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L'Allemagne vers une envolée verte - Demain l'Homme

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Cette actualité a été publiée le 24/05/2011 à 21h08 par Jacques.

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La traditionnelle peur du nucléaire et la désaffection des Allemands pour l'alliance gouvernementale au pouvoir à Berlin profite aux Verts.

L'hostilité au nucléaire civil n'est pas l'apanage des Verts. Environ 80% des Allemands la partagent, à quelque parti politique qu'ils appartiennent. Jusqu'à la catastrophe de Fukushima, ce n'était pas la position officielle du gouvernement fédéral. Au contraire. La coalition des chrétiens-démocrates et des libéraux, supposée plus sensible aux revendications de l'industrie électrique, était revenue sur une décision du gouvernement Schröder datant de la fin des années 1990.

L'Allemagne avait alors décidé de sortir de l'énergie nucléaire vers 2020. Cet objectif avait été réaffirmé par la grande coalition entre les chrétiens démocrates et les sociaux démocrates, entre 2005 et 2009. La chancelière Angela Merkel avait dû céder à ses alliés. Aussitôt réélue avec les libéraux comme nouveaux partenaires, elle a révisé sa position.

Annulé la décision sur la sortie du nucléaire et prolongé la durée de fonctionnement des sept centrales les plus vieilles d'Allemagne. En contrepartie, la chancelière allemande a demandé aux industriels de l'électricité un effort en faveur des énergies renouvelables.

Fukushima a tout changé. Le gouvernement allemand a accompli en quelques jours un nouveau virage à 180°. Il a décidé l'arrêt des sept centrales les plus vétustes en laissant entendre qu'elles ne seraient jamais remises en service. Il est revenu à la position des coalitions précédentes sur la sortie totale du nucléaire, une position qui était d'ailleurs défendue par le ministre chrétien-démocrate de l'environnement.

Vers un abandon total de l'énergie nucléaire

Pour camoufler cette nouvelle volte-face, Angela Merkel a nommé une commission «d'éthique» présidée par un ancien ministre de l'Environnement, Klaus Töpfer et composée de représentants des partis politiques mais aussi de diverses ONG et de représentants des Eglises. C'est cette commission, dont le rapport officiel est attendu dans les prochains jours, qui prône l'abandon total de l'énergie nucléaire.

Cette perspective a suscité des remous dans les milieux industriels et chez les chrétiens-démocrates. Mais le chef du gouvernement bavarois, Horst Seehofer, qui ne passe pas pour particulièrement progressiste, a abondé dans le sens des défenseurs de l'environnement. Moins par amour de la nature que par instinct politique.

Les unions chrétiennes-démocrates, le parti d'Angela Merkel, savent bien que les Verts ont le vent en poupe. Ils viennent pour la seconde fois en deux mois, de l'apprendre à leurs dépens. Dimanche 22 mai, la CDU a été reléguée au troisième rang lors des élections régionales de Brême.

Fin mars, ils ont perdu le pouvoir dans le Land de Bade-Wurtemberg qu'ils gouvernaient depuis six décennies au profit d'une coalition verte-rouge dirigée par Winfried Kretschmann. Cet écologiste, intellectuel catholique plutôt conservateur sur les questions de société, est assez représentatif de la base électorale actuelle des Verts allemands qui dépasse largement les rescapés de la génération 68.

Bien que les thèmes environnementaux restent au centre du programme des Verts, ceux-ci ont su élargir leurs interventions, s'adresser à des couches d'électeurs urbains, éduqués qui se tournaient traditionnellement plus volontiers vers le parti libéral (FDP).

La popularité des Verts fait chuter les autres partis

Or ce parti, qui est le partenaire d'Angela Merkel dans le gouvernement fédéral depuis 2009, est en chute libre dans les sondages. Après avoir obtenu quelque 14% des voix aux élections de septembre 2009, il est tombé dans les sondages au-dessous du seuil des 5% nécessaires pour être représenté au Bundestag.

Il paie l'impopularité du ministre des affaires étrangères, Guido Westerwelle, qui vient d'abandonner la présidence du FDP. Son remplacement par Philipp Rösler, ancien ministre de la Santé devenu vice-chancelier et ministre de l'Economie, a apporté un petit ballon d'oxygène au FDP.

(...)

 

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Un article de Daniel Vernet, publié par Slate

 

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Auteur : Daniel Vernet

Source : www.slate.fr

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