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Cette actualité a été publiée le 08/07/2011 à 09h26 par Tanka.


L'EFFET COCKTAIL MORTEL POUR LES ABEILLES

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L'effet cocktail mortel pour les abeilles

 
Une étude menée en France démontre que l'exposition à de faibles doses de pesticides augmente la mortalité d'abeilles infectées par un parasite. Une preuve supplémentaire de cet effet cocktail soupçonné depuis plusieurs années.

Des abeilles malades de la nosémose succombent à de très faibles doses de pesticides, bien en deçà des doses mortelles : voilà ce que démontrent les travaux d'une équipe de l'Inra d'Avignon et du Laboratoire microorganismes, génome et environnement de Clermont-Ferrand (CNRS/Université Blaise-Pascal).

Spécialistes des parasites et de la toxicologie se sont associés pour tenter de répondre à la question qui taraude les apiculteurs depuis une quinzaine d'années : pourquoi des centaines de colonies disparaissent, pourquoi la mortalité des abeilles est-elle aussi élevée en Europe et en Amérique du Nord ?

Aucun facteur pris seul –baisse de la quantité et de la diversité des ressources alimentaires, maladies, exposition aux pesticides- ne suffit pour expliquer le phénomène. D'où les recherches menées sur les effets combinés de ces facteurs. C'est bien un cocktail mortel qui expliquerait ces disparitions massives d'abeilles.

En laboratoire, Frédéric Delbac et ses collègues ont exposé à de faibles doses d'insecticides des abeilles saines et des abeilles infestées par le champignon Nosema ceranea, microparasite intestinal présent dans la quasi-totalité des ruches en France. Les abeilles parasitées succombent à des doses de pesticides très inférieures aux doses mortelles, contrairement aux abeilles saines, rapportent les chercheurs, qui publient un article dans la revue PLoS ONE.

Ces chercheurs ont testé deux familles de pesticides : le fipronil (Régent) et le thiaclopride. Le premier appartient à la famille des phénylpyrazoles et le second à celle des néonicotinoïdes, comme le Gaucho –l'imidaclopride. Pour cette molécule, des résultats similaires ont été obtenus à l'Inra d'Avignon, comme nous l'expliquions dans Sciences et Avenir en mai dernier (lire ci-dessous Mort des abeilles, deux suspects démasqués). Les résultats ont même été reproduits sur des reines, en condition naturelle (résultats en attente de publication).

D'autres maladies, comme la varroase due à un acarien ou la loque due à une bactérie, sont probablement impliquées dans cet effet cocktail. Reste pour les chercheurs à comprendre en détail les rouages de cette synergie, valable pour des familles de molécules chimiques différentes.

 

Un article de Cécile Dumas, publié par Sciences et avenir
 

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Auteur : Cécile Dumas

Source : www.sciencesetavenir.fr