Je vous demande de désobéir - L'atelier

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Cette actualité a été publiée le 17/10/2011 à 19h09 par Kannie.


JE VOUS DEMANDE DE DÉSOBÉIR

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Je vous demande de désobéir

 

[...]

Beaucoup ont regretté que ce procès [à Colmar, les Faucheurs d'OGM] n'ait pas été retransmis en direct sur les ondes radios, cela aurait été l'occasion que le pays entier prenne définitivement fait et cause pour la critique de bio-technologie et du système productiviste qui va avec.

Seulement même les journaux locaux n'ont pas relayé la profondeur, la richesse et la diversité de ce procès. (DNA et L'Alsace appartiennent à qui ?). Mais un recueil des témoignages est en cours avec une touche des artistes et cela finira par ressortir en pleine faces.

A ce procès on a bien vu que ce tribunal était fermé, ça été comme un exutoire, tout le monde s'est vidé les tripes, des prévenus aux témoins lumineux jusqu'aux avocats engagés (il y en a encore heureusement toujours un peu, il se peut même que ces deux là aient des maillots de faucheurs sous leur «soutane», ce sont en quelque sorte des «avocats défroqués»). Ils ont donné le coup de grâce. [...]

Souvent l'avocat adverse a dû répéter que ce n'était pas le procès de l'INRA mais cela ne trompait personne. JP Berlan a fini son témoignage justement en affirmant que «l'INRA a trahi», c'est bien sûr plus grave que cela car c'est bien la France qui a trahi. Les chercheurs de l'INRA ont pris une gifle dont l'un d'ailleurs au dire de leur avocat a failli ne pas s'en relever et on s'en excuse ; ils ont pris pour les autres et c'est vrai que c'est un gâchis.

Ce gâchis nous le devons exclusivement aux membres du gouvernement, cette gifle leur était d'ailleurs adressée mais ils sont sans arrêt protégés par un cordon de CRS, trop lâches qu'ils sont pour affronter un réel débat public qui les ridiculiserait de toute façon car leur prévarication n'est plus à démontrer. (...)

Ils ne veulent voir que le côté "positif", ils se créent ou on leur inculque des schémas mentaux, des oeillères, de sorte qu'ils ne voient ou ne veulent pas voir que c'est peut-être légitime de vouloir connaître l'infiniment petit, le secret de la matière, du génome etc. mais ils sont prêts à brûler toute l'énergie de la terre pour cela. Le Cern par exemple consomme autant d'électricité que la ville de Genève et on ne parle même pas de la quantité de matières (pillée au Sud) gaspillée etc. et autres dangers.

Aveuglés par leur passion d'expériences, leurs "découvertes" ils ne veulent pas voir que dans l'ombre attendent des militaires, des industriels, des politiciens etc. toutes ces personnes que Einstein désignait comme moralement aveugles, bref des philanthropes qui vont faire des oeuvres de bienfaisance avec ces découvertes, des joujoux tel des bombes à uranium appauvri distribués «gratuitement» aux gosses de Gaza, Libye etc. [...]

Pareil pour Sakarov, un des pères de la bombe H russe, retourné et réprimé aussi a passer le reste de ses jours à dénoncer cette barbarie.

Ce dernier physicien biélorusse, de l'académie des sciences, était pronucléaire et avait même fabriqué une mini centrale portable PAMIR. Mais après Tchernobyl, il s'est aperçu de sa méprise et s'est retourné a été réprimé (a échappé à deux attentats). Il a fondé l'institut Belrad qui soigne les enfants de Tchernobyl où son fils continue l'oeuvre du père décédé en 2008 suite de sa contamination radioactive Clliquer ICI

Tout cela pour dire que les gens de l'INRA et autres scientifiques ont peut-être de nobles intentions, mais il ne faut pas isoler le gêne de l'humilité ou de l'esprit critique (qui ne court pas les pages de leur revue interne "cahier de l'environnement". Toutes les entreprises ont ce genre de torche fesse où il est écrit que tout va bien dans le meilleur des mondes, c'est du conditionnement, cela ne peut engendrer que des veaux).

Ils doivent se poser la question à chaque fois : «qu'est ce que cela va détruire si je "fabrique" cela ?, est-ce que cela va faire évoluer ou "involuer" l'humanité ?».

Et à partir du moment qu'ils travaillent sur une vigne OGM soit-disant résistante, ils travaillent indirectement pour Monsanto puisque Monsanto a déjà déposé un brevet, cela ne dépend plus d'eux, cela dépasse déjà «leurs champs d'action», leur "bulle". Ces firmes et ces financiers sont complètement imbriqués dans les États, ils les contrôlent.

[...] A Nuremberg n'a pas été jugé le fond du problème qui a engendré une telle barbarie. Le résultat se voit et se fait de plus en plus criant de nos jours ; faut-il être lâche, aveugle et idiot à ce point pour laisser quelques personnes accumuler autant d'argent et de pouvoir destructeur ?

Faut-il en être réduit à attendre que le môme attendu à l'Élysée soit mort née ou mal formé, en mauvaise santé suite au passage d'un nuage radioactif ou autre pollution industrielle lors de sa conception ? Pour que les hommes prennent enfin conscience ? [...]

«La mesure, née de la révolte, ne peut se vivre que par la révolte. Elle est un conflit constant, perpétuellement suscité et maîtrisé par l'intelligence. Elle ne triomphe ni de l'impossible ni de l'abîme. [...]»

Mesure et démesure, il sera temps peut-être le 14 octobre, jour du délibéré de mesurer la distance entre Colmar et... Moscou.

En attendant merci. Merci qui ? Merci Albert, merci Camus, merci Gandhi, merci merci.

Comme il n'y a pas eu de brevet déposé pour cette merveilleuse invention qu'est «la désobéissance civile et civique» qui depuis le temps de toute façon était tombée dans le domaine publique et c'est bien sa vocation, il se pourrait qu'elle nous évite cette guerre de tous contre tous que nous redoutons toujours.

Merci à tous, pour ce bref moment d'humanisme dans un «monde d'immondisme». C'était beau ; c'est bien la beauté que nous voulons voir et que nous voulons vivre.

A ce procès de Colmar, tous étaient tellement motivé qu'il y en a même un, pas plus «chaud» que les autres qui a terminé ses motivations adressées aux trois femmes juges, femmes donc sensées être infiniment plus respectueuses de la vie, par cette phrase :

"Vous avez vu déjà là, un bel échantillon, c'est bien la France qui vous demande justice. Je vous demande de désobéir."

Mesure et démesure, des mesures indiquent un peu partout qu'il est temps que les professionnels de la recherche, de la justice et autres corps obéissants «sortent du rang des meurtriers» et reviennent rejoindre la contestation populaire.

Ce n'est pas le conditionnement actuel qu'il y a dans les médias au sujet de cette farce d'élection 2012 qui changera grand chose. On prépare les gens à ce que rien ne change et ils mordent à l'hameçon prétextant «l'empire du moindre mal». Il n'y a pas d'opposition politique réelle dans ce pays, car jusqu'à maintenant la seule qu'il y ait eu un jour s'est fait massacrer.

 

Pour lire la totalité de cet article de J. Y. PEILLARD : ICI
 

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Auteur : Jean-Yves PEILLARD

Source : www.legrandsoir.info