Ils ont bravé Texaco au coeur de l'Amazonie - L'atelier

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Cette actualité a été publiée le 12/11/2009 à 18h45 par Michel95.


ILS ONT BRAVÉ TEXACO AU COEUR DE L'AMAZONIE

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Ils ont bravé Texaco au coeur de l'Amazonie

Information recueillie par Michel95

Frédéric Faux

Trente mille Indiens ont porté plainte contre la compagnie pétrolière américaine.

C'est le plus grand procès environnemental du siècle. Après seize ans de procédure, il arrive à son terme.

Lorsque Toribio quitte sa forêt pour manifester dans les rues de Lago Agrio, vêtu d'une tunique en coton et la tête parée d'un toupet de plumes, il ne peut s'empêcher de rêver à ce qu'était la capitale pétrolière de l'Amazonie équatorienne, il y a encore quarante ans.

«Pas un immeuble, pas une route, se rappelle-t-il en désignant la frénésie urbaine qui nous entoure.

C'était notre territoire de chasse jusqu'à l'arrivée des Américains de Texaco.

Ils sont venus avec leurs hélicoptères, ils ont exploité le pétrole pendant vingt ans, et ils sont partis sans rien nettoyer.

Aujourd'hui, nos rivières sont polluées, nos enfants, malades... Texaco doit payer

Autour de lui, ils sont plusieurs centaines de manifestants à conspuer la major américaine, absorbée entre-temps par Chevron.

Les Cofanes, comme Toribio, ont vu 95 % de leur territoire accaparés par les compagnies pétrolières.

Considérés comme les sages de l'Amazonie, ils ne sont plus qu'un millier dans tout l'Équateur.

Les ethnies Sionas, Wuaoranis et Secoyas arpentent également le bitume, accompagnées par une foule de colons, paysans pauvres attirés par les mirages du pétrole.

Sur les trottoirs, les habitants de Lago Agrio, qui vivent des richesses de leur sous-sol, regardent passer le cortège avec indifférence.

Depuis l'arrivée de Texaco en Amazonie, en 1964, ce village coupé de Quito et du reste du monde est devenu une ville prospère.

En 1992, quand les Américains ont vendu leurs parts à la compagnie nationale Petroecuador, les torchères ont continué de brûler.

Et depuis 1993, date à laquelle les premières poursuites ont été engagées contre Chevron-Texaco, devant un tribunal de New York, les manifestations se sont succédé, sans que l'or noir ne cesse de couler.

«Les preuves sont partout»

Mais, depuis quelques mois, les magnats du pétrole ont appris à se méfier de cet assemblage hétéroclite d'Indiens et de métis, qui défile parfois pieds nus dans les rues de Lago Agrio.

Ces 30 000 gueux de l'Amazonie ont bravé la deuxième compagnie pétrolière américaine et ont obtenu une estimation de leur préjudice - 27 milliards de dollars - qui fait de cette affaire le plus grand procès environnemental de l'histoire.

«Nous sommes à la fin d'un processus, estime Pablo Fajardo, avocat des plaignants.

Toutes les preuves ont été réunies, et la culpabilité de Chevron-Texaco est évidente.

Nous n'attendons plus que la décision du juge», dit-il en désignant les bureaux du tribunal, à l'étage d'un centre commercial gardé par des policiers anti-émeute.

Debout sur une estrade, Luis Yanza, qui coordonne l'Assemblée des victimes, répète ce message d'espoir aux manifestants.

Comme Pablo Fajardo, il est arrivé dans la région avec les colons, dans les années 1970, quand des kilomètres de pistes ont été ouverts dans la forêt.

Et comme lui, il dénonce la «double morale» de Texaco : «Il ne s'agit pas d'une marée noire accidentelle.

En Équateur, Texaco a utilisé une technologie obsolète pour économiser de l'argent, c'est une pollution délibérée.»

Les preuves ?

«Elles sont partout», assure-t-il en montant dans sa camionnette.

Deux kilomètres plus loin, dans un faubourg, Luis sort sa pelle devant un ancien puits, le numéro 5, exploité de 1973 à 1976.

Les voisins le guident vers un champ mitoyen, et commencent à creuser.

«Regardez, on tombe déjà sur du pétrole», s'exclament-ils au bout de quelques minutes.

«Nous sommes en fait sur une ancienne piscine où l'on a déversé les résidus de l'exploitation pétrolière, lâche Luis Yanza.

Texaco devait la nettoyer avant de partir... Ils ont préféré enterrer la pollution.»

Lago Agrio, pour Texaco, a longtemps été considéré comme une arrière-cour, un domaine familial.

Le nom donné à cette nouvelle ville, qui signifie lac aigre, est d'ailleurs le même que Sour Lake, la bourgade texane où le pétrolier américain a fait ses premiers pas.

Mais la comparaison entre les deux sites s'arrête là : «Aux États-Unis, le fond des piscines était protégé par un revêtement, pour éviter les infiltrations, alors qu'en Équateur on s'est contenté d'un trou dans la terre.

Quant à l'eau de formation qui sort en même temps que le pétrole, salée et pleine de produits chimiques, elle n'a pas été réinjectée dans le sol, mais déversée dans les rivières.»

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