Fessenheim « Une incohérence totale », selon Jean-Marie Brom - L'atelier

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Cette actualité a été publiée le 05/07/2011 à 20h33 par Fred.


FESSENHEIM « UNE INCOHÉRENCE TOTALE », SELON JEAN-MARIE BROM

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Fessenheim « Une incohérence totale », selon Jean-Marie Brom

 
Pour le physicien strasbourgeois Jean-Marie Brom, cet avis de l'ASN permettra au gouvernement d'arrêter la centrale pour des raisons politiques tout en poursuivant son programme nucléaire.

« L'ASN fait preuve d'une incohérence rarement vue », commente Jean-Marie Brom. « Elle nous dit que tout va bien, que la tranche 1 peut continuer à tourner pendant dix ans. Et en même temps, elle dit qu'il faut, d'ici deux ans, avoir renforcé le radier en cas de percement de la cuve du réacteur. Il faudrait savoir où on en est. Si tout va bien, il n'y a aucun travail à faire. »

Selon ce spécialiste des questions d'énergie, qui est aussi porte-parole du réseau « Sortir du nucléaire », « cet avis est l'aveu que la centrale de Fessenheim n'est pas protégée en cas d'accident de type Fukushima.

Pendant des décennies, la politique française a consisté à dire que l'accident n'est pas possible. Aujourd'hui, on se rend compte que c'est possible et que le radier, c'est-à-dire la dalle de béton qui est sous le réacteur, est le moins épais de toutes les centrales françaises. Alors, on ne sait plus quoi faire et l'on dit tout et n'importe quoi. Qu'il faudra renforcer le radier.

Pareils travaux n'ont jamais été entrepris nulle part. Est-ce que ce sera physiquement possible et suffisant pour protéger la nappe phréatique qui affleure, selon les saisons, entre 4 et 8 mètres sous la centrale ? Je ne sais pas. Ce qui est sûr, c'est qu'en cas de fusion du coeur, comme à Fukushima, c'est toute la nappe phréatique jusqu'à Rotterdam qui sera contaminée. Ceci peut arriver avant que le radier ne soit terminé. Et sous le deuxième réacteur, le radier est tout aussi mince. »

Pour Jean-Marie Brom, il s'agit là d'une stratégie politique : « Ce qui se profile, c'est la fermeture de la centrale au prétexte que les travaux seraient trop coûteux à mettre en oeuvre. Après les stress-tests de l'automne, l'arrêt de Fessenheim pourra alors être donné en pâture à l'opinion par un candidat à l'élection présidentielle tout en poursuivant le reste du programme nucléaire, puisque les autres centrales ont un radier plus épais. C'est ainsi que l'ASN passe le bébé au politique. »

Une stratégie que le physicien dénonce : « Aucune centrale nucléaire en France n'est conçue pour résister à la fusion du coeur. Seul l'EPR a une dalle très épaisse. »

Enfin, à propos des questions de sismicité et des risques d'inondation, « il s'agit de débats d'experts qui ne relèvent pas de l'examen de sécurité par l'ASN. Aucun expert ne dit que la centrale n'est pas sûre, mais personne ne peut prouver qu'elle est sûre ».

 

Un article de Elisabeth Schulthess, publié par lalsace.fr

 

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Auteur : Elisabeth Schulthess

Source : www.lalsace.fr