L'Arctique russe, nouveau paradis des appétits pétroliers - L'atelier

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Cette actualité a été publiée le 23/02/2011 à 12h29 par Fred.


L'ARCTIQUE RUSSE, NOUVEAU PARADIS DES APPÉTITS PÉTROLIERS

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L'Arctique russe, nouveau paradis des appétits pétroliers

 
Il n'aura pas fallu longtemps à BP, sérieusement échaudé par la marée noire du Golfe du Mexique, pour retrouver son allant d'exploration.

C'est – notamment – en Russie que le géant pétrolier veut se relancer... et il n'est pas le seul groupe dans ce cas.

Plus que jamais, Moscou aime l'or noir.

C'est le constat que l'on peut tirer de la multiplication des partenariats que mène Rosneft, conglomérat pétrolier dont l'actionnaire majoritaire n'est autre que l'Etat russe.

Après la mise en place de projets communs avec Chevron et Exxon Mobil, c'est avec BP que l'entreprise confirme ses engagements.

L'accord conclu entre les deux groupes le 14 janvier dernier constitue une étape charnière dans l'ouverture des réserves pétrolières arctiques russes aux opérateurs étrangers.

Au coeur de ce deal : une zone de 125 000 kilomètres carrés autour de l'île sibérienne de la Nouvelle-Zemble où pourraient être exploités pas moins de 5 milliards de tonnes de pétrole ainsi que 3 000 milliards de mètres cube de gaz naturel.

Une alliance qu'un porte-parole du consortium associé TNK-BP a considéré, « pour BP, pour Rosneft, pour la Russie, très positive ».

Sauf que ce gargantuesque projet ne sera pas écologiquement neutre.

Le World Wildlife Fund (WWF) note ainsi que la zone de prospection est directement en contact avec des aires protégées dans la petite mer de Kara, où se situent les réserves estimées.

Deux points d'achoppement sont dénoncés par l'association écologiste, avec le parc national Russkaya Arktika d'une part (NDLR : au nord de l'île de Nouvelle-Zemble) et avec le refuge naturel de Yamalskiy en Russie continentale d'autre part.

Tout aussi problématique, la présence de trois autres réserves naturelles et de deux refuges de biodiversité dans cette même zone qui, si elle devait être atteinte par une marée noire, serait profondément dégradée sur le plan environnemental. « Ces aires protégées sont maintenant en danger » confirme Aleksey Knizhnikov, de WWF Russia.

 
Total également dans le coup

Le ministère russe des Ressources naturelles a annoncé vendredi dernier qu'il pourrait réviser les frontières des blocs d'exploitation en raison de cet empiètement, mais la parole de Moscou sur ce dossier suit un cheminement complexe.

Le Premier ministre russe Vladimir Poutine avait ainsi déclaré l'année dernière dans un forum qu' « une attitude irresponsable vis-à-vis de l'Arctique pouvait créer plus de problèmes généraux que d'avantages globaux dans un futur proche ».

Pourtant, le gouvernement russe a donné à Rosneft et son penchant gazier Gazprom cinq nouvelles licences d'exploitation pétrolière dans les mers de Kara et Barents en octobre dernier...

De même, Moscou pointe le fait que les frontières du parc national Russkaya Arktika ne sont pas définitivement fixées et qu'elles peuvent donc évoluer ; le WWF note qu'au contraire, à sa création le 15 juin 2010, ces délimitations étaient parfaitement connues...

L'officialisation de cette collaboration entre BP et Rosneft rentre dans la logique stratégique des deux entreprises. BP continue ainsi son expansion territoriale, moins d'un an après la tragique marée noire du Golfe du Mexique.

Le groupe accentue ainsi ses efforts en Arctique donc, mais aussi en Mer du Nord – notamment le long des côtes norvégiennes – et en Inde, puisqu'il a annoncé dimanche dernier un accord « historique » avec une prise de participation dans 23 blocs pétroliers et gaziers jusque là détenus par Reliance Industries.

Le patron de Reliance, Mukesh Ambani, a précisé que « ce partenariat va se focaliser sur la découverte de nouveaux gisements d'hydrocarbures dans les eaux profondes au large de l'Inde ».

Rosneft, de son côté, ne manque pas non plus d'idées de développement. C'est avec Total qu'il a signé son plus récent accord : le patron du groupe français en Russie, Pierre Nerguararian, affirme depuis plusieurs jours que les deux groupes ont des projets communs d'exploitation, à la fois en Mer Noire mais aussi dans la mer de Barents, à l'ouest de cette même Nouvelle-Zemble.

De même, M. Nerguararian a officiellement candidaté à une prise de participation de 25% dans un projet d'un groupe gazier indépendant Novatek, qui produit du gaz naturel liquéfié sur la péninsule de Yamal – là-même où se trouve le refuge de Yamalskiy.

A noter que cet échange de bons procédés entre BP et Rosneft se retrouvera dans l'actionnariat des deux groupes : l'entreprise britannique va effectivement prendre le contrôle de 9,5% du capital de l'entité publique russe, qui prendra elle-même 5% du capital de BP.

Loin de ces tergiversations économiques, le WWF demande de nouveau « à tous les gouvernements et les entreprises qui lorgnent autour de l'Arctique d'attendre avant de procéder à de nouveaux forages jusqu'à ce que les compagnies pétrolières soient capables de prouver qu'elles ont identifié et établi tous les risques inhérents à ces écosystèmes locaux ».

Il y a de quoi douter que ces considérations aient été au coeur de ces transactions...

 
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Auteur : Gwendal Perrin

Source : www.zegreenweb.com