Il y a assez de terres cultivables pour nourrir l'humanité en 2050 ! - L'atelier

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Cette actualité a été publiée le 11/10/2011 à 12h59 par Kannie.


IL Y A ASSEZ DE TERRES CULTIVABLES POUR NOURRIR L'HUMANITÉ EN 2050 !

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Il y a assez de terres cultivables pour nourrir l'humanité en 2050 !

 

Contrairement à beaucoup d'idées reçues, l'accroissement global de la production agricole sur notre planète a été bien plus rapide que celui de la population mondiale depuis 40 ans. La consommation alimentaire moyenne mondiale par personne a augmenté de près d'un 5ème, passant de 2 360 calories par personne et par jour en 1960 à 2 800 calories par personne et par jour aujourd'hui. Dans la même période, le pourcentage d'habitants souffrant de la faim dans les pays en voie de développement est passé d'un tiers à moins d'un cinquième !

Dans les pays en développement, l'augmentation des ressources alimentaires par habitant a été particulièrement remarquable : de 1 900 calories en 1960, elles sont passées à plus de 2 500 calories en 2000, soit une augmentation de 30 % en 40 ans, alors que la population mondiale a plus que doublé au cours de cette période. Ce résultat est d'autant plus impressionnant que, comme le montrent la FAO, la surface de terres cultivées est restée quasiment stable dans le monde depuis 1960.

Il reste que, selon la FAO, 925 millions de personnes souffrent encore de la faim sur Terre et, pour nourrir correctement l'humanité en 2050, il faudra augmenter de 70 % la production agricole mondiale. Ce défi semble impossible à relever mais pourtant une étude remarquable et très documentée montre qu'il y a suffisamment de terres cultivables non encore exploitées, à l'échelle mondiale, pour nourrir notre planète à l'horizon 2050.

Pour arriver à cette conclusion surprenante mais rigoureuse sur le plan scientifique, Laurence Roudart, chercheuse reconnue au niveau international de l'Université libre de Bruxelles, rappelle, dans un entretien passionnant accordé à la revue "La Recherche" de juillet-août 2011 (non disponible en ligne) quelques ordres de grandeur essentiels : sur les 13,4 milliards d'hectares de terres émergées sur notre planète, environ 30 % sont considérées comme cultivables sans qu'il soit besoin d'irriguer.

Or, sur ces 4,2 milliards d'hectares, 60 % ne sont pas cultivés, soit environ 2,5 milliards d'hectares, ce qui est considérable. Même si l'on prend en compte les infrastructures, les forêts et les zones protégées, on estime que la superficie mondiale cultivée pourrait être multipliée par 1,6, soit une extension de 970 millions d'hectares.

Cela sera-t-il suffisant pour nourrir correctement les 9 milliards d'êtres humains que comptera la Terre en 2050 ? Pour répondre à cette question, Laurence Roudart et son équipe ont envisagé un scénario extrêmement prudent et contraignant dénommé "Agrimonde 1". Dans cette hypothèse de travail, chaque personne doit disposer de 3 000 kilocalories par jour, dont 500 kilocalories d'origine animale.

Ce scénario très prudent privilégie volontairement l'extension des surfaces cultivées et mise peu sur les progrès de l'agronomie. Enfin, ce scénario prend également en compte les surfaces nécessaires à la production des agrocarburants de deuxième génération principalement issus du bois et de tous ses dérivés. Au total, ces contraintes fortes représentent 590 millions d'hectares cultivés supplémentaires, soit seulement 60 % des 970 millions d'hectares cultivables et disponibles sur notre planète !

Mais cette situation globale masque de profondes disparités locales car les terres cultivables non exploitées et véritablement disponibles pour l'agriculture (ces deux conditions doivent impérativement être simultanément remplies) sont réparties de manière très inégale à la surface de la planète.

Ces "réserves foncières" agricoles sont essentiellement présentes en Afrique et en Amérique latine mais beaucoup moins au Moyen-Orient et en Asie, régions soumises à une forte pression démographique et à des contraintes géoclimatiques spécifiques. Mais il faut rappeler que l'agriculture "locale" et encore largement manuelle, qui s'inscrit dans le cadre "d'agro-écosystèmes", représente plus de 70 % de la production agricole mondiale, le reste étant assuré par l'agriculture industrielle.

Or, une autre étude menée par l'Université d'Essex et portant sur 218 projets de développement agricole fondés sur l'agroécologie, répartis dans 57 pays et couvrant 37 millions d'hectares (regroupant 12,6 millions d'exploitations agricoles), a montré un accroissement moyen des rendements de 64 % sur l'ensemble de ces projets, ce qui est tout à fait remarquable. Néanmoins, les travaux de la FAO ont montré que l'agriculture biologique ne pouvait, à elle seule, assurer la sécurité alimentaire au niveau mondial mais pouvait y contribuer de manière importante.

 


 

Il est intéressant de souligner que les conclusions de L. Roudart rejoignent le point de vue exprimé par M. Guillou, Présidente de l'Institut National de la Recherche Agronomique (INRA), et G. Matheron dans le livre qu'ils viennent de publier, intitulé "9 milliards d'hommes à nourrir, un défi pour demain".

Ces scientifiques éminents sont d'accord sur le fait que nous avons tous les atouts en main pour parvenir à nourrir correctement l'humanité d'ici le milieu de ce siècle mais à condition d'agir simultanément et vigoureusement dans trois directions.

Il faut d'abord mettre en place un nouveau système mondial de fixation et de régulation des prix agricoles qui permette aux 40 % d'actifs qui cultivent la terre de vivre décemment de leur travail.

Deuxième axe : imaginer de nouveaux cadres législatifs et juridiques d'exploitation des terres qui soient mieux adaptés aux sociétés traditionnelles et aux cultures locales.

Dernier axe, il est essentiel de réorienter la recherche agronomique et les productions agricoles vers l'agriculture durable et les cultures vivrières inscrites dans des écosystèmes locaux et articulée aux structures socio-culturelles et aux capacités d'innovation des populations concernées. L'implication et l'adhésion des populations est en effet un facteur essentiel pour réussir cette mutation agroalimentaire historique qui permettra de nourrir la planète. [...]

Ces études remarquables et très solides du point de vue scientifique ont le mérite de remettre en cause beaucoup d'idées reçues et leurs conclusions se rejoignent : l'accès pour tous aux produits agricoles de base et la sécurité alimentaire de la planète sont possibles mais le défi à relever pour atteindre ce but ô combien souhaitable est d'abord politique et économique et passera par de nouvelle règles mondiales de partage des richesses et des ressources naturelles entre pays riches et pays en voie de développement.

 

Pour lire la totalité de cet article de René TREGOUËT, publié par notre-planete.info, cliquer sur Source ou Lien utile

 

Le site étrange qui dérange même les anges !

 

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Auteur : René TREGOUËT, sénateur honoraire, fondateur du Groupe de Prospective du Sénat

Source : www.notre-planete.info