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Cette actualité a été publiée le 11/05/2010 à 13h27 par Tanka.


L'EMPEREUR CODEX ALIMENTARIUS

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L'empereur Codex Alimentarius

(Québec) Les résidus de pesticides sur vos poivrons, la teneur en gras et en sel de vos croustilles, l'étiquette de votre fromage préféré, même la composition de la moulée de votre chien. Le Codex Alimentarius régit à peu près tout ce qui se mange. Partout dans le monde. Faut-il s'en inquiéter?

«Oui», répond sans hésiter Geneviève Dufour, professeure adjointe en droit international à l'Université de Sherbrooke. «C'est très inquiétant parce qu'on donne à des normes scientifiques et techniques une importance démesurée. Ce sont elles qui fondent nos réglementations et on laisse de côté les choix de société», justifie-t-elle.

Cela est d'autant plus vrai depuis que l'Organisation mondiale du commerce (OMC) se base sur le Codex pour déterminer qui a raison et tort lors de litiges commerciaux. De crainte de faire l'objet de poursuites interminables et très coûteuses, la majorité des États rentrent donc dans le rang. Surtout les pays en développement, qui n'ont ni les experts pour argumenter ni les moyens de prendre des risques.

L'Europe tente parfois de tenir tête aux États-Unis, comme dans le cas du boeuf aux hormones, réglé à la satisfaction de ces derniers, ou dans celui plus récent de la volaille au chlore, qui s'éternise. Le dossier de l'étiquetage des OGM est tout aussi explosif, mais comme le Codex n'a pas encore statué, les adversaires se contentent de se toiser.

«L'objectif de la Commission du Codex, c'est d'adopter des normes pour que tout le monde soit pareil. L'important, c'est d'harmoniser. C'est le but de l'OMC aussi. Quand tout le monde va manger la même chose et va accepter le même degré de risques (sanitaires), on n'aura plus besoin d'avoir des lois différentes dans chaque pays et les aliments vont pouvoir passer d'un à l'autre sans restriction», explique la spécialiste, qui se dé-sole que l'initiative soit si peu connue du grand public.

Même les groupes de défense des consommateurs, qui se font un devoir de surveiller ceux qui nous donnent à manger, sont dépassés par l'ampleur et la technicalité de ces négociations internationales. «C'est presqu'un job à temps plein de comprendre ce qui se passe là. On n'a pas les moyens de payer quelqu'un pour faire juste ça», admet Charles Tanguay, porte-parole de l'Union des consommateurs.

Celui-ci a la nette impression que les préoccupations des simples citoyens passent bien après les intérêts des multinationales de l'agroalimentaire. Conscientes de l'importance des décisions qui se prennent au Codex, ces dernières y délèguent des lobbyistes qui suivent de près l'ensemble des discussions. Juste au cas où...

Cela dit, M. Tanguay souligne que le programme a aussi du bon, notamment parce qu'il assure la sécurité sanitaire et l'innocuité des aliments à un maximum de personnes, en plus de baliser l'étiquetage. «Il y a plein de petits détails qu'on tient pour acquis. Mais si on peut aujourd'hui manger des produits de plusieurs régions du monde avec une relative sécurité et une relative uniformité dans l'information, c'est en grande partie grâce au Codex. C'est donc loin d'être inutile», plaide-t-il.

Priorité santé et sécurité

Ce n'est pas Johanne Beaulieu, directrice de la Division de la protection des consommateurs à l'Agence canadienne d'inspection des aliments et chef de la délégation canadienne au comité de l'étiquetage des denrées alimentaires du Codex Alimentarius, qui dira le contraire. Son enthousiasme par rapport au projet des Nations Unies est intact, malgré les critiques qui fusent et le fait que «le Codex, ça n'avance pas vite». Car elle constate que les participants, pour la plupart scientifiques et fonctionnaires, travaillent pour améliorer la santé des populations et donner la meilleure information aux consommateurs.

Mme Beaulieu admet que les anciens sont nostalgiques de l'époque où le Codex n'avait pas à se préoccuper des enjeux commerciaux qui viennent avec l'attention de l'OMC. «Heureusement, cette idée n'est pas là pour tous les items. On est encore un groupe de scientifiques qui a à coeur la protection des consommateurs et qui essaie de trouver des solutions pour eux», assure-t-elle.

La biochimiste se dit aussi très encouragée par la participation accrue des pays émergents et en développement aux discussions. Très terre à terre, ces nouveaux interlocuteurs reviennent aux bases du Codex, la santé et la sécurité. «Ça amène une richesse dans les débats qui va nous faire beaucoup avancer», croit Mme Beaulieu.

183 pays

Le Codex Alimentarius est le résultat des efforts conjoints de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et de l'Organisation pour l'agriculture et l'alimentation, toutes deux liées aux Nations Unies.

Par Annie Morin - Source : www.cyberpresse.ca


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Information recueillie par Tanka

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