Italie : Pô (llution) nocturne - L'atelier

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Cette actualité a été publiée le 02/03/2010 à 20h42 par Michel95.

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Italie : Pô (llution) nocturne

La marée noire sur le Pô semble endiguée, mais la peur demeure et des questions restent en suspens.

Cui bono ?

Le Pô court sur plus de 650 km, d'ouest en est de l'Italie.

Seize millions de personnes le voient passer chaque jour, tandis que se concentre sur ses rives près d'un tiers de l'industrie et de la production agricole du pays.

Ce fleuve compte 141 affluents, dont le Lambro, celui par qui le malheur est arrivé.

L'heure du crime : 3 h 30, la nuit du 22 au 23 février.

Trois silos de l'ex -raffinerie Lombarda Petroli vomissent leurs tripes d'hydrocarbures, au moins 2500 m3 dans les égouts de Villasanta, localité lombarde proche de Monza, la ville au circuit de Formule 1.

A la station d'épuration de Monza, vers 7 h 30, on se rend compte d'une présence importante de pétrole.

Ce n'est que vers 8 h 30 que la Lombarda Petroli aurait averti la protection de l'environnement de la pollution en cours : cinq heures après le début des faits.

Il est près de 11 h 30 quand les valves des silos sont finalement fermées par les techniciens de la raffinerie, aidés par les pompiers.

Trop tard.

A 10 h 25, la centrale de la protection civile reçoit la nouvelle que le Lambro est infecté.

A midi, Milan voit les premières traces de pollution.

Les secours s'activent sur le Lambro.

Des barrières mobiles de bouées tentent de freiner la marée noire.

Vers 14 h, l'ordre est donné de contenir la pollution à Melegnano : l'écluse est fermée.

A 17 h, les champs sont inondés.

On ne peut plus retenir la tache.

Douze camions- citernes ne suffisent pas à gérer les dégâts occasionnés sur les rives.

L'écluse est rouverte.

Inéluctablement, la nappe descend jusqu'à la région de Piacenza, polluant le Pô.

Jeudi après-midi, elle se trouvait à hauteur de Parme, à 200 km de son origine.

Malgré les barrières mobiles, toutes les bonnes volontés, la pollution a rejoint le delta du Pô et atteint ce week-end l'Adriatique.

Il y a bien l'odeur, un peu, et des reflets huileux, mais pas la marée noire.

Ce qui n'est tout de même pas pour rassurer les habitants de Goro où 90 % des habitants vivent du poisson ou des palourdes

Peu d'images d'oiseaux mazoutés, de bancs de poissons flottants, se félicite Legambiente, la principale organisation de protection de l'environnement italienne.

Mais la peur est là.

Dans une vingtaine de jours, on saura si moules et palourdes ont été atteintes.

"Pour l'instant", pas de trace de pollution dans les nappes phréatiques, dit le sulfureux chef de la protection civile italienne, Guido Bertolaso.

Tout est sous contrôle.

Ou presque.

Le 27 février, on signalait dans le Lambro, d'autres taches suspectes.

La pollution pourrait ainsi avoir incité à de nouvelles exactions.

Les laboratoires de la protection de l'environnement ont quant à eux balayé la rumeur qui courait ces dernières heures : "Il n'y a pas de chlorure d'éthylène dans le Pô."

Les communes du delta pourraient par conséquent, dès ce mardi, lever l'interdiction d'usage alimentaire de l'eau.

L'eau a beau avoir coulé sous les ponts, diluant le Pô maculé, des zones d'ombre persistent.

Il aura en effet fallu cinq heures à Lombarda Petroli pour signaler la "fuite".

La raffinerie détenait qui plus est davantage d'hydrocarbures que déclarés, ce qui lui permettait d'avoir un dispositif de sécurité moins contraignant.

Pour finir, les trois valves des citernes, il a bien fallu les ouvrir.

D'après les premiers éléments de l'enquête, au moins trois personnes expertes étaient nécessaires.

Mais qui ?

Et pourquoi ?

Les hypothèses vont tous azimuts : d'anciens employés mécontents ou, pourquoi pas, suprême ironie, le projet "Ecocity".

Près de 172000 m2 de bureaux, commerces et habitations durables devaient en effet remplacer la raffinerie décrépite, mais un manque de liquidités a ralenti l'affaire.

Il en est pour suspecter qu'une pollution aurait pu lever quelques barrières urbanistiques.

D'autres pour penser que la'ndrangheta aurait utilisé ce moyen pour faire passer un quelconque avertissement.

L'enquête commence seulement.

Source : Bruno Fella - Lalibre.be

Info recueillie par Michel95

 

Pour en savoir plus sur la situation planétaire

 

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