Gros pollueur, le charbon a encore de l'avenir - L'atelier

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Cette actualité a été publiée le 23/12/2009 à 15h54 par Michel WALTER.


GROS POLLUEUR, LE CHARBON A ENCORE DE L'AVENIR

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Gros pollueur, le charbon a encore de l'avenir

Information retenue par Michel

Il demeure une source d'énergie essentielle pour de nombreux pays. Sa consommation augmente.Comment concilier ce combustible pollueur avec la lutte contre le changement climatique ?

200 ans de réserves

Le charbon a quasiment disparu du paysage français. La dernière mine a fermé en 2004. Mais dans le reste du monde, il tient son rang, juste derrière le pétrole, et représente plus du quart de la consommation d'énergie de la planète. L'Agence internationale de l'énergie (AIE) prévoit qu'elle frôlera les 40 % en 2030, repassant devant le pétrole sur le déclin. Le charbon, qui a permis la révolution industrielle, redeviendrait ainsi la première énergie mondiale. Au rythme actuel, les réserves prouvées de pétrole devraient durer une quarantaine d'années, le gaz naturel 60 et l'uranium 80. Mais il y a du charbon pour au moins deux siècles.

Pas cher et (presque) partout

À l'opposé du pétrole, le charbon est réparti dans pratiquement le monde entier. Les principaux pays producteurs : la Chine, les États-Unis, l'Inde, l'Australie, la Russie et l'Afrique du Sud. Autre avantage, son prix reste globalement stable et relativement bon marché. Pour la même quantité d'énergie : il revient trois fois moins cher que le gaz et quatre fois moins que le pétrole. C'est toutefois un combustible coûteux en vie humaine : des mineurs meurent par milliers chaque année, notamment en Chine.

40 % de l'électricité

La France a opté, dans les années 1970, pour le « tout nucléaire ». L'uranium génère les quatre cinquièmes de notre électricité. Dans le reste du monde, c'est le charbon qui fait tourner le plus grand nombre de centrales : 40 % de l'électricité vient de la houille ; en Inde, c'est 70 % et même 84 % en Chine. Le pays construit plus d'une centrale à charbon par semaine. En quinze ans, 700 millions de Chinois ont été raccordés au réseau électrique. La Chine est ainsi devenue importatrice de charbon, tirant à la hausse la demande mondiale. Le charbon est aussi utilisé pour fabriquer de l'acier, du ciment, dans l'industrie chimique et pour chauffer les logements.

Gros émetteur de CO2

Le charbon a aussi quelques inconvénients. Il génère, en brûlant des polluants pas très bons pour la santé : soufre, oxydes d'azote, métaux lourds... Les techniques de dépollution des fumées ont, toutefois, beaucoup progressé. Il émet aussi beaucoup de gaz carbonique (CO2) : une fois et demi plus que le pétrole (pour la même énergie produite) et deux fois plus que le gaz naturel. Le charbon représente 40 % des émissions mondiales de CO2, gaz accusé de provoquer le réchauffement du climat. Menace à laquelle les dirigeants du monde, ces jours derniers, à Copenhague, n'ont toujours pas trouvé de parade. Comment réduire les émissions de gaz à effet de serre alors que la consommation de charbon va continuer d'augmenter ?

Charbon propre ?

Les défenseurs du charbon jurent qu'ils tiennent la solution : la « séquestration » du CO2 dans le sous-sol (anciennes mines de charbon, gisements de pétrole ou de gaz naturel épuisés...). La première expérience d'injection a vu le jour en 1996, en Norvège (pour faciliter l'extraction de pétrole). Alstom a inauguré en octobre, aux États-Unis, la première centrale électrique à charbon couplée à un système de stockage de CO2. En France, Total s'apprête à injecter ses premiers mètres cubes de CO2 dans le sous-sol de Lacq (Pyrénées-Atlantiques). La technique n'en est toutefois encore qu'à ses débuts et elle reste coûteuse. Sa généralisation n'est pas pour demain.


Serge POIROT (Ouest-France)

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