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Cette actualité a été publiée le 16/03/2010 à 22h01 par Tanka.


L'ÉCHEC DE COPENHAGUE NE REMET PAS EN CAUSE LE TRAVAIL DES CLIMATOLOGUES

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L'échec de Copenhague ne remet pas en cause le travail des climatologues

Le climatologue, directeur de recherche honoraire du CNRS au Laboratoire de météorologie dynamique, prend part au débat actuel sur la lutte contre le changement climatique.

En recherche scientifique, le scepticisme reste essentiel . Les activités humaines changent-elles réellement la composition de l'atmosphère ? Sans aucun doute possible, oui. Tous les bilans, toutes les mesures faites de par le monde depuis l'année géophysique internationale (1957-1958), toutes les analyses des bulles d'air du passé préservées dans les glaces du Groenland et de l'Antarctique montrent que les activités humaines ont fait monter la concentration atmosphérique de gaz carbonique (CO2) à des niveaux jamais vus depuis au moins 740 000 ans ; aujourd'hui, plus que le double du niveau de l'âge glaciaire, et près de 40 % de plus qu'avant la révolution industrielle ; et plus encore pour le ­méthane.

Le réchauffement est bien là. Même si l'hiver 2009-2010 a été relativement froid aux moyennes latitudes de l'Eurasie et de l'Amérique du Nord, il a été relativement «chaud» plus au nord. Même si 2008 a été moins chaud que les autres années depuis 1997, il a été plus chaud que toutes les années mesurées avant.

Le discours sceptique voudrait faire croire que quelques phrases ambiguës extraites de quelques-uns parmi les milliers de courriels piratés au Centre de recherche climatique (CRU) de Norwich (Royaume-Uni) constituent la preuve d'un truquage de toutes les données de températures venant de plusieurs centres opérationnels de par le monde. Il voudrait nous faire croire que le réchauffement mesuré depuis plus d'un siècle n'est pas. Il voudrait nous faire croire que quelques erreurs de transcription (2035 à la place de 2350) parmi des centaines de pages rendent les travaux du Giec irrecevables. Mensonges et absurdités ! Le réchauffement est bien là, pas partout de la même façon, bien sûr, à la surface de la Terre et jusqu'à quelques kilomètres d'altitude. La plupart des glaciers reculent de décennie en décennie, chaque été les glaces de l'océan Arctique disparaissent plus vite, les océans se réchauffent.

Les modèles sont-ils fiables ? Trop d'incertitudes subsistent, notamment sur la représentation des détails du cycle de l'eau, sur les nuages, sur les courants océaniques en profondeur. Un scepti­cisme scientifique sain pose la question de la variabilité intrinsèque du climat, indépendamment des perturbations par l'action humaine ou par la variabilité solaire. Un scepticisme scientifique sain demande si les modèles tiennent suffisamment compte de facteurs limitant la réponse du système climatique aux perturbations. Ces questions ont stimulé de nombreuses recherches, et, jusqu'ici, les réponses ne font qu'augmenter les inquiétudes de la plupart des chercheurs travaillant dans les sciences du climat. Certes, le système climatique est ultracomplexe, mais les chercheurs ne baissent pas les bras pour autant. L'ambition de la raison reste de mieux le comprendre.

Si les modèles sont de bons guides, et ce n'est pas encore le cas pour les changements à venir dans les gisements d'eau, cela permettra aux hommes d'innover et de s'adapter à bon escient. Mais si le système climatique ne suit pas les modèles en s'ajustant graduellement à l'altération de plus en plus rapide de l'atmosphère par les activités humaines ? La Terre s'en sortira toute seule, à sa façon. Mais croire que cela se fera sans rupture dangereuse pour les hommes ? Autant croire au père Noël.

Pour toutes ces raisons, et parce qu'une fraction croissante du CO2 ajoutée à l'atmosphère risque d'y rester plus d'un siècle, il est urgent d'agir. Le climat est une affaire d'eau et de production alimentaire, et laisser changer le climat trop vite, c'est condamner des millions d'êtres humains. Il n'est nullement dans l'intérêt des pays émergents, ou aspirant à l'être, de faire leur développement sur la base de modèles dépassés, d'émettre deux fois plus de gaz à effet de serre, accélérant le changement des conditions déterminant leurs possibilités de production agricole, de dépenser deux, voire cinq fois plus de ressources non renouvelables, pour produire les biens auxquels ils aspirent. Il faut faire mieux avec moins.

Par Robert KANDEL - Source : lefigaro.fr


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Information recueillie par Tanka

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