Je suis l'oiseau, mon père était dinosaure et ma mère est en train de mourir de rire avant l'aube - L'atelier

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Cette actualité a été publiée le 27/05/2016 à 21h00 par colibrix.


JE SUIS L'OISEAU, MON PÈRE ÉTAIT DINOSAURE ET MA MÈRE EST EN TRAIN DE MOURIR DE RIRE AVANT L'AUBE

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Je suis l'oiseau, mon père était dinosaure et ma mère est en train de mourir de rire avant l'aube

 

Je suis l'oiseau.
Quand je vole, le vent glisse sous mes ailes.
Le chaud flux de l'astre ruisselle sur elles.
Je vous vois

Vous n'avez pour moi aucun regard.
Vous dîtes que le soleil brûle
avec ses langues de feu.
Chaque étoile brûle et leur éblouissement
vous jette dans le noir.

Je vous vois

Vous me faites peur

 

 

Je suis l'oiseau.

Vous n'allez pas me croire,
mais vous avez tué ma mère.

Ce n'est pas grave :
Elle connait le secret de la survivance.
Et elle reviendra pondre d'autres oiseaux,
d'autres moi.

Dans la tombe, elle vous regarde.
Vous ne la voyez pas.
Normal : des mains agiles l'ont enveloppée
dans un drap de terre et d'argile

 

 

Je suis invisible. Vous n'existez plus.
Vous n'êtes que des traces tenaces
et moi je suis bon pour l'asile.
Ne riez pas. Il est réellement impossible
de rire en de telles circonstances.
Sinon c'est la mort assurée

Il parait qu'un jour quelqu'un
de sexe indéterminé
a entendu le concert des étoiles.
Vous auriez tord de ne pas y croire.
Même si le doute rend plutôt libre.
Du moins en certaines époques de l'année

 

 

Dis bonjour au Monsieur.
Salue la dame en noir.
Offre lui une rose.
Tu seras socialiste, mon fils

De là-haut, je suis un oiseau, je vous vois.
Votre pays n'est plus qu'un tas de décombres.
Les fleurs qui y poussent sont des ombres
fabriquées de toutes pièces
par une imprimante 3D abandonnée
et que vous retrouverez un jour dans le fossé.

Je suis fou, vous vous en doutez.
Après cela, peut-être un ami viendra.
Mais ce serait tout de même étonnant
en ces dernières heures du calendrier

 

Papa

 

Je suis un oiseau docile et sauvage,
un oiseau paradoxal jeté gentiment en pâture
dans la nuit rauque des morts-vivants

 

Maman

 

Mes frères et mes soeurs

 

D'en haut, voici vos carcasses,
vos dépouilles entassées.
Dans ce vaste cimetière qu'est la Terre,
vous n'avez plus besoin de lotion anti-poux.
Plus besoin de savonnettes
voire de déodorant sous les bras.

Vos bras, vous les avez laissés ballants.
Quand, sous vos yeux de jadis,
les gens se faisaient dépecer
dans les couloir d'un métro interminable,
vous, vous contourniez la scène de crime
sans mot dire. Vous aviez peur
et chacun faisait dans sa culotte.
Vraiment, ça sent si mauvais dans le métro

 

Vu d'en haut, vestiges des demeures
des derniers demeurés

 

Je suis un oiseau, un simple oiseau.
Je vous vois. J'ai peur. Vos demeures.
A la bonne heure !

 

 

Vous faites peine. C'est triste d'en haut
quand on est un oiseau, quand son père est un dinosaure
et que sa mère est en train de mourir.
En bas, au menu : grillades de volatiles.
N'essayez pas de vous échapper de l'enfer carcéral
de vos prisons neuronales.
Vous risqueriez un plus grand naufrage encore.
Et pas de pitié pour les suppôts !

Le jour où on vous l'interdira,
vous irez sur la Lune, là où la poussière
est aussi grise que vos lambeaux d'âmes et de chairs
tout juste bonnes à langer les anges
avant qu'ils deviennent vous.
C'est à dire rien d'autre que des bouts de rien
qu'on empile les uns sur les autres

 

 

N'oubliez surtout pas d'aller chaque week end
au Mammouth le plus proche.
Là où l'on vend les rêves d'un monde
pas forcément meilleur, mais
plus vraisemblablement pire

N'oubliez ni le guide.
Ni la caissière automatique.
N'oubliez pas de faire vos besoins,
si possible au garde à vous,
sous peine de vous faire dévorer tout nu
par l'adjudant de mes fesses

 

 

Si vous avez perdu la voix,
empruntez la première bretelle d'autoroute
qui vous tombe sous la main,
en direction de votre destin.

Rien. Il ne restera rien
de votre civilisation mercantile,
rien que des asticots
pour nous nourrir,
nous les oiseaux libres,
nous les habitants habités

Si pour vous, c'est ça la vie,
autant réintégrer le ventre
de votre mère à l'agonie. Si possible
à une vitesse supérieure à celle de la lumière (1)
Vous lui rendrez un de ces services

 

 

O mais il est l'heure
d'aller se lever ;o)

 

(1) Vitesse de la lumière dans cet univers-ci :
299.792,45898 kilomètres par seconde dans le vide absolu

 

Pour lire la suite, cliquer ICI - Oui ICI
Si vous le pouvez

 

PS : Quelqu'un pourrait-il me passer son stylo ?

 

 

Fragment d'un rameau d'Olivier, publié par
Demain l'homme ex SOS-planete

 

Président, écoute la voix des jeunes dans la rue,
pour ne pas être -comme toi-même- bientôt à la rue

 

 

 


 

 

 

 

 





Auteur : Olivier - terresacree.org

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