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Cette actualité a été publiée le 13/08/2009 à 15h06 par Michel Walter.


HUILE DE DESTRUCTION MASSIVE

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Huile de destruction massive

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(Québec) Mangez-vous des barres Mars? Des céréales Jordan? Vous lavez-vous avec du Dove? Sans le savoir, vous contribuez à la destruction massive de la forêt tropicale en Malaisie et en Indonésie, en plus de compromettre la survie des orangs-outangs. Parce que tous ces produits, et bien d'autres, contiennent de l'huile de palme.

Ces dernières années, la demande pour les biocarburants, qui remplacent le pétrole dans les moteurs, a fait exploser la demande pour l'huile de palme. La production mondiale est passée de 11 millions de tonnes en 1990 à 38 millions de tonnes en 2006. On s'attend à ce que la demande redouble d'ici 2030. Elle est l'huile la plus consommée au monde, juste devant l'huile de soja, en raison de son haut rendement.

Dans les produits courants

Mais il n'y a pas que sa substitution au pétrole dans les moteurs qui a contribué à sa popularité. Elle est utilisée dans quantité de produits de consommation. Une enquête de deux mois et demi du quotidien The Independent, publiée au printemps, révélait que près de la moitié des produits les plus populaires en Angleterre contenaient de l'huile de palme : margarines, chocolats, bonbons, biscuits, chips, lessives, produits cosmétiques...

Les boutiques de cosmétiques Lush ont d'ailleurs annoncé, hier, que leurs savons seraient exempts à presque 100 % d'huile de palme. Plus tôt cette année, le géant Unilever, fabricant de Dove et cible d'une campagne de Greenpeace, s'est engagé à n'utiliser dans ses produits que de l'huile de palme durable d'ici l'année 2015.

L'augmentation du prix de l'huile de palme sur le marché mondial pousse des paysans à détruire la forêt et les tourbières pour y faire la monoculture des palmiers. Cette déforestation éradique la biodiversité et réduit l'habitat d'animaux comme les orangs-outangs, les tigres et les éléphants comme peau de chagrin. Plus encore, puisque les arbres sont brûlés sur place, cette destruction massive contribue à 4 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre (GES).

Quantité d'indigènes perdent ainsi leur mode de vie traditionnel et se retrouvent souvent réduits à l'indigence.

Le Financial Times révélait, l'an dernier, que le groupe sud-coréen Daewoo a mis la main sur presque la moitié de la superficie cultivable de Madagascar. L'accord, bon pour 99 ans, prévoit le transfert de la production d'huile de palme et de maïs vers la Corée du Sud. En échange, l'État malgache ne touchera pas un sou, mais s'est vu confirmer l'embauche de main-d'oeuvre locale et des investissements dans ses infrastructures de 6 milliards $US.

Le problème avec l'huile de palme, c'est qu'elle se dissimule souvent sous la mention «huile végétale». Le prince Charles, qui mène une campagne internationale contre la disparition des forêts tropicales, l'a appris à ses dépens. Cinq articles de sa gamme de produits bios contenaient de l'huile de palme, a dévoilé The Independent.

Outre la Malaisie et l'Indonésie, qui représentent 80 % de la production mondiale, les palmeraies causent aussi des ravages dans les jungles de Bornéo, de la Colombie et de la Papouasie-Nouvelle-Guinée.

Éric Moreault
Le Soleil