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James Hansen préconise une taxe mondiale sur le carbone - Le Vrai d'UFO's ;o)

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Cette actualité a été publiée le 19/05/2010 à 01h09 par Lo.

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James Hansen préconise une taxe mondiale sur le carbone

Le célèbre climatologue américain James Hansen, auditionné par la Commission du développement durable de l'Assemblée nationale, a démystifié « les contrevérités qui rassurent » des climatosceptiques et en a appelé à un sursaut des politiques.

"Il y a les vérités qui dérangent et les mensonges qui rassurent". C'est sous cet angle lapidaire que James Hansen, climatologue américain, directeur du Goddard Space Institute de la NASA et activiste à l'origine de la campagne internationale ''350'' (1), a entamé sa présentation devant les députés de la Commission du développement durable, le 12 mai à l'Assemblée nationale.

Parmi les contrevérités visant à ''discréditer'' la science du climat, il y a celle selon laquelle la vague de froid de l'hiver dernier prouverait que la planète ne se réchauffe pas. James Hansen a souligné qu'au contraire, ces grands froids illustrent un changement important dans la direction des vents : ''lorsqu'il y a une pression élevée en Arctique, cela créé des hivers froids à des latitudes médianes''.

Dans un article en cours de soumission à la Review of Geophysics, il démontre que les variations de températures, aux Etats-Unis et en Europe, sont dues à l'oscillation arctique, mais que le réchauffement demeure une tendance de fond qui se confirme : l'année 2009 aura été la deuxième année la plus chaude en moyenne sur le globe depuis 1880. Aux Etats-Unis, 8 des 10 derniers hivers et 8 des 10 derniers étés auront été plus chauds que la moyenne observée entre 1951 et 1980.

Puis il revient sur ''l'erreur himalayenne'' du quatrième raport du GIEC (2007). Incontestablement, le GIEC a commis l'erreur de pronostiquer d'ici à 25 ans la disparition des glaciers himalayens. Reste que, selon le climatologue, ''les glaciers sont en train de disparaître rapidement. Une fois ces glaciers disparus, ce sont les rivières qu'ils nourrissent qui risquent de se tarir'' . En témoigne, clichés à l'appui pris en 1968 et en 2007, la fonteomplète, entre ces deux dates, de la face nord du plus grand glacier du Mont Everest, le Rongbuk.

L'affaire des courriels détournés du climategate selon laquelle des scientifiques de l'université d'East Anglia auraient cherché à dissimuler des données minorant l'influence de l'activité humaine sur le climat est pour M. Hansen un non événement : ''Il n'y a pas de dimension cachée dans la communauté scientifique. Les programmes informatiques sont disponibles à tous !'' La science du climat n'est donc pas discréditée, au contraire : ''le changement de la température globale, le recul des glaciers, le déséquilibre énergétique de la planète confirment le diagnostic global''.

Selon James Hansen, le problème n'est donc pas d'ordre scientifique, mais relève du fossé entre ce qui est compris par les scientifiques et ce qui est su par le grand public. Le climatologue suggère aux académies nationales des sciences de relayer auprès des citoyens le diagnostic de la communauté scientifique et l'urgence de prendre des mesures de réduction des émissions.

Donner un prix mondial au carbone

''La réalité, c'est que les gouvernements font l'autruche : on construit des centrales à charbon, on exploite les sables bitumineux, on extrait chaque dernière goutte de pétrole : tant que les combustibles fossiles resteront la source d'énergie la moins chère, les gouvernements la rechercheront''
, martèle-t-il devant les parlementaires français. Il y a un ''gouffre énorme'' entre la rhétorique et la réalité : les intérêts des fossiles sont protégés, dans un contexte de désinformation et de ''greenwashing'' gagnant. Et ce n'est pas la technologie du CCS (séquestration du CO2) qui répondra au problème : trop coûteuse et énergivore, elle est vouée à l'échec, selon M. Hansen.

Dans son dernier ouvrage, Storms of my Grandchildren (2), James Hansen lance une nouvelle alerte sur ''la catastrophe climatique à venir et notre dernière chance pour sauver l'humanité''...

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Agnès Sinaï


Source: www.actu-environnement.com

1 - 350 ppm désigne la teneur atmosphérique globale de CO2 à ne pas dépasser. Selon les recherches de M. Hansen et selon le GIEC, au-delà de ce seuil, l'acidification des océans et la dégradation des coraux, la fonte de la calotte arctique et la perturbation du régime des grands fleuves, la modification de la répartition des zones climatiques vont se poursuivre et déclencher des points de non retour. M. Hansen estime que le maintien de la civilisation dépend de ce seuil de 350 ppm.

2 - Storms of My Grandchildren: The Truth About the Coming Climate Catastrophe and Our Last Chance to Save Humanity, Bloomsbury, décembre 2009.

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