L'effet papillon : jusqu'où se propagera la révolution tunisienne ? - #WikiSurTerre

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Cette actualité a été publiée le 08/03/2011 à 02h41 par Mich.


L'EFFET PAPILLON : JUSQU'OÙ SE PROPAGERA LA RÉVOLUTION TUNISIENNE ?

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L'effet papillon : jusqu'où se propagera la révolution tunisienne ?

 

La physique et les maths sont des sciences exactes. La science politique et la géopolitique ne le sont pas. Mais les premières nous offrent, pour décrire le procès démocratique qui a débuté en Tunisie en décembre et s'étend, depuis lors, au Maghreb et au Machrek, deux outils particulièrement parlants.
L'entropie de la liberté politique

Depuis des années, nous, économistes, expliquons la mondialisation économique. Se développe, par ailleurs, à travers le tourisme d'abord, depuis des années, puis les télé-médias, Internet, Twitter et autre Facebook, une irrésistible mondialisation culturelle. Comment n'entraînerait-elle pas une mondialisation politique, qui ne peut être qu'une mondialisation de la liberté politique ?

Une première métaphore physique nous en donne l'image. Les divers pays sont comme les composantes de plusieurs liquides de couleurs différentes ou de plusieurs gaz de températures différentes. Les Etats des Etats nations maintiennent, entre ces divers composantes du monde, des barrières politiques plus ou moins dures : elles l'étaient en Tunisie et en Egypte, elles le restent en Algérie, elles sont particulièrement sévères en Iran et en Chine.

Mais les mélanges liquides ou gazeux, pour peu qu'ils soient un petit peu ouverts les uns aux autres, finissent toujours par être homogènes en couleur ou température. C'est une application du second principe de la thermo-dynamique attribuée au physicien Carnot. Cette homogénéïsation physique, c'est aussi ce que les physiciens appellent « entropie » ou « désordre maximum » dans le mouvement des molécules.

Les deux formes précitées de la mondialisation (économique/culturelle) entrouvrent irrésistiblement les barrières politiques. Selon ce même principe physique, les libertés démocratiques tendent à traverser les frontières et à se généraliser. Le « désordre maximum » au sens des dictateurs est en marche. Question de temps !

 

 

Le battement d'ailes du papillon tunisien

Le climatologue Lorentz a avancé, en 1972, la métaphore du « battement d'ailes du papillon » pour décrire l'évolution des systèmes complexes, comme celui du climat qui met en jeu, simultanément des centaines de variables. Il peut conduire au chaos et ne répond aucunement au calcul usuel des probabilités. Ainsi, selon la métaphore, un tel battement au Brésil, pourrait, à l'extrême, entraîner un ouragan au Texas, quelque temps plus tard. Tout dépend des conditions initiales, non seulement au départ, mais à chaque étape.

Notre « monde », économiquement ouvert, inévitablement poreux sur le plan médiatico-culturel, est un système complexe, dont l'évolution est tout à fait incertaine. Les économistes, les politologues, sont capables d'énoncer des lois locales, dont on a pu tester la véracité dans un certain nombre de cas et de lieux, mais leur combinaison continue, à rythme plus ou moins rapide, dans divers « lieux », forme un système complexe éventuellement chaotique.

Les événements qui viennent de se dérouler en Tunisie et qui se poursuivent actuellement dans plusieurs pays, pourraient-ils être le battement d'ailes entraînant un ouragan économico-politique mondial, qui serait une étape importante vers le « désordre » maximum ?

 

 

Après l'Egypte, quels relais éventuels pour l'ouragan ?

Ce battement d'ailes initial a entraîné, nul le nie, le « désordre » égyptien, 2 000 kilomètres plus au sud-est. « Ben Ali dégage », « Moubarak dégage », ça ne s'invente pas ! Il provoque déjà des soubresauts en Algérie ( « Dinosaure dégage ! »), en Jordanie, au Yémen. En Libye, ces soubresauts se poursuivent dans le sang.

La transmission va dépendre des conditions propres à chaque pays : proportion de jeunes éduqués (36% en Jordanie, 35% en Jordanie, 28% en Egypte), proportion de chômeurs chez les 15-30 ans (31,2% en Tunisie, 21,5 % en Algérie, 19,3% en Syrie, 17% au Maroc et en Egypte), hégémonie du « souverain » ( Maroc, Jordanie), capacité de distribuer une part des rentes pétrolières (Algérie, Libye), férocité de la répression, avec, en tête, l'Iran.

Le démographe Emmanuel Todd ajouterait à ces facteurs d'ouragan, le taux de fécondité et la fréquence du mariage entre cousins, qui solidifie les sociétés et retarderait l'évolution du Yémen.

 

 

Et en Chine ?

Le mouvement est, en tout cas, en cours. Il va bien sûr passer par le conflit israélo-palestinien et, autour de ce « point chaud » de la planète, son évolution dépendra de l'attitude de Netanyahu, de celle d'Obama, de celle du Hamas qui, après tout, pourrait être, autant que le Fatah, « victime » du même mouvement libérateur.

Allons beaucoup plus loin : en Chine. Tous les médias nous expliquent que l'information chinoise officielle tait les événements tunisiens et égyptiens. Mais, quoiqu'ils fassent aujourd'hui, l'information « liberté » passe toutes les murailles.

Des menaces de troubles suffiraient à faire réagir le gouvernement chinois sur le plan économique, pour redistribuer un peu plus de la manne exportatrice, donc retourner un peu plus vite l'appareil de production vers la satisfaction de la consommation intérieure, donc tendre vers une réduction des exportations, ce qui constituerait un changement décisif pour l'économie mondiale. Pour le coup, le battement d'ailes aurait bien initié un véritable ouragan.

 

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Auteur : Jean Matouk/Economiste/Rue 89

Source : www.rue89.com