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Cette actualité a été publiée le 05/03/2011 à 23h48 par Tanka.


L'AGROFORESTERIE COMME SOLUTION DE CONSENSUS

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L'agroforesterie comme solution de consensus

 
Titre original :
Lutte contre le changement climatique : L'agroforesterie comme solution de consensus

 

La forêt offre des services à l'homme. Et pourtant, l'homme détruit la forêt pour développer des cultures et exploiter d'autres ressources qu'elle regorge. Du coup, l'équilibre écologique est rompu. Le climat et les écosystèmes sont modifiés. Il faut trouver des solutions intermédiaires.

Des solutions existent mais la plus plausible reste l'agroforesterie. Une expérience qui est mise en ouvre par l'École nationale des Eaux et Forêts de Mbalmayo mais davantage, dans la région du Sud Cameroun où elle est très prépondérante. Une forêt plantée de 6 hectares est un bel exemple de biodiversité forestière où se côtoient un millier d'espèces.

Une visite guidée dans cette forêt (arboretum) permet de mesurer sa riche et grande variété d'espèces. Ces arbres, au-delà des propriétés médicinales dont elles jouissent, sont aussi une source de rentabilité économique à travers l'exploitation des produits forestiers non-ligneux.

L'eucalyptus, une essence très prisée par la société chargée de la distribution de l'énergie électrique parce qu'il l'utilise comme poteau de transport de l'électricité. L'ébène, bois exotique très prisé pour sa qualité est planté dans cette forêt. Le Prunus Africana planté ici soigne la prostate, le kinquéliba et ses fruits jaunes aident à soigner le paludisme.

La forêt plantée de l'Ecole nationale des eaux et forêts de Mbalmayo ne regorge pas que des plantes médicinales.

Il y a aussi le bois d'oeuvre.

Cette forêt rend aussi des services environnementaux. Alors que la forêt est totalement dégradée autour de cette réserve, soit par l'exploitation du bois, soit par la pratique de l'agriculture itinérante sur brûlis, cette forêt joue un rôle de régulation du climat. La présence de cette forêt plantée au quartier Oyack, crée un microclimat sur ce site. Elle joue également un rôle de protection.

Influences négatives

Alors que le violent orage qui s'est abattu dans la ville a emporté la plupart des toits des grands édifices publics de la ville de Mbalmayo, le toit de l'Ecole nationale des eaux et forêts de Mbalmayo est resté intact. Pour le Pr NKonmeneck, écologiste forestier, cela s'explique par le fait que la forêt a freiné la vitesse du vent qui arrivait.

Malgré ces services : bois d'oeuvre, régulation du climat, sécurité, la forêt est détruite par l'homme. Soit pour créer des plantations agricoles, soit pour exploiter d'autres richesses du sol que cache la forêt (minerais par exemple).
 

 
Le couvert végétal qui est détruit expose le sol à l'érosion, libère le carbone que les arbres de cette forêt séquestraient. Et du coup, des événements inhabituels se produisent : les vents sont plus violents, les terres sont moins productives, l'évaporation des eaux s'accentue.

Du coup, les populations qui vivent ces événements font un lien avec le discours sur le changement climatique. Mais des experts en la matière relativisent. Dr Armathé Amougou, le Pr Tsalefac et le Pr Nkankam pensent qu'en l'absence des données météorologiques fiables, il est tôt de parler du changement climatique mais les effets visibles actuellement relève plus de la variabilité du climat que du changement climatique.

La forêt : un bien précieux

Pour préserver le vaste patrimoine forestier camerounais qui génère près de 400 milliards FCfa par an au budget de l'Etat, et d'importants revenus financiers aux populations qui exploitent les produits forestiers non-ligneux, la fonction économique et écologique de la forêt se trouve ainsi mise en relief. Or en prélevant essences et produits forestiers non-ligneux, en défrichant des portions de forêts pour pratiquer l'agriculture, l'homme dégrade la forêt.

Pour le Pr Nkongmeneck Bernard Aloys, écologiste forestier, il est nécessaire que l'homme, en même temps qu'il détruit la forêt, pense à la reboiser car, ce bien précieux qui recouvre 23 millions d'hectares dont 310 millions de m3 de bois exploités au Cameroun et contribue à hauteur de 10% du PIB national, doit être préserver.

Le reboisement est d'ailleurs une exigence des pouvoirs publics qui en ont fait une obligation dans la loi forestière et faunique de 1994. Mais dans la pratique, cette réglementation est régulièrement foulée au pied par les exploitants forestiers.

En faisant la corrélation forêt-rentabilité économique, il est aisé, comme le soutient Stanislas Betara, étudiant en deuxième année à l'Ecole nationale des eaux et forêt de Mbalmayo, que l'activité de reboisement n'est pas dans l'ordre des priorités dans l'esprit des camerounais. « j'ai constaté, dit-il, que seuls les spécialistes s'y engagent, les autres ne comprennent pas toujours son utilité », déplore le jeune étudiant.

Christophe Mvondo, journaliste scientifique pense que la solution du reboisement se trouve dans l'agroforesterie. « Il est évident que le développement agresse la nature, mais pour cultiver, il faut nécessairement détruire la forêt. Or l'homme a besoin de celle-ci pour vivre. La solution réside donc dans la plantation d'arbres qui offre de la nourriture et adoucit le climat. »

 

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Auteur : Floriane Payo

Source : www.camnews24.net