L'augmentation des émeutes : un phénomène mondial - L'atelier

Accueil

Cette actualité a été publiée le 19/09/2011 à 23h21 par Mich.


L'AUGMENTATION DES ÉMEUTES : UN PHÉNOMÈNE MONDIAL

  • Google+
  • FaceBook
  • Twitter
  • Linked in
  • Tumblr
  • Google+  FaceBook   Twitter
  • LinkedIn  Tumblr
SOMMAIRE de Demain l'Homme - Accès aux derniers articles quotidiens du module principal WikiSurTerre
L'augmentation des émeutes : un phénomène mondial

 

Certaines débouchent sur des revendications, voire des révolutions. La plupart s'éteignent aussi vite qu'elles se sont allumées. Une chose est sûre : de Londres à Sidi Bouzid en Tunisie, de Santiago du Chili à Villiers-le-Bel, les émeutes sont devenues un phénomène global. En 2011, on en recense plus de trois par jour. Décryptage avec Alain Bertho, professeur d'anthropologie à l'université Paris 8.

Basta ! : Depuis quand travaillez-vous sur les émeutes ? Et pourquoi vous y être intéressé ?

Alain Bertho : Comme beaucoup de gens, j'ai été frappé par ce qui s'est passé en France en novembre 2005. Cela faisait vingt ans que je travaillais sur les banlieues. Connaissant un peu le sujet, habitant moi-même en banlieue et ayant alors passé quelques nuits dehors à observer les événements, j'ai été saisi d'une certaine perplexité.

Nous n'avons vu que des ombres. À chaque fois que nous arrivions là où les voitures brûlaient, les acteurs des émeutes étaient déjà partis. Les familles étaient dehors, plus goguenardes qu'apeurées. Nous devinions une certaine empathie. Puis cela s'est arrêté, sans raison particulière, sans se conclure, comme on en a l'habitude dans le cas d'un mouvement social, avec des revendications, des négociations et une fin de conflit.

En mars 2006, j'ai suivi le mouvement contre le contrat premier embauche (CPE) devant le lycée de Saint-Denis où étudie mon fils. Il participait au blocage du lycée. Il n'y avait pas d'assemblée générale, pas d'organisation apparente. Tout se faisait par SMS (Twitter et Facebook n'étaient pas encore actifs à l'époque).

Les lycéens de Saint-Denis se rendaient peu aux manifestations à Paris. Ils restaient là, affrontant régulièrement les forces de l'ordre, sachant comment brûler des voitures, se défiant des manifestations parisiennes trop assagies. Cela m'a convaincu de travailler sur ce sujet, sur cette génération qui monte et qui, visiblement, exprime de lourds contentieux avec la police, les parents, la société.

J'ai regardé d'autres pays, et je me suis aperçu que les scénarios étaient souvent les mêmes, comme en Grèce en décembre 2008, quand le jeune Alexander Grigoropoylos est abattu par un policier. La jeunesse grecque s'en est d'ailleurs prise aux banques, comme une sorte de prémonition.

Les émeutes sont-elles plus nombreuses aujourd'hui ?

En utilisant la même méthodologie (les émeutes recensées par le moteur de recherche Google), on comptabilise en 2008 environ 270 émeutes, tous continents confondus. On passe à 540 en 2009, puis à 1 238 en 2010. Ce chiffre sera dépassé en 2011, puisqu'au 31 août nous en sommes déjà à plus de 1 100.

Nous vivons une séquence particulière de très forte fréquence des affrontements, entre populations et autorités, ou entre populations elles-mêmes. Il en était de même au XVIIIe siècle, en 1848 ou en 1917. Avec une grande différence cependant : ces précédentes périodes conflictuelles étaient visibles, et compréhensibles, par les acteurs des émeutes eux-mêmes, grâce aux discours politiques qui les accompagnaient.

Pour l'instant, l'actuelle intensification des émeutes n'émerge pas dans l'espace public. Cela demeure une partie immergée de la conflictualité politique. Et quand une émeute est soudainement médiatisée, comme cet été à Londres, on s'en étonne. Pourtant, quelques mois plus tôt, fin 2010, des étudiants britanniques mettaient à sac le siège du parti conservateur ou s'attaquaient à la voiture du prince de Galles.

Le Chili est actuellement agité par un mouvement social très dur où les étudiants sont en première ligne. Mais cela n'est pas vu comme un phénomène général.

Au Royaume-Uni, sans considérer que les émeutiers sont des criminels comme le fait le Premier ministre, David Cameron, le leader du Parti travailliste, Ed Miliband, évoque des « émeutes de la cupidité », pendant populaire de la cupidité des banquiers ? Que pensez-vous de ce qualificatif ?

Je conseillerai la lecture de l'oeuvre de Jean Nicolas « La Rébellion française : Mouvements populaires et conscience sociale 1661-1789 ». Nous y retrouvons les mêmes modes opératoires dans une situation de grandes inégalités sociales. Les émeutes, les explosions sociales passent par le pillage. Sauf qu'au XVIIIe siècle, on s'en prenait aux greniers à farine et non aux magasins du centre-ville.

En quinze ans, les inégalités sociales sont revenues à leur niveau d'il y a un siècle. C'est d'une grande brutalité. On ne peut plus offrir leur part de rêve aux jeunes générations, confrontées à la fois à une régression sociale rapide et à un avenir bouché. En plus, les inégalités sont plus voyantes : tout ce à quoi vous ne pouvez pas accéder s'affiche dans la ville.

Face aux émeutes, les États déploient des moyens répressifs de plus en plus impressionnants : état d'urgence en France en 2005, recours aux témoignages sous X à Villiers-le-Bel, campagne médiatique d'appels à la délation au Royaume-Uni, justice expéditive, menace de suspendre des réseaux de communication... Nos gouvernements ont-il si peur qu'ils sont prêts à en finir avec l'État de droit ?

(...)

 

Pour lire la suite, cliquer sur Source ou Lien utile

 

Un article de Ivan du Roy, publié par bastamag.net

 
Notre Association défend les droits de l'Homme et de toutes les espèces vivantes. Elle est APOLITIQUE !

 

Lance-toi ! Deviens vite lanceur d'alerte. Rejoins ceux qui ont la rage !

Le site étrange qui dérange même les anges !

 

........

 

Merci de PARTAGER les meilleurs posts partout où vous le pouvez, réseaux sociaux et autres.

 





Auteur : Ivan du Roy

Source : www.bastamag.net

  • Mots clés déclenchant une recherche interne :  
  • émeutes