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Cette actualité a été publiée le 25/12/2010 à 21h27 par Tanka.


JOYEUX BIG BROTHER À PARIS !

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Joyeux Big Brother à Paris !

1 300 caméras de vidéo surveillance dernier cri, venant s'ajouter aux 330 déjà installées sur la voie publique, tel est le somptueux cadeau de Noël offert aux Parisiens et aux visiteurs de la capitale par son maire socialiste Bertrand Delanoë. La Ville Lumière peut dorénavant crânement inscrire à ses portes : « Souriez, vous êtes filmés ! » Grâce à son maire, qui a beaucoup donné de sa personne pour imposer ses caméras liberticides travesties des noms orweliens de « vidéo protection » ou encore de « vidéo tranquillité ». Grâce au Conseil de Paris et à ses élus de gauche et de droite qui, ensemble, votèrent en novembre 2009 (sans les voix des quelques vilains petits canards : les élus des Verts et du PCF/PG) le plan de vidéo surveillance du gouvernement de Nicolas Sarkozy présenté par le préfet de police Michel Gaudin,

Le « plan de vidéo protection pour Paris » (PVPP), baptisé plus prosaïquement « plan 1 000 caméras » aura été imposé à la hussarde par Bertrand Delanoë et sa majorité municipale en quelques mois (moins de deux ans) à l'aide d'une caricature de « concertation ». Les opposants parisiens au projet de vidéo surveillance de la capitale rassemblés dans un collectif unitaire, le Collectif Démocratie et Libertés (CDL), se sont constamment heurtés à un mur.

Ce collectif est composé d'associations de quartier (comme la Commune libre d'Aligre dans le XIIe arrondissement, le Comité Métallos, l'Association Saint-Bernard dans le XIe, l'Association pour l'estampe et l'art populaire dans le XXe, Urbanisme et démocratie dans le XIVe...) d'organisations comme la Ligue des droits de l'Homme, le Mrap, Souriez vous êtes filmé, Attac, la Fondation Copernic ou Act -up, de partis et de syndicats (les Verts, le Parti de Gauche, le NPA, SUD...).

Rien n'y fit. Ni une pétition de plus de 11 000 signataires, ni les appels à un véritable débat public sur la « sécurité », ni les réticences multiples exprimées par des conseils de quartier, ni les nombreuses réunions publiques, les rassemblements et actions diverses (toujours pacifiques) ne réussirent à ébranler dans sa certitude quasi religieuse un pouvoir municipal arrogant, cassant et méprisant.

Un autisme qui ne s'explique pas seulement par la personnalité autoritaire du maire de la capitale. C'est du parti socialiste qu'il s'agit et de son ralliement au traitement sécuritaire des problèmes sociaux, sous l'égide de Lionel Jospin, lors du fameux colloque de Villepinte en 1997. Un aggiornamento qui n'a pas convaincu tous les militants socialistes, heureusement. Mais force est de constater que nombreux sont les élus du PS qui se sont ralliés depuis en ordre dispersé à la vidéo surveillance, sous le regard goguenard des droites.

Et comme tous les nouveaux convertis, ils en font une tonne pour tenter de transcender leur « renégatitude ». Tel Abdelhak Kachouri, vice-président socialiste du conseil régional d'Ile-de-France, qui, pour défendre le maire de Paris, fustige tout en finesse les adversaires du « plan 1 000 caméras » qui « s'opposent à la vidéosurveillance pour des questions idéologiques, mais être contre pour ça, c'est du délire aujourd'hui.

Quand vous retirez de l'argent, vous êtes filmés, quand vous prenez de l'essence, vous êtes filmés, quand vous allez sur l'autoroute, vous êtes filmés.

On est déjà filmé toute la journée, développer le système de vidéosurveillance n'est pas une atteinte à la vie privée, aux droits à l'image, c'est du pipeau de dire ça. Ceux qui le disent se cachent derrière des grands principes au lieu d'être pragmatiques pour traiter les problèmes ». (interview parue dans Libération du 21 décembre 2010). Et pan sur la tête des « droit-de-l'hommistes » !

Branle bas de combat dans les commissariats

Le Figaro, dans son édition du 20 décembre, nous conte l'entrée dans sa phase active du « plan 1000 caméras » avec « le lancement de travaux d'aménagement dans les 20 commissariats d'arrondissement de la capitale. Depuis quelques jours, écrit Jean-Marc Leclerc, on y passe des câbles, on vide des bureaux pour installer des murs d'écrans où seront projetées les images de nouvelles caméras, dont certaines à vision nocturne.

La moitié sera commandable à distance, à l'aide d'un minuscule joystick semblable à celui des consoles de jeu. » Les images pourront être conservées pendant un mois.

Le Figaro précise que « l'architecture du projet Gaudin va bien au-delà des 1000 caméras de rue annoncées ».

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Auteur : Jean-Pierre Anselme

Source : www.mediapart.fr