Greenpeace reçu par Sarkozy : notre interview exclusive de Pascal Husting - #WikiSurTerre

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Cette actualité a été publiée le 23/12/2009 à 20h41 par Tanka.


GREENPEACE REÇU PAR SARKOZY : NOTRE INTERVIEW EXCLUSIVE DE PASCAL HUSTING

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Greenpeace reçu par Sarkozy : notre interview exclusive de Pascal Husting

Information recueillie par Tanka

Après l'échec de Copenhague, Greenpeace a été reçu, aujourd'hui, par Nicolas Sarkozy. De retour de l'Elysée, le directeur général de Greenpeace-France, Pascal Husting, confie à Greenzer le détail de ses échanges avec le Président de la République.

Quelle a été la teneur de vos discussions avec Nicolas Sarkozy ?

On n'a pas eu besoin de revenir sur le constat d'échec. A Greenpeace, on ne parle pas même pas "d'accord de Copenhague", mais de "désaccord de Copenhague". Avec le Président, nous avons surtout essayé d'analyser les raisons de cet échec.

Avez-vous abordé le thème de la responsabilité supposée de l'ONU dans l'échec des négociations de Copenhague ?

Oui, j'ai rappelé au Président de la République que, à ce jour, nous ne possédons pas d'autres instruments que l'ONU pour garantir un accord équitable et ambitieux. Il ne s'agit donc pas de tirer sur l'ambulance onusienne. Au contraire, il faut veiller à ce que l'ONU soit rapidement réformée pour être à la hauteur des grands rendez-vous. Sur ce point Nicolas Sarkozy est d'accord. Pour lui, le système de vote par consensus est un frein. Je suis plus partagé, mais je ne suis pas totalement opposé à l'idée de trouver d'autres formes d'accords que le consensus. Actuellement, il suffit que les producteurs de pétrole s'entendent et toute avancée devient impossible.

Peut-on imputer l'échec de Copenhague à un pays en particulier ?

Aujourd'hui, la France tape beaucoup sur la Chine par l'intermédiaire du Président de la République. C'est vrai, qu'elle n'était pas à la hauteur de son nouveau rôle de géant géopolitique. Pour Greenpeace, le fossoyeur de Copenhague, c'est Obama. Il est venu les valises vides et a tenu un discours qui a agacé la Chine mais aussi beaucoup d'autres pays. En plus, Obama s'est adressé au Sénat et non à la communauté mondiale. Il était là en tant que président des Etats-Unis et certainement pas en tant que leader mondial.

Qu'attendiez-vous de cette rencontre avec le président Sarkozy ?

J'y suis allé pour comprendre. J'ai eu des moments d'incompréhensions totales devant les tactiques de négociations de la France et de l'Europe. Ce qui m'a choqué, c'est qu'à aucun moment l'Union Européenne n'a pris la main dans le processus. Elle aurait dû mettre autre chose sur la table que ses maigres 20% de réduction d'ici 2020. Elle ne l'a pas fait et s'est retrouvée au milieu du combat entre les Etats-Unis et la Chine.

Greenpeace à l'Elysée ça commence à devenir une habitude...

Ce "débrief" a le mérite d'exister. Je ne pense pas que beaucoup de mes collègues dans le monde ont eu le privilège de débriefer avec le président de leurs pays. Après, c'est à nous de ne pas se laisser entraîner dans la "machine de com sarkozienne". Répondons à la volonté de dialoguer du Président sans se laisser instrumentaliser.

Source : Greenzer

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