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Cette actualité a été publiée le 16/07/2011 à 17h20 par Tanka.


L'EUROPE BIENTÔT À SEC ?

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L'Europe bientôt à sec ?

 
L'étude d'un chercheur fribourgeois annonce un scénario inquiétant sur le manque d'approvisionnement en eau à venir en raison de la fonte trop importante des glaciers.
D'ici à 2100, l'ensemble des glaciers valaisans devraient disparaître. Exception faite de quelques très grands glaciers, comme celui d'Aletsch. Riederalp Tourisme/DR

"La part de l'eau issue des glaciers dans les grands fleuves d'Europe va diminuer, pour finalement disparaître d'ici nonante ans." Matthias Huss, maître-assistant au Département de géosciences de l'Université de Fribourg, relève dans une étude récemment publiée un constat alarmant. Infime durant les périodes froides, l'eau dans les fleuves venant de la fonte des glaces en été atteint 25% pour le Rhône.

Un chiffre qu'il sera difficile de maintenir au rythme où la pierre remplace ces géants blancs. L'équation est posée, avec une réserve. "Il ne faut pas tout mélanger et dire qu'il n'y aura plus d'eau. Par contre, il en manquera particulièrement dans les deux mois d'été car la fonte interviendra davantage au printemps", insiste Matthias Huss.
Impact global

A partir des données de quatre grands fleuves, le Danube, le Rhin, le Pô et le Rhône, le chercheur démontre que l'eau libérée par les glaces ne reste pas cantonnée dans les régions proches des sources. "Même lorsque les glaciers représentent une part très faible de l'alimentation en eau des fleuves, on en mesure des traces jusqu'aux embouchures. Au Pays-Bas par exemple, 7% de l'eau du Rhin provient des glaciers." Ce chiffre peut grimper très vite lors d'étés caniculaires, comme ce fut le cas en 2003.

La fonte importante de neige et de glace compense alors le manque d'eau dû à l'absence de précipitations. Appuyée sur les différents modèles scientifiques de l'évolution de cinquante glaciers suisses, l'hypothèse la plus probable est leur disparition quasi totale à la fin du XXIe siècle. En Valais, seuls des grands glaciers, comme celui d'Aletsch, devraient encore exister.
A deux vitesses

Du scénario le plus optimiste à la version la plus catastrophique, Matthias Huss est catégorique: "L'évolution glaciaire ne s'inversera pas au courant du XXIe siècle, même en cas d'un hypothétique changement majeur." En effet, même si le climat venait à stopper son réchauffement, il faudrait près d'un siècle avant que l'on observe un changement sur le comportement des glaciers. "Au mieux, avec une élévation de la température de 2°, il subsistera 60% de la surface glaciaire en 2100 mais c'est vraiment la plus positive des variantes."

Maigre consolation, la situation devrait rester favorable jusqu'en 2050 car les glaciers pourront continuer de contribuer de manière suffisante à l'apport en eau, même en cas de fortes chaleurs. Passé cette limite, le fléchissement du débit des fleuves se fera sentir. "Ce processus aura des conséquences à long terme sur toute l'Europe, comme par exemple une restriction du trafic fluvial, de l'approvisionnement en eau potable ou encore des pertes dans la production des barrages hydroélectriques."

Pour gérer au mieux cette situation dans le futur, le chercheur recommande d'adapter l'utilisation de l'eau. "Comme la fonte aura surtout lieu au printemps, il faudra la stocker dans des réservoirs pour pouvoir la réutiliser durant l'été."
 

Un article de JULIEN WICKY, publié par Le Nouvelliste
 

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Auteur : JULIEN WICKY

Source : www.lenouvelliste.ch