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Cette actualité a été publiée le 30/07/2011 à 00h37 par Tanka.


ISRAËL : LA GROGNE DES "INDIGNÉS" MONTE

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Israël : la grogne des "indignés" monte

 
Les "indignés" investissent un quartier huppé du centre-ville de Tel-Aviv. Des tentes ont été érigées cette semaine par des étudiants.

Depuis presque deux semaines, de jeunes Israéliens investissent le boulevard de Rothschild de Tel-Aviv. Indignés devant la hausse vertigineuse des prix du logement, des étudiants israéliens ont érigé un village de tentes au coeur de ce quartier cossu de Tel-Aviv. A l'instar des Espagnols, les jeunes Israéliens ont choisi d'investir la rue pour manifester leur colère et lutter pour des logements décents à des prix tout aussi décents.

La contestation, toujours en cours, a atteint son paroxysme samedi dernier avec 25 000 personnes descendues dans les rues de Tel-Aviv, à la grande surprise du gouvernement qui avait tablé sur le pourrissement du mouvement. "Ce n'est qu'un début. Il nous reste la rue et la lutte continue", affirme Haïm Nahon, 32 ans et père de deux enfants à Jérusalem. Le mouvement s'est étendu à la vieille ville. Non loin des remparts, Haïm a installé sa tente, près d'une trentaine de tentes dressées sur le gazon au pied des murailles.

Crise du logement: symptôme d'une classe moyenne qui s'appauvrit?

Pour beaucoup, les prix de l'immobilier ne permettent plus d'acquérir un logement ou de se loger tout simplement. En un an, le prix du logement a bondi de 32% à Tel-Aviv et de 17% à Jérusalem et "c'est une tendance globale dans le pays", indique Elie Melloul, un agent immobilier.

Pour une famille, le budget alloué au logement atteint facilement 5000 shekels (1000 euros) par mois, dans un pays où le coût de la vie ne cesse d'augmenter. Le salaire mensuel moyen par foyer est établi à 5560 shekels, à peine un peu plus, selon des chiffres de l'OCDE dans le Jerusalem Post. Autre donnée de comparaison: le salaire minimum vient d'être réévalu à 4100 shekels (820 euros).

La rareté du logement surprend dès lors qu'on prend connaissance du parc immobilier évalué à 150 000 logements inoccupés, selon l'AFP. Les disparités sociales deviennent de plus en plus visibles et contestées depuis quelques années. Et la grogne gagne l'opinion, en demande de justice sociale et d'un système politique moins corrompu. Des réclamations qui rappellent en partie celles entendues sur la place Tahrir en Egypte et la place Puerta del Sol à Madrid.

Le ton monte également dans les médias qui dénoncent les "investissements faramineux" de l'Etat dans les colonies de Cisjordanie, au détriment des infrastructures en Israël.

Selon le quotidien Haaretz, il ne s'agit pas seulement d'une fronde contre les prix élevés mais également l'occasion de dénoncer les abus de pouvoir des propriétaires, pour lesquels tout espace devient exploitable. Les propriétaires en deviennent même intrusifs. Certains exigent de savoir presque tous les détails sur leurs potentiels locataires avant la remise des clés: âge, orientation sexuelle, et demandent même si le locataire est végétarien, végétalien, carnivore- et si oui, casher ou non casher. Une mauvaise réponse peut coûter la location, conclut le quotidien.

Netanyahou sort du silence

Dès le mois de juin, des révoltes avaient éclaté contre la hausse du prix du carburant et à la flambée des prix du fromage blanc, un aliment central pour les classes les plus modestes.

En annulant sa visite à Varsovie ce mardi, le Premier ministre Benyamin Netanyahou a enfin pris la mesure de la contestation en sortant du silence. Il a donc tenu ce mardi une conférence de presse pour annoncer un plan pour améliorer les conditions de logements pour les jeunes étudiants et les jeunes couples.

Face à la croissance économique évaluée à plus de 5% cette année, une partie de la classe moyenne israélienne ne se reconnaît pas dans ce "bon chiffre". Ce qu'ils retiennent, c'est leur appauvrissement.
 

Un article de Nadéra Bouazza, publié par L'express
 

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Auteur : Nadéra Bouazza

Source : www.lexpress.fr