J. Leonetti : "la découverte des cellules souches adultes fait disparaître certaines problématiques - #WikiSurTerre

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Cette actualité a été publiée le 19/02/2010 à 16h23 par Tanka.


J. LEONETTI : "LA DÉCOUVERTE DES CELLULES SOUCHES ADULTES FAIT DISPARAÎTRE CERTAINES PROBLÉMATIQUES

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J. Leonetti : "la découverte des cellules souches adultes fait disparaître certaines problématiques

Jean Leonetti : "la découverte des cellules souches adultes fait disparaître certaines problématiques éthiques"

Médecin et député, Jean Leonetti a notamment présidé la mission d'information sur la révision des lois de bioéthique, qui a remis son rapport le 20 janvier 2010. Il revient sur ses préconisations en matière de cellules souches.

L'utilisation des cellules souches est aujourd'hui régie par la loi du 6 août 2004 relative à la bioéthique. Pouvez-vous en rappeler les grandes lignes ?

La loi de 2004 s'inscrit dans la continuité d'une loi de juillet 1994. Si elle pose un principe général d'interdiction de la recherche sur l'embryon, elle autorise toutefois une recherche encadrée sur des embryons surnuméraires - et, partant, sur les cellules souches embryonnaires. Cette autorisation est toutefois donnée pour une durée limitée à cinq ans, la loi devant être réexaminée à l'issue de ce délai.

Des évolutions notables se sont produites depuis six ans. Le débat sur le clonage thérapeutique qui avait prospéré en 2004 s'est aujourd'hui nettement tassé. Et de leur côté, les retombées pour la thérapie cellulaire des recherches sur les cellules souches embryonnaires n'ont finalement pas été à la hauteur des espoirs formés à l'époque. Un certain nombre de développements cancéreux ont en effet été constatés, qui ont stoppé une partie des recherches.

Par ailleurs, la découverte des cellules souches adultes fait disparaître un certain nombre de problématiques liées spécifiquement aux cellules souches embryonnaires, en particulier éthiques.

Vous avez présidé la mission parlementaire d'information sur la révision des lois de bioéthique. Quelles sont, en matière de cellules souches, les principales conclusions du rapport qu'elle a rendu public le 20 janvier dernier ?

La mission propose, d'une part, de donner un caractère définitif aux dérogations. Maintenir l'obligation de réviser la loi tous les cinq ans perpétuerait en effet l'incertitude qui pèse sur les équipes de recherche, qui ne sont pas assurées de pouvoir continuer leurs travaux en toute quiétude. Certains pourraient même être incités à ne pas en lancer de nouveaux.

D'autre part, elle précise les critères encadrant la recherche sur l'embryon. La loi de 2004 limite le champ de celle-ci à une finalité "thérapeutique". La mission propose de considérer à l'avenir toute finalité "médicale", élargissant ainsi le spectre d'action laissée aux chercheurs.

Enfin, le dernier alinéa de la proposition 44 du rapport propose de "ne pas retenir la condition limitant les recherches à celles qui ne peuvent pas 'être poursuivies par une méthode alternative d'efficacité comparable, en l'état des connaissances scientifiques'". En clair, ne pas empêcher des expérimentations qui ne seraient réalisables que sur l'embryon - sans passer auparavant par un modèle animal, comme cela se fait d'ordinaire dans la recherche en sciences du vivant.

Pourquoi continuer de prôner l'interdit avec dérogations, et ne pas avoir opté pour l'autorisation sous conditions ?

Le maintien de l'interdit est en pleine cohérence avec le reste du droit français qui, traditionnellement, pose des interdits, au besoin aménagés par des dérogations. Ainsi de l'avortement, dont les conditions sont prévues par la loi Veil de 1975. Et dont l'article 1er prévoit : "la loi garantit le respect de tout être humain dès le commencement de la vie. Il ne saurait être porté atteinte à ce principe qu'en cas de nécessité et selon les conditions définies par la présente loi". La mission n'a donc pas voulu sortir des usages habituels de la France en matière juridique.

Elle a par ailleurs voulu conserver un aspect symbolique fort. Même si la loi de 2004 est laïque, elle n'en conserve pas moins une vision spirituelle de l'existence. Il faut en outre se rappeler que cette loi a été faite à l'initiative de Jean-François Mattei lorsqu'il était ministre de la Santé, un homme qui ne cachait pas ses convictions religieuses.

Quelles prochaines étapes pour la révision de la loi de 2004, après la publication du rapport de votre mission ?

Le rapport de la mission parlementaire vient après de nombreux autres. Notamment ceux rendus par le Comité consultatif national d'éthique, l'Agence de la biomédecine et l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifques et technologiques. A quoi il faut ajouter les travaux conduits par le Conseil d'Etat et les conclusions des forums des Etats généraux de la bioéthique.

Roselyne Bachelot, la ministre de la Santé, semble être en accord avec les conclusions de la mission que j'ai présidée.

PAR MARIANNE BLIMAN - Source : lesechos.fr


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Information recueillie par Tanka

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