Isabelle Autissier: "L'écologie est parfois un combat décourageant" - #WikiSurTerre

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Cette actualité a été publiée le 30/04/2010 à 15h37 par Tanka.


ISABELLE AUTISSIER: "L'ÉCOLOGIE EST PARFOIS UN COMBAT DÉCOURAGEANT"

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Isabelle Autissier: "L'écologie est parfois un combat décourageant"

Que comptez-vous faire au WWF France?

Essayer d'être une bonne présidente. Ce qui veut dire bien faire son boulot. Cela passe par l'animation de conseils de réflexion, l'encouragement des équipes qui travaillent -sans faire le boulot à leur place- être partie prenante des débats à haut niveau, au côté du directeur général notamment. En gros, veiller à ce que la ligne de conduite globale de la fondation soit bien comprise et respectée par tous.

C'est un gros engagement personnel, surtout en terme de temps. Cette fonction, bénévole, va me prendre environ une journée complète par semaine.

Il y a quelques jours, le conseil des biotechnologies estimait la culture du maïs OGM Bt11 acceptable, qu'en pensez-vous?

Clairement, en France, nous refusons la culture des OGM et ce n'est pas discutable. D'autant que nous n'en connaissons pas les impacts à long terme. Il faut arrêter de vouloir jouer aux apprentis sorciers sous prétexte de vouloir nourrir le monde. Surtout qu'on sait pertinemment que les OGM ne nourriront pas la planète et qu'en plus de cela, ils favoriseront l'utilisation des pesticides.

Et au niveau mondial, quelle est la position de WWF à ce sujet?

Mon accession au poste est trop récente pour que je puisse en parler en connaissance de cause. Disons que le WWF mène des batailles à l'internationale d'une même voix mais qu'ensuite, chaque entité possède sa propre liberté.

Quels sont les grandes étapes à venir?

La loi Grenelle II et la PAC arrivent bientôt. Nous travaillons évidemment sur ces sujets d'actualité, définis par le calendrier politique. Mais il ne faut pas oublier que notre travail est avant tout un travail de fond qui consiste à accompagner en permanence la population, les politiques sur la question "Comment on fait pour changer?".

Quel sujet vous tient particulièrement à coeur?

On me pose souvent cette question. Bien sûr le maritime, dont le Grenelle de la mer, me tient à coeur. Parce que ce sont des domaines que je connais bien et que je suis en permanence.

Que pensez-vous de la montée actuelle de "l'écolo-scepticisme" en France?

Nous sommes inquiets, forcément. On est déjà dans une course de vitesse qu'on est loin d'avoir gagnée et il est agaçant de devoir sans cesse revenir sur des choses actées.

C'est un combat parfois décourageant mais il ne faut pas se laisser avoir par cette impression. Même si le chemin est encore long et que les gens malhonnêtes n'aident pas.

A qui pensez-vous?

A Claude Allègre par exemple. Tout le monde est au courant de sa façon d'agir. Personnellement, je trouve la controverse scientifique bonne, il en faut. Mais se servir d'éléments malhonnêtes pour passer à la TV...

Cela vous fait-il peur?

Ce dont j'ai le plus peur, c'est que la réalité nous donne raison. Et je crois que c'est ce qui est en train de se passer. Quand on voit la réalité de cet hiver...

Je pense juste qu'il est dommage d'attendre d'avoir mal pour agir. Quoi qu'il en soit, j'espère que le débat de fond continuera.

Il est dommage d'attendre d'avoir mal pour agir

Qu'est ce qui vous a mis en colère ces derniers temps?

Le dossier de l'éolien par exemple. On voit qu'on essaye de faire le contraire de ce qui était prévu, on souhaite faire voter seulement de grosses installations ce qui n'est pas l'intérêt de cette énergie-là.

Connaissez-vous Jean-Louis Borloo et Chantal Jouanno? Pensez-vous pouvoir travailler correctement avec eux?

J'ai croisé Chantal Jouanno une fois, brièvement. J'ai par contre été reçue par Jean-Louis Borloo en tant que nouvelle présidente du WWF France. Je ne les connais pas personnellement, on n'a pas gardé les vaches ensemble! Mais j'ai une plutôt bonne impression.

Ce sont des gens convaincus de l'importance et du sérieux du sujet que nous défendons. Et même si on n'est pas forcément d'accord sur tout, je suis persuadée qu'on peut bien travailler ensemble.

Quelle a été votre réaction lors de l'annonce de Nicolas Hulot de suspendre sa participation au Grenelle?

Il avait ses raisons, il les a expliquées. Nous on va rester. On n'a pas de raison de partir aujourd'hui. On va également suivre de près la loi Grenelle II et on se posera la question de remettre en cause notre appartenance au moment du bilan.

Nous avons d'ailleurs écrit une lettre aux députés avant-hier sur le sujet afin de bien attirer leur attention sur le fait que les associations seront vigilantes. Quand on lit le discours du président de la République au sortir des débats du Grenelle, les choses semblaient claires, mais aujourd'hui....

Par Elodie Bousquet - Source : lexpress.fr


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Information recueillie par Tanka

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