"L'Agence européenne de sécurité alimentaire a fait la preuve de son incompétence" - #WikiSurTerre

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Cette actualité a été publiée le 10/04/2010 à 09h14 par Tanka.


"L'AGENCE EUROPÉENNE DE SÉCURITÉ ALIMENTAIRE A FAIT LA PREUVE DE SON INCOMPÉTENCE"

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"L'Agence européenne de sécurité alimentaire a fait la preuve de son incompétence"

Les experts européens qui ont autorisé la culture de la pomme de terre OGM sont accusés d'être proches des industriels du secteur. L'avis de Gille-Eric Séralini, membre du Criigen.

L'agence européenne de sécurité des aliments (Efsa), dont les experts sont chargés d'évaluer la sécurité des OGM, se retrouve sous le feu des critiques après le feu vert donné à la pomme de terre Amflora. Incompétence, collusion avec les industriels... les accusations se multiplient à l'encontre de l'organisme, dont même la secrétaire d'Etat à l'Ecologie, Chantal Jouanno, "refuse de reconnaître l'expertise".

Questions au Pr Gille-Eric Séralini, professeur de biologie moléculaire à l'université de Caen et membre du Comité de recherche et d'information indépendantes sur le génie génétique (CRIIGEN) :

Que se passe-t-il dans cet organisme basé à Palerme, en Sicile ?

Nous avons auditionné sa directrice, Catherine Geslain-Lanéelle, elle a reconnu que son directeur scientifique chargé de l'évaluation des OGM, Harry Kuiper, n'était pas indépendant. Ce dernier est en effet le coordinateur d'Entransfood, un groupe de travail comprenant Monsanto et Syngenta, destiné à "favoriser l'introduction des OGM sur le marché européen et rendre l'industrie européenne compétitive".

Herman Koëter, le directeur scientifique général de l'Efsa, a démissionné. Il s'opposait à la révision des procédures que nous préconisions pour améliorer les études de toxicité, parce qu'il estimait que cela n'était pas nécessaire, et qu'on risquait ainsi "d'entamer la confiance du public". Il n'avait pas compris que c'est déjà fait.

Ensuite, il y a l'affaire Suzy Renckens : cette ancienne responsable du panel d'experts chargé d'évaluer les risques OGM a quitté son poste en 2008 pour se recaser chez la firme suisse Syngenta, spécialisée dans les plantes génétiquement modifiées, où elle joue depuis un rôle de lobbyiste, notamment auprès des instances européennes.

Comment les OGM sont-ils testés avant d'être -ou pas- commercialisés ?

L'agence européenne vit en circuit fermé avec les industriels. Elle prend pour argent comptant les analyses que lui fournissent ces derniers, et ne réalise pas de véritables expertises. Ses "spécialistes" ne s'intéressent même pas aux analyses de sang des animaux qui ont été nourris aux OGM. Nous avons été les premiers au monde a publier dans des revues scientifiques les contre-analyses de Montsanto. Quand ils ont vu ça, des agents de l'Efsa nous ont appelé pour nous demander les données brutes de la firme américaine, parce qu'ils ne les avaient pas ! Cela prouve leur incompétence !

Que faudrait-il changer ?

D'abord, les procédures. Ils ne peuvent pas revenir en arrière, ils ont autorisé les premiers OGM sur la base de ces analyses biaisées. Il conviendrait d'abord de lancer une mission d'enquête du parlement européen sur les accointances des experts chargés de remettre les avis. Il faut ensuite instituer une véritable transparence : les données des industriels ne doivent plus être gardées secrètes, les tests sur la santé et l'environnement doivent être rendues publiques.

Où sont les résultats des analyses de sang qui ont été réalisées sur les rats ayant mangé cette patate que l'on vient d'autoriser, puisqu'elle est destinée à l'alimentation animale ? Les industriels confient à des firmes privées le soin de réaliser les études sanitaires qu'ils paient très cher : il faut que cet argent soit donné à des organismes de recherche publics chargés de mener les tests en toute indépendance. Il faut ensuite que ces résultats soient discutés devant un jury de scientifiques et de citoyens.

Source : combat-monsanto.org

Information recueillie par Tanka

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