Fessenheim : ce qu'en pensent les habitants - L'atelier

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Cette actualité a été publiée le 25/06/2011 à 10h33 par Kannie.


FESSENHEIM : CE QU'EN PENSENT LES HABITANTS

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Fessenheim : ce qu'en pensent les habitants

 

Le sort de la plus vieille centrale nucléaire de France, à Fessenheim (Haut-Rhin), devrait être fixé début juillet. D'octobre 2009 à mars 2010, ce réacteur a fait l'objet de sa troisième visite décennale, un exercice dont le but est d'en vérifier la sécurité. En attendant la décision de l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN), le quotidien Le Figaro révèle que le rapport d'experts est favorable à la prolongation de dix ans de l'exploitation du réacteur n° 1 de la centrale construite en 1977. Une perspective bien accueillie par la population locale.

"C'est une bonne nouvelle" : Bruno Fisson, 59 ans, comme la majorité des personnes interrogées, est favorable à la poursuite de l'exploitation à Fessenheim. Cet ancien agent EDF, qui a travaillé près de 30 ans à la centrale, prévient d'emblée : "Ne comptez pas sur moi pour cracher dans la soupe !" Il explique que la centrale a permis au village de se développer: "Il y a 40 ans, Fessenheim comptait 500 habitants. Aujourd'hui, il y en a plus de 2 200 !"

Un constat partagé par Sophie Foehrle, 45 ans. Pour elle, la centrale attire des jeunes et des infrastructures, ce qui permet de dynamiser la vie locale. Elle explique ainsi que le village est doté d'une salle de sport et d'un éducateur sportif, contrairement aux villages plus éloignés de la centrale. "A 15 km, il n'y a plus rien pour les gamins", remarque-t-elle.

De fait, la centrale apporte des emplois, avec 700 agents EDF et 200 salariés d'entreprises prestataires tout au long de l'année. Lors des arrêts de tranche (renouvellement du combustible et maintenance), 600 à 2 000 employés supplémentaires travaillent sur le site.

"FUKUSHIMA NE M'A PAS FAIT PEUR"

Habitante de Fessenheim depuis 1978, Alice Kueny, 70 ans, ne doute guère que cette prolongation sera confirmée, au vu des "millions d'euros" investis pour moderniser l'installation. Mais cela ne l'inquiète pas. "Fukushima ne m'a pas fait peur", explique-t-elle, estimant que les deux situations ne sont pas comparables : "le canal d'Alsace ne va pas déborder et rentrer dans la centrale".

Clément Schwartz, 18 ans, partage cet avis. Interrogé sur le risque sismique –en 1356, un séisme avait frappé la ville de Bâle, à 80 km de la centrale, et Fessenheim se trouve dans une zone de sismiscité modérée–, il rappelle que l'activité sismique de la région n'est pas comparable à celle "du Japon, de l'Italie ou de la Californie". M. Schwartz juge également, comme nombre de Fessenheimois, que les risques présentés par les industries chimiques de la région sont plus importants que celui de la centrale.

La plupart des habitants interrogés s'estiment bien informés sur la situation de la centrale, notamment par le biais du bulletin d'information mensuel, nommé "Explisite". "Nous le recevons tous les mois dans notre boîte aux lettres", raconte M. Fisson. Ce bulletin, distribué selon EDF à près de 6 000 foyers dans un rayon de 10 kilomètres autour de la centrale, présente différentes mesures, comme la température de l'eau du canal, la radioactivité ambiante ou celle du lait des vaches qui paissent à proximité de la centrale. Certains, comme Mme Foehrle, cherchent également à s'informer auprès du personnel de la centrale.

En matière de prévention, des pastilles d'iodes sont distribuées et renouvelées gratuitement en pharmacie. La population du village participe également à des simulations. Contactée, la mairie explique que le dernier s'est déroulé en novembre 2008, et qu'ils ont lieu tous les 3 ou 4 ans. Concrètement, un camion de pompier circule dans les rues de Fessenheim et une bande sonore invite les gens à se calfeutrer chez eux et à écouter la radio.

 

 

"IL FAUDRAIT RÉFLÉCHIR À UN MOYEN DE SORTIR DU NUCLÉAIRE"

Si la majorité des personnes interrogées est favorable à la poursuite de l'exploitation de la centrale, ils sont quelques-uns à se montrer circonspects. "Je suis partagée", explique Sandra Schilling, 33 ans. Née avec la centrale, la jeune femme a toujours vécu à Fessenheim et ne nie pas que la centrale apporte "pas mal de choses" au village. "Mais elle a été construire pour tenir vingt ans, rappelle-t-elle, donc 40 ans, cela fait peur." Elle ajoute également qu'elle ne peut pas participer aux simulations, puisque ces dernières sont organisées en journée et qu'elle ne travaille pas dans le village.

D'autres s'inquiètent de la fiabilité des informations qui leur sont communiquées. "Ce que l'on nous dit à l'air sûr, explique Sophie Klarzynski, 62 ans, mais est-ce que ce qu'on nous dit est vrai ?"

Une méfiance également exprimée par Guillaume Gaessler, 32 ans, habitant de Bantzhenheim, à 11 kilomètres de là. Le jeune homme, qui a vécu près de 30 ans à Fessenheim, juge que le bulletin d'information "est plutôt un outil de propagande" et que "ce n'est pas là que nous allons apprendre qu'il y a un problème".

Concernant la prolongation de la centrale, il se montre partagé : "Dans l'immédiat, la prolongation est une bonne chose pour la région mais, à long terme, il faudrait réfléchir à un moyen de sortir du nucléaire."
 

Un article de Thomas Baïetto, publié par Le Monde

 
Note de Kannie :
Vive le fonctionnement habituel : la vision à court terme ! Et pour les gamins, il vaut mieux que les doses de césium soient assorties d'un éduc. sportif...
 

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Auteur : Thomas Baïetto

Source : www.lemonde.fr

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