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Cette actualité a été publiée le 30/04/2010 à 21h42 par Tanka.


HORMONE DE CROISSANCE, UN NOUVEAU SCANDALE MÉDICAL

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Hormone de croissance, un nouveau scandale médical

En 1985 et 1986, la Pharmacie centrale des Hôpitaux a continué à écouler des stocks qu'elle savait suspects. 50 enfants ont été atteints de la maladie de Creutzfeldt-Jakob

Avril, mai, juin, juillet, octobre 1985. Les mêmes mois de la même année... Pendant que le Centre national de transfusion sanguine décidait d'écouler ses derniers stocks de concentrés sanguins infectés par le virus du sida, la Pharmacie centrale des Hôpitaux de Paris adoptait la même attitude. En continuant à distribuer une hormone de croissance potentiellement contaminée par le prion, responsable de la démence de Creutzfeldt-Jakob.

Michel Garretta a toujours nié avoir jamais vendu des «produits douteux» aux hémophiles, jusqu'à ce que des documents irréfutables prouvent le contraire. Henri Cerceau, directeur de la Pharmacie centrale des Hôpitaux (PCH), affirme, lui, qu'à partir de juin 1985 son officine n'a plus délivré qu'une hormone retraitée à l'urée - un nouveau procédé censé éliminer le prion - pour soigner les enfants atteints de nanisme.

Or l'enquête de la police judiciaire, diligentée par la juge Marie-Odile Bertella-Geffroy, vient contredire sa version des faits. Malgré les consignes édictées le 14 mai 1985 par l'association France-hypophyse - organisme parapublic composé de spécialistes et de responsables administratifs - les pharmaciens de la PCH ont continué à distribuer quatre lots de poudre d'hormone non retraitée à l'urée. Les lots 85029 et 85031 sont écoulés jusqu'au 11 juin 1985. Le lot 85040 est commercialisé du 29 juillet au 9 octobre 1985, et le 85050, du 25 octobre aux premiers mois de 1986.

Ces quatre lots représentaient 30 grammes d'hormone, soit environ 20 000 ampoules de traitement... Selon une expertise comptable demandée par le juge, le manque à gagner se serait élevé à quelque 5,5 millions de francs s'il avait fallu détruire les deux premiers lots - déjà conditionnés et donc impossibles à retraiter - et si la poudre, encore «en vrac», des deux derniers avait été soumise à une inactivation par l'urée...

Entre 1984 et 1985, période critique de la contamination par le prion, c'est un millier d'enfants français qui ont reçu des injections d'hormone de croissance extraite d'hypophyses humaines. quelques années plus tard, 50 d'entre eux ont été atteints de Creutzfeldt-Jakob et une quarantaine en sont déjà morts. Aujourd'hui, la liste n'est pas close - même si la grande majorité de ces anciens patients devrait être épargnée - puisque l'incubation de la maladie peut varier de trois à quinze ans.

Depuis le début de l'instruction, ouverte en décembre 1991 après la plainte de familles de malades, Marie-Odile Bertella-Geffroy a mis en examen, pour homicide involontaire, quatre hauts responsables de France-hypophyse: les Prs Jean-Claude Job, pédiatre et président de l'association en 1985, Fernand Dray, responsable de production à l'Institut Pasteur, Jacques Dangoumau, directeur de la pharmacie et du médicament au ministère de la Santé, Henri Cerceau, directeur de la Pharmacie centrale, et le médecin responsable de la collecte des hypophyses dans les morgues hospitalières, le Dr Mugnier. Tous arguent de leur célérité à agir pendant la période critique et de la complexité des décisions à prendre, compte tenu des «incertitudes de l'époque sur le prion».

Reste alors à comprendre pourquoi certains pays n'enregistrent aucun cas de maladie de Creutzfeldt-Jakob consécutive à un traitement par l'hormone de croissance et surtout pourquoi, parmi les 90 cas mondiaux actuellement répertoriés, 50 sont français.

Il faut revenir au début des années 70. L'avenir des enfants dont la glande hypophyse ne sécrétait pas d'hormone de croissance s'annonce alors prometteur. Alors que ce dérèglement provoquait autrefois un nanisme sévère (voir l'encadré page 40), un nouveau traitement, découvert aux Etats-Unis et testé depuis plusieurs années, devait leur permettre une croissance quasi normale. Il consistait à extraire cette hormone des hypophyses prélevées chez des patients décédés à l'hôpital. Réduite ensuite en poudre et diluée, cette hormone était injectée chaque semaine aux enfants pendant les quatre ou cinq ans qui précèdent la puberté.

En 1972, un pédiatre de renom, le Pr Royer, a l'idée de créer à Paris une structure de soins qui se chargerait de toutes les étapes du traitement: la sélection des petits malades, la collecte des glandes hypophyses dans les morgues hospitalières, l'extraction et la purification de l'hormone, confiées au Pr Dray, de l'Institut Pasteur, son conditionnement en ampoules et sa distribution strictement hospitalière, assurés par la Pharmacie centrale des Hôpitaux.

Source : lexpress.fr


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Information recueillie par Tanka

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