L'éco-féminisme, mais c'est quoi ? - L'atelier

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Cette actualité a été publiée le 24/04/2013 à 01h39 par kannie.


L'ÉCO-FÉMINISME, MAIS C'EST QUOI ?

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L'éco-féminisme, mais c'est quoi ?

 

Alicia Puleo García est doctoresse en Philosophie à l'Université Complutense de Madrid, Professeure de l'Université de Philosophie Moral et Membre du Conseil de la Chaire d'Etudes de Genre de l'Université de Valladolid. Elle a publié «Eco-féminisme pour un autre monde possible», Madrid, Cátedra, 2011.

Juan Tortosa – En quoi consiste l'éco-féminisme ?

Alicia Puleo García – Je le comprends comme la rencontre entre la conscience féministe, écologiste, pacifiste et animaliste dans un XXIe siècle où il devient indispensable de revoir notre compréhension de la place de l'humanité sur notre terre.

L'éco-féminisme n'est pas seulement la conservation des espèces en voie de disparition. L'éco-féminisme allie la préoccupation pour la justice envers les humains à l'écologie sociale.

Je dois, toutefois, souligner que je réponds à la question depuis ma proposition éco-féministe. Mais il y a différentes manières de penser l'éco-féminisme, certaines, par exemple, ne s'intéressent pas au sujet de l'«Autre animal».

Ce que tout le monde partage est la préoccupation pour les sujets écologiques qui concernent surtout les femmes. Nous, les femmes, sommes vulnérables biologiquement et hormonalement aux produits toxiques utilisés actuellement, et nous sommes concernées autant comme consommatrices que productrices.

Prenons l'exemple des paysannes et même des femmes qui vivent dans des zones proches de cultures, elles sont très exposées aux herbicides et aux pesticides dans ces régions. Les produits toxiques utilisés dans l'agriculture sont des perturbateurs endocriniens, des substances chimiques similaires aux oestrogènes, capables de produire des pathologies féminines spécifiques.

Évidemment, ceci ne signifie pas que les hommes soient insensibles aux agressions chimiques. Mais le syndrome d'hypersensibilité chimique multiple affecte spécialement les femmes et de nombreuses études confirment que l'augmentation du cancer du sein durant les dernières décennies est due à l'exposition aux toxiques agricoles, aux dioxines libérées dans l'environnement par les fours d'incinération, aux résines synthétiques des peintures, etc.

D'un autre côté, comme l'a déjà souligné Vandana Shiva, la situation des femmes rurales et pauvres de l'appelé «tiers-monde» a empiré avec le «mal développement». La Révolution verte (pas «verte» au sens écologique, car ce nom a été donné pour parler de l'intensification de la production industrielle des monocultures) a détruit la production familiale paysanne.

Avec la globalisation du capitalisme, on a reconverti de grandes surfaces sauvages. Une des raisons de la naissance de l'éco-féminisme dans le Sud est justement la grande baisse de la qualité de vie de millions de femmes qui doivent maintenant marcher de nombreux kilomètres pour trouver de l'eau ou du bois pour leur foyer car leur terres sont vouées au marché mondial.

La méga exploitation minière ou la destruction des terrains par le soja transgénique obligent les humains à partir et anéantissent les «non-humains». L'empoisonnement de l'eau, de la terre et de l'air est la nouvelle et la dernière forme de colonisation. La plus monstrueuse et la plus totale qu'on n'ait jamais vue.

L'éco-féminisme est une forme de résistance contre la domination, la convoitise sans limites et la fantaisie d'omnipotence qui fait de l'humain un être totalement différent et détaché de la nature.

Quels sont les apports de l'éco-féminisme au féminisme et à l'écologie ?

Le féminisme est enrichi par la sensibilité environnementale et la compréhension de la grave crise écologique que nous sommes en train de vivre. Il ouvre aussi des portes à la critique de l'anthropocentrisme extrême qui conçoit l'être humain comme digne de considération morale.

Il aide à voir qu'existe une dimension écologique dans certains problèmes dont souffre le collectif féminin, comme dans les solutions. Le féminisme a toujours été ouvert aux nouvelles théories et thématiques. Ce n'est pas surprenant qu'il s'ouvre maintenant à l'écologie.

L'écologie gagne à la fois parce que les clés analytiques du féminisme lui sont utiles et les revendications d'égalité la rendent plus attractive pour les femmes. Une des peurs que suscitent les discours écologiques chez les femmes, est de voir leurs mauvaises conditions de vie encore péjorées. L'écologie doit être claire et tenir compte des droits des femmes et doit être prête à travailler contre le sexisme et l'androcentrisme.

Finalement, j'aimerais signaler qu'il y a des points communs entre ce qui a été appelé «citoyenneté écologique» comme forme souhaitable d'habiter le monde et l'«éthique du soin» étudiée par la théorie féministe des dernières années. Les deux sont des modèles de coopération, de responsabilité et les deux proposent l'abandon de la tyrannie de la logique égoïste et marchande.

Tu soutiens un éco-féminisme de l'Illustration. Que signifie-il ?

(...) Par exemple, on ne peut pas nier les droits humains, la triade de liberté, égalité et fraternité que sont l'origine des mouvements d'émancipation comme le socialisme, l'anarchisme, le féminisme ou la considération des animaux «non humains» dans le monde occidental.

On essaie d'appliquer la pensée critique illustrée à la même Illustration sans arriver à l'érosion. L'Illustration a un double héritage, comme l'a mis en évidence le féminisme en dénonçant les formes de patriarcat fraternel qui surgissent avec les révolutions bourgeoises. Ou, par exemple, les pratiques de domination sur la Nature. (...)

Pourquoi y a-t-il autant de résistances dans les secteurs féministes et dans les mouvements sociaux pour s'approprier ce sujet ?

(...)

Il existe aussi la peur de la sacralisation de la vie présente, ceci pourrait mettre en danger les droits sexuels et reproductifs, particulièrement dans l'interruption volontaire de grossesse. Un des axes de l'éco-féminisme critique que je propose est la reconnaissance de ces droits conquis avec autant d'efforts par des générations de femmes qui ont lutté pour cela. (...)

C'est pour cela que l'éducation écologique est nécessaire, surtout pour lutter contre les stéréotypes virils déconnectés des sentiments comme l'empathie et la compassion, stéréotypes destructeurs hégémoniques dans l'Histoire de la domination. Aujourd'hui il y a beaucoup d'hommes qui sont critiques envers ces modèles et qui veulent les changer. L'éco-féminisme peut être leur choix !

 

Pour lire la totalité de ce riche article de Juan TORTOSA, publié par danactu-resistance.over-blog.com et relayé par SOS-planete, cliquer ICI

 

Le site étrange qui dérange même les anges !

 

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Auteur : Juan TORTOSA (traduction Inès Calstas)

Source : danactu-resistance.over-blog.com