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Cette actualité a été publiée le 30/01/2011 à 14h52 par Tanka.


INTERNET: LA RÉPONSE EST NON, MAIS QUELLE EST LA QUESTION ?

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Internet: la réponse est non, mais quelle est la question ?

Hier deux réponses contradictoires étaient données à la question « peut-on éteindre l'Internet« . D'un coté les partisans du NON, dont je fais parti, lors d'une conférence, organisée par l'Epitech. De l'autre, malheureusement, la réponse qui semble avoir été donnée par l'Egypte.

Je n'ai pas l'adresse d'un flux où vous pourriez revivre la séance, mais dans l'ensemble, nous avons (Benjamin Bayart, Président de FDN, Tangui Morlier, Président de l'April et moi, ainsi que Cédric Ingrand qui ne nous a pas opposé une grande résistance dans son questionnement ;-)) été parfaitement d'accord.

On ne peut pas éteindre l'Internet.

(précision) ... ou du moins il est impossible de l'éteindre DURABLEMENT, COMPLETEMENT et PARTOUT. Point le temps ici d'exposer tous les arguments, mais vous en saurez plus ici. En un mot, l'Internet : C'EST NOUS. On peut suffisamment nous abimer pour nous empêcher de parler, mais pas durablement nous supprimer le droit de penser.

Les évènements d'Egypte sont remarquables, mais aussi ceux de Tunisie et de bien d'autres endroits. Dès qu'un gouvernement a un problème « avec son peuple », l'Internet trinque.

La Tunisie doit rester dans nos souvenirs avec son célèbre Amar404 et franchement ... cette honte absolue aurait dû être connue du plus grand nombre. Le silence quasi général m'interpelle.

En fait l'Internet est un formidable révélateur :

* Révélateur du degré d'infantilisation d'un gouvernement sur « son » peuple.
* Mais surtout formidable révélateur de la valeur démocratique d'un gouvernement.

En effet, que penser d'un gouvernement qui empêche son peuple d'ECHANGER ensemble ... ce qui est la base de notre vie. L'homme n'est pas fait pour vivre seul et/ou communiquer avec personne. L'échange (marchand ou non, tarifé ou non) est la base même de la création de valeur et de la notion d'UTILITE de tout individu.

Que penser d'un gouvernement qui s'arroge (correction de ma part, clavier a fourché) le droit de « voir » tout ce que l'on dit et qui plus est censure ce qui ne lui convient pas, parfois en dehors de toute constitution, loi ou même simple bon sens ?

Que penser d'un gouvernement qui utilise des méthodes de voyous, consistant à favoriser des échanges chiffrés, sous son contrôle, pour mieux connaître ses opposants ? ... certains y ont perdu leur vie et beaucoup leur liberté.

Mes propos sont à mettre à la lumière de ce que certains « démocrates » veulent faire dans notre pays, en utilisant un mécanisme au but initial louable et noble consistant à tenter de lutter contre la pédopornographie. En effet, le jour où nous aurons installé, au coeur des infrastructures de nos opérateurs de télécommunications, un moyen de juger qui a le droit de faire quoi et avec qui ... les risques sur notre démocratie ne sont-ils pas infinis ?

La diffusion n'est-elle pas un sous-ensemble des télécommunications ? au nom de quoi les règles particulières de l'une devraient s'imposer au tout ?

Le risque n'est-il pas très grand, de transformer nos opérateurs en télédiffuseurs ... dont je ne nie pas l'utilité pour cette dernière, mais dont je conteste le rôle structurant unilatéral. Les télécommunications, depuis l'erreur historique de Graham Bell, (qui pensait lui aussi, à la base, télé-diffuser ... et qui s'est planté, comme JM Messier), ne sont-elles pas un droit essentiel, qui impose de DEVOIRS A TOUS ?

Je ne fais que redire ce que j'ai maintes fois dit et je ne suis pas seul, mais ...

A refuser les moyens intelligents de filtrage dont j'ai déjà parlé et dont nous avons reparlé à l'Epitech (fait notable, quand on me laisse l'expliquer correctement : PERSONNE N'A PORTE CONTRADICTION ... alors que le public était de choix (lire érudit) ... n'ouvrons nous pas la porte aux deux plus belles erreurs d'un réseau moderne à l'échelle d'un pays :

* l'inspection généralisée, systématique, la fouille au corps de tous nos échanges,
* ou peut être pire ... le relayage applicatif de nos communications par le ministère de l'Intérieur ?

Honnêtement, cette vision du monde m'inquiète et je comprends ceux qui disent vouloir fuir ces méthodes ou parfois même sont tentés de passer du côté radical de la force. Etant par essence démocrate, je ne passerais pas dans ce dernier extrême, qui serait l'aveu de notre échec et que la voie « légale » et « raisonnable » est sans issue.

Mais revenons à la question et donnons une réponse au gouvernement Egyptien ... qui pourrait nous apporter contradiction, en ayant « éteint » l'Internet hier chez lui.

NON, on ne peut pas éteindre l'Internet.

Oui, vous faites une terrible erreur en vous y attaquant ... car cela ne fera que précipiter l'inéluctable ... la pression du peuple ne pourra plus s'évacuer. On ne musèle plus celui qui a appris à parler.

Oui, même sans réseau de télécommunications « physique », l'Internet peut fonctionner. (voir Haïti ou les pires catastrophes des 20 dernières années ... l'Internet a toujours été le plus résilient des moyens de communication et a permis d'organiser les réponses humanitaires et de recréer du lien social)

Oui, sans réseau téléphonique des opérateurs nationaux, sans ADSL, sans fibre, l'Internet peut fonctionner. L'Internet passe partout ... par téléphone satellite, par les radios amateurs ... par pigeon voyageur.

Oui, un gouvernement qui veut modifier la nature même de l'Internet en l'asservissant à des fins plus ou moins avouables est un gouvernement coupable. Mais OUI, il doit être ECLAIRE pour qu'il devienne un gouvernement RESPONSABLE.

Oui, un jour, les gouvernements comprendront qu'ils n'ont pas à aider le secteur marchand à « abimer » l'Internet ... l'Internet c'est nous. Nos intérêts, nos valeurs sont au dessus des intérêts d'un petit nombre. Cela nous donne des droits, d'autant plus forts que nous comprenons nos devoirs.

Mais surtout

Non, on ne peut pas faire n'importe quoi avec l'Internet (ie : nous) ... il y va effectivement d'une certaine idée de la CIVILISATION ... mais je n'irais pas plus vers le terrain d'un Internet servile, pardon, civilisé. Je dirais juste qu'il faut que tous, par l'éducation comprenions qu'il nous faut un Internet RESPONSABLE ... et généralement, il l'est. Mais que cela veut dire, aussi, qu'il faut que nous soyons toujours en capacité d'EXISTER et de CREER.

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Auteur : Jean-Michel Planche

Source : www.jmp.net