INTERVIEW Réchauffement climatique : "La solution, c'est d'augmenter le coût du CO2" - #WikiSurTerre

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Cette actualité a été publiée le 13/05/2010 à 19h25 par Tanka.


INTERVIEW RÉCHAUFFEMENT CLIMATIQUE : "LA SOLUTION, C'EST D'AUGMENTER LE COÛT DU CO2"

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INTERVIEW Réchauffement climatique : "La solution, c'est d'augmenter le coût du CO2"

James Hansen, climatologue américain directeur de l'institut Goddard d'études spatiales de la NASA, est l'un des premiers à avoir souligné l'origine humaine du changement climatique. Il était mercredi 12 mai de passage à Paris, où il s'est exprimé devant la commission développement durable de l'Assemblée nationale.

Le climatologue américain James Hansen, également directeur de l'institut Goddard d'études spatiales de la NASA, était mercredi 12 mai de passage à Paris. il s'est exprimé devant la commission développement durable de l'Assemblée nationale.

Déplorant le regain d'audience des climato-sceptiques, il a critiqué le manque de courage politique des gouvernements. Il a également expliqué pourquoi une taxe mondiale sur le carbone serait plus efficace que le système de "cap & trade" instauré par le protocole de Kyoto et refusé par plusieurs acteurs économiques majeurs, dont les Etats-Unis et la Chine. Et a affirmé que les solutions existent.

Sur les climato-sceptiques

"On observe un fossé de plus en plus large entre le niveau des connaissances scientifiques concernant le réchauffement climatique et la perception qu'en a l'opinion publique. Cela est dû à un été frais suivi d'un hiver rigoureux dans l'hémisphère Nord et à la médiatisation autour d'erreurs minimes relevées dans les travaux du GIEC (le groupe intergouvernemental des experts du climat). En réalité, au niveau mondial, ces dernières années ont été parmi les plus chaudes.

Quant à l'université East Anglia (médiatisée en raison de mails entre chercheurs rendus publics au moment de Copenhague, affaire baptisée "climate gate"), il faut savoir que les données rassemblées par cet institut sont accessibles à tous. Si elles concluaient à l'absence de réchauffement climatique, vous pensez bien que les climato-sceptiques se seraient empressés de le faire savoir, or il n'en a rien été.

C'est incroyable que les media laissent croire à l'opinion que les tenants du réchauffement et leurs opposants sont aussi crédibles les uns que les autres. Les climato-sceptiques ne s'expriment pas comme des scientifiques mais comme des avocats. Ils ne communiquent que les résultats qui apportent de l'eau à leur moulin. On fait des gorges chaudes d'erreurs minimes du GIEC mais personne ne songe à relever les contradictions grossières de leurs opposants. Les medias ne font pas correctement leur boulot. Mais nous, scientifiques, devons aussi nous exprimer plus.

En effet, il est essentiel que les populations comprennent ce qui ce passe, car ce n'est que la pression de l'opinion qui peut faire bouger les dirigeants politiques et les conduire à un changement de modèle de société, ce qui est inconfortable."

Sur la situation actuelle

"La réalité, c'est que le climat se réchauffe depuis un siècle et singulièrement depuis 30 ans.

Pour éviter de dépasser un point de non retour, il faudrait revenir à une proportion de CO2 dans l'atmosphère de 350 mpp (millions de particules par partie), sachant qu'elle est actuellement de 390 mpp. Ce constat a des implications pratiques : nous ne pouvons pas brûler tout le charbon de la terre, ni tous les combustibles non conventionnels tels que le pétrole issu des sables bitumineux, ni même jusqu'à la dernière goutte de pétrole disponible dans les régions polaires, les océans, etc.

Et pourtant c'est précisément ce que l'on fait aujourd'hui, en s'abritant derrière le mirage du "charbon propre" et en poursuivant l'exploration pétrolière.

Nous sommes actuellement engagés sur une voie qui mène à un point de non retour en matière de changement climatique, synonyme d'injustice intergénérationnelle. Et nous ne pouvons pas prétendre que nous ne comprenons pas ce qui est en train de se passer."

Sur les gouvernements

"En ce moment, les intérêts financiers dominent, et les gouvernements n'agissent pas comme ils le devraient en faveur de l'intérêt général. Ce sont eux qui autorisent que se développe le scepticisme actuel qui permet à certains d'affirmer que le réchauffement climatique est un canular. Ils n'ont qu'à commander des rapports aux académies des sciences. Cela prouverait aux yeux de tous que le réchauffement est réel, que l'homme en est largement responsable et que nous devons modifier nos comportements.

Mais il y a un manque de volonté politique car c'est difficile d'exiger de nos concitoyens un changement de leurs comportements. Aujourd'hui, l'opinion publique n'a pas conscience qu'on s'approche d'une crise, qu'on est dans une situation d'urgence."

Plafonner les émissions ou donner un prix au carbone ?

"Il est évident qu'il est impossible de plafonner les émissions de CO2 à un niveau mondial.

Par Dominique Pialot - Source : www.latribune.fr


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