d'un agent qui perdrait la tête, ont convenu les dirigeants européens en mars.

La France, en particulier, a signalé que la menace terroriste n'était pas mentionnée dans les 25 conclusions du sommet européen de mars.

Selon les experts, si des critères aussi draconiens étaient instaurés, toutes les centrales nucléaires existantes devraient fermer.

M. Barroso et M. Öttinger ne seraient-ils pas en phase ?

Lors de ses déclarations publiques, le président de la Commission, José Manuel Barroso, a révélé des différences d'opinion avec M. Öttinger. Il s'est abstenu de mentionner les menaces telles que celles du 11 septembre, évoquant plutôt « le large éventail de scénarios naturels ou dus à l'Homme ».

Mais le commissaire allemand a déjà bien assez répété qu'il n'accepterait aucune dilution des tests proposés.

Sous la pression de l'opinion publique après la catastrophe de Fukushima, l'Allemagne a revu ses projets d'extension de l'utilisation de ses anciennes centrales nucléaires pour 10 à 15 supplémentaires.

Il n'y a pas de date limite pour adopter une décision sur les tests de résistance nucléaires. Ce qui est certain, c'est que les centrales nucléaires prévues ou les installations en construction seraient affectées même en l'absence d'une décision.

Si les tests de résistance devaient révéler des résultats négatifs pour certaines installations, les décisions relatives à leur futur resteraient de la responsabilité des Etats.

Cependant, si des améliorations s'avéraient impossibles d'un point de vue technique ou économique, les réacteurs devraient être fermés et déclassés, insiste la Commission.

Positions

Juste avant la réunion de l'ENSREG, la présidente des Verts/Alliance libre européenne, l'eurodéputée Rebecca Harms (Allemagne), a soutenu M. Öttinger, qui, selon elle, avait critiqué ce qu'elle a appelé une ébauche « insuffisante » des critères relatifs aux tests de résistance proposée par le WENRA, le réseau de régulateurs des pays européens possédant des centrales nucléaires publiée la semaine dernière.

« La réunion de demain des régulateurs sur la sécurité nucléaire fournira le vrai test à l'engagement du commissaire Öttinger et à sa capacité à tenir tête à ces Etats membres nucléaires, comme la France et le Royaume-Uni, qui souhaitent des critères faibles », a-t-elle affirmé.

Le porte-parole de l'eurodéputé vert pour l'énergie verte, Claude Turmes (Luxembourg) a ajouté :

« Les tests de résistance ne doivent pas faire fi des déficiences du parc de réacteurs vieillissants, qui présentent des risques de sécurité indépendamment des facteurs extérieurs. Cela signifie qu'il faut également évaluer les risques accrus venant des composants vieillissants et de la conception de réacteurs qui ont plus de dix ans.

Les installations de stockage pour le carburant nucléaire utilisé doivent également être incluses dans les tests de résistance, car Fukushima a montré que ceux-ci présentent le risque le plus important ».

« Tout test de résistance qui n'est pas à la hauteur de cette évaluation complète ne fera que tromper le public et le commissaire Öttinger ne devrait pas associer sa personne ou la Commission européenne à un tel exercice », ajouté M. Turmes.

 

Un article de la rédaction d'euractiv

 

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Auteur : Rédaction euractiv

Source : www.euractiv.com