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Cette actualité a été publiée le 16/03/2010 à 15h43 par Tanka.


IL PLEUT MOINS SUR L'AMAZONIE

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Il pleut moins sur l'Amazonie

Des chercheurs constatent que les pluies diminuent sur le bassin du plus grand fleuve du monde, dont la forêt joue un rôle climatique important à l'échelle de la planète

Etudier la variabilité du climat passé mais récent, pour prévoir son évolution future, est un exercice difficile du fait de la rareté des longues séries de données climatiques. Des climatologues et hydrologues menés par Jean-Louis Guyot, de l'Institut de recherche pour le développement (IRD), et Josyane Ronchail, de l'université Paris-Diderot, viennent pourtant d'analyser la variabilité des pluies entre 1964 et 2003, sur l'ensemble du bassin amazonien et sa forêt tropicale humide, la plus vaste de la planète. Véritable « poumon de la Terre », celle-ci joue un rôle essentiel dans la régulation du climat mondial.

Résultat : en quarante ans, les précipitations ont globalement diminué, mais avec de fortes disparités régionales et saisonnières. Cette étude est basée sur les données de plus de 750 stations pluviométriques réparties dans les cinq pays du bassin (Brésil, Bolivie, Pérou, Équateur et Colombie) couvrant six millions de kilomètres carrés (soit 11 fois la superficie de la France), depuis l'embouchure du plus grand fleuve du monde jusqu'aux sommets des Andes péruviennes où le fleuve prend sa source.

Des évolutions différentes selon les régions et les saisons

Jusqu'à présent, les données météorologiques et hydrologiques des pays andins n'étaient pas facilement disponibles. Elles étaient surtout rares, notamment dans les régions escarpées, couvertes de forêts impénétrables et difficiles d'accès du versant amazonien des Andes. « Cette étude, publiée dans l'International Journal of Climatology, a donc permis de compléter les travaux précédents et de proposer, pour la première fois, une analyse de la variabilité spatio-temporelle des précipitations sur l'ensemble du bassin amazonien », explique Josyane Ronchail.

Entre cordillère et plaines, l'Amazone traverse des territoires très diversifiés et le climat varie beaucoup d'une région à l'autre. Les chercheurs ont pu mettre en évidence le rôle des Andes sur la répartition spatiale des précipitations : les maxima se concentrent au pied des reliefs, dans les régions de faible altitude exposées aux vents d'est chargés d'humidité de l'océan Atlantique. À l'inverse, les valeurs les plus faibles ont été observées en altitude et dans des zones abritées des vents humides. Par ailleurs, les régimes pluviométriques sont plus variables dans les régions andines que dans la plaine amazonienne proprement dite.

La pluviométrie présente également une évolution dans le temps, avec une forte variabilité au cours de l'année, qu'illustrent la sécheresse sans précédent qu'a connue l'Amazonie en 2005 et les crues de 2009 (au moins 120 morts, un demi-million de sinistrés), les plus importantes jamais enregistrées sur le fleuve. « Malgré ces événements extrêmes, l'évolution est claire : entre 1975 et 2003, le cumul pluviométrique annuel a diminué sur l'ensemble du bassin de 9 %, précise Josyane Ronchail. Mais cette tendance globale à la baisse masque des évolutions différentes selon les régions et les saisons. »

L'impact de la déforestation est moins important que prévu

Une autre source d'hétérogénéité climatique provient de la déforestation. Mais, surprise, pas dans le sens escompté. « Bien que non négligeable, l'impact de la déforestation sur le climat régional semble moins important que ce que nous avions prévu », avoue Josyane Ronchail. En effet, la diminution des précipitations pendant la saison sèche a été plus sévère entre 1975 et 2003 dans le nord du bassin, pratiquement épargné par la déforestation, que dans le sud, qui est la région la plus déboisée.

Enfin, les chercheurs ont montré que la variabilité pluviométrique au cours des dernières décennies dépend des deux océans voisins, le Pacifique à l'ouest et l'Atlantique à l'est. Mais chacun agit à des échelles de temps différentes. À long terme, la variabilité interdécennale des pluies est principalement liée aux changements de l'océan Pacifique. En revanche, à plus court terme, la variabilité interannuelle est liée aux oscillations d'El Niño (élévation anormale de la température de la partie est du Pacifique équatorial) et aux fluctuations des températures de surface de l'océan Atlantique tropical.

Par Denis SERGENT - Source : la-croix.com

Information recueillie par Tanka

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