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Cette actualité a été publiée le 08/05/2010 à 10h03 par Tanka.


L'ADN DE NÉANDERTAL RÉVÈLE SES LIENS AVEC SAPIENS

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L'ADN de Néandertal révèle ses liens avec Sapiens

Madame Sapiens a fait crac-crac avec monsieur Néandertal. Ou l'inverse. Et avec succès reproductif. Mais pas en Europe, lors de l'arrivée de Cro-Magnon, il y a 37 000 ans. C'est une vieille histoire (d'adultère ?) survenue au Proche Orient, il y a environ 80 000 ans. Elle n'a manifestement pas été très fréquente. Et depuis, nib de coucheries entre cousins.

Cette affaire des relations de parenté et de la possible rencontre des deux humanités les plus proches - Homo sapiens, l'homme moderne apparu il y a un peu plus de cent mille ans en Afrique, et Néandertal - est révélée ce matin dans la revue Science . Par un article exceptionnellement long, traduisant un labeur minutieux et de haute précision. Il constitue un véritable «tournant dans l'exploration des origines de l'humanité par les moyens de la génétique moléculaire», salue Pierre Darlu, un généticien qui a participé en 2006 à une étude de l'ADN des mitochondries, donc uniquement maternel, de néandertaliens.

Qui sont les conteurs de cette histoire, auteurs de ce «travail énorme» insiste Pierre Darlu ? Une équipe internationale de haute volée, dirigée par Svante Pääbo, un biologiste suédois. Svante Pääbo, multidiplômé en lettres, égyptologie, histoire et biologie fut l'un des pionniers de l'exploration de l'ADN ancien.

Dès 1985, il s'intéressait aux gènes des momies égyptiennes. En 1991, il titrait «le rêve devient-il réalité ?» à propos d'ADN de 16 millions d'années. Il dirige, depuis l'Institut Max Planck de Leipzig, une équipe de près de 60 chercheurs de nombreux pays (Allemagne, Etats-Unis, Espagne, Croatie, Irlande, Royaume-Uni, Russie), lancée à l'assaut du génome de Néandertal. Elle a séquencé Os de neandertaliens l'ADN issu d'os fossiles de néandertaliens découverts dans la grotte de Vindija, en Croatie. Et réussi à réunir 60% du total de leurs génomes.

Le voile est désormais levé sur l'identité génétique de Néandertal, et du coup sur ce qui nous différencie de lui et constitue notre propre identité génétique.

C'est un véritable exploit technique que l'équipe réunie par Svante Pääbo a réalisé. Leur matériel ? De minuscules particules d'os, détachées à la roulette de dentiste sur trois os sélectionnés parmi 21 candidats.

L'un daté de 38 000 ans et découvert en 1980. Un second plus vieux mais non daté et un troisième plus ancien daté de 44 000 ans. Des os peu contaminés par l'ADN des hommes actuels. Comme les trois néandertaliens étaient... des dames, l'astuce à consisté à mesurer leur contamination en ADN masculin, du chromosome Y : pas plus de 1,5%.

Comparer des génomes extrêmement proches l'un de l'autre exigeait de faire appel à des techniques et des tests statistiques très sophistiqués. Outre le séquençage des os fossiles de la grotte de Vindjia, l'équipe s'est donc appuyée sur quelques coups de Carte sondes génétiques sur d'autres fossiles de néandertaliens, recueillis dans trois sites : El Sidron (Espagne, -49 000 ans), la vallée de Neander (Allemagne, -40 000 ans) et Mezmaiskaya (Caucase, Russie, -60 000 à -70 000 ans). Sur le séquençage de cinq êtres humains actuels réalisé pour l'occasion. Et sur celui du célèbre Craig Venter, un généticien américain.

Les généticiens ont obtenu un résultat surprenant, qui éclaire d'un nouveau jour nos relations de parenté avec ce cousin disparu. Ils contredisent les études antérieures, menées sur l'ADN mitochondrial exclusivement maternel, qui n'avait trouvé aucune contribution néandertalienne à notre génome, menée tant par Catherine Hänni (Ecole Normale Supérieure de Lyon) en 2006 que par Pääbo. Semblant donner ainsi raison à ceux des préhistoriens convaincus qu'homo sapiens, après sa sortie d'Afrique par le Proche Orient, n'avait jamais fricoté avec les néandertaliens qui occupaient alors une large part de l'ancien monde, de l'Espagne à la Sibérie.

Une conviction fondée sur les différences anatomiques claires entre les deux humanités. Le squelette de Cro-magnon Neandertal crane sapiens, long, élancé, avec un front haut et lisse se distingue nettement d'un Néandertal trapu, aux attaches musculaires fortes et surtout à son crâne bas, allongé, abritant d'ailleurs un cerveau de grande taille, et aux arcades sourcillières spectaculaires. De rares indices anatomiques de métissage avaient été avancés, comme par l'Américain Erik Trinkaus, à propos de fossiles de Mladec (République Tchèque ou de Lagar Velho au Portugal). Mais ils n'avaient pas emporté la conviction de la majeure partie des spécialistes.

Or, selon l'équipe de Svante Pääbo, il y a bien eu métissage. Il se lit encore dans le génome des humains actuels dès lors que l'on peut le comparer à celui de néandertal.

Source : sciences.blogs.liberation.fr


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Information recueillie par Tanka

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