L'élevage, accusé de nuire à l'environnement, riposte - #WikiSurTerre

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Cette actualité a été publiée le 26/12/2009 à 16h11 par Tanka.


L'ÉLEVAGE, ACCUSÉ DE NUIRE À L'ENVIRONNEMENT, RIPOSTE

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L'élevage, accusé de nuire à l'environnement, riposte

Information recueillie par Tanka

Manger moins de viande, c'est bon pour la planète. Impossible d'ignorer le message : la consommation de produits carnés a fait, à l'occasion du sommet de Copenhague sur le climat, l'objet d'attaques inédites.

L'ancien Beatles Paul McCartney a ouvert les hostilités en appelant, début décembre, depuis la tribune du Parlement européen, à ne pas en consommer un jour par semaine. Plusieurs personnalités françaises, dont les politiques Corinne Lepage et Yves Cochet, l'écologiste Allain Bougrain-Dubourg et le botaniste Jean-Marie Pelt, ont observé à Copenhague une "grève de la viande". Leur message : l'industrie de l'élevage est une "aberration" qui produit des dégâts considérables sur l'environnement.

Un repas avec viande et produits laitiers équivaut, en émissions de gaz à effet de serre, à 4 758 km parcourus en voiture, contre 629 km pour un repas sans produits carnés ni laitiers. Pour protéger la planète, il est donc aussi efficace - sinon plus - de se priver de viande que de rouler à vélo ou de baisser le chauffage.

L'élevage est, de fait, responsable de 18 % des émissions totales de gaz à effet de serre, davantage que les transports, selon l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO). Il est, de plus, responsable d'autres dégradations : pollution des eaux, érosion des sols, perte de biodiversité...

La production de viande capte en outre des ressources considérables en terres et en eau. Elle mobilise 70 % des terres arables. Environ 9 % des quantités d'eau douce consommées chaque année y sont consacrées.

Dans toutes leurs projections, les experts désignent l'augmentation de la demande de viande comme un des principaux facteurs des pénuries à venir. Or la consommation de produits carnés connaît une croissance fulgurante. Relativement stable dans les pays développés (autour de 80 kg par an et par habitant), elle augmente fortement dans les pays en développement, à mesure que la population croît, mais aussi que l'urbanisation et les revenus progressent.

"La viande est un signe extérieur de richesse", commente Fabrice Nicolino, auteur de Bidoche (éd. Les liens qui libèrent), un réquisitoire contre l'industrie de l'élevage publié en septembre. "En consommer démontre l'accès à un statut social privilégié." Sa consommation devrait passer, dans les pays en développement, de 28 kg par an et par habitant en moyenne aujourd'hui à 37 kg en 2030.

Il faut entre trois et neuf calories végétales, selon les espèces, pour produire une calorie animale. Déjà, quelque 40 % des céréales cultivées dans le monde sont destinées à alimenter le bétail. Selon les projections de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), pour répondre à la demande, la production mondiale de viande devra doubler d'ici à 2050, passant de 229 à 465 millions de tonnes.

"Où ferons-nous pousser les céréales pour nourrir tous ces animaux ?, interroge M. Nicolino. Si la tendance se poursuit, on peut s'attendre à avoir une concurrence entre alimentation animale et humaine." D'où la baisse de consommation prônée par les détracteurs de la viande. Selon ceux-ci, cela aurait, en outre, des avantages pour la santé, car la viande accroît le risque de maladies cardio-vasculaires, d'obésité et de diabète.

L'interprofession bovine a vite riposté à ce feu nourri de critiques, par le biais d'une page de publicité dans la presse. Elle met en avant plusieurs arguments. Tout d'abord, dans la majorité des élevages en France, les vaches sont nourries à l'herbe, un mode d'élevage respectueux de l'environnement, qui ne concurrence pas l'alimentation humaine et permet de séquestrer du carbone.

La consommation de viande dans le pays est, par ailleurs, en baisse : elle est passée de 150 grammes par jour en 1999 à 117 grammes en 2007. "Certaines catégories de la population n'en mangent pas assez, comme les femmes et les personnes âgées", commente Pascale Hébel, du Centre de recherche pour l'étude et l'observation des conditions de vie (Crédoc).

Le Centre d'information des viandes (CIV) souligne, de son côté, que la viande fournit des nutriments indispensables (fer, vitamine B12, zinc, sélénium). Le gouvernement recommande d'ailleurs, dans le cadre du programme national nutrition santé, de consommer de la viande, du poisson ou des oeufs une à deux fois par jour, tout en alertant sur les dangers de la consommation de viande grasse.

Gaëlle Dupont - Le Monde

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