Face à la crise, des solutions autoritaires vont peut-être s'imposer - L'atelier

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Cette actualité a été publiée le 19/09/2011 à 23h23 par Kannie.


FACE À LA CRISE, DES SOLUTIONS AUTORITAIRES VONT PEUT-ÊTRE S'IMPOSER

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Face à la crise, des solutions autoritaires vont peut-être s'imposer

 

Titre initial :

Vincent de Coorebyter : "Face à la crise, des solutions autoritaires vont peut-être s'imposer"

 

Directeur du Centre de recherche et d'information socio-politiques (Crisp), philosophe, spécialiste de Sartre, Vincent de Coorebyter compte parmi les grands formats intellectuels de la Belgique francophone. Son métier ? Ausculter la société.

Et le diagnostic qu'il pose a de quoi inquiéter : notre démocratie se porte très mal. Le monde politique subit crise sur crise, sans trouver la parade. A tel point qu'un doute jaillit : nos problèmes pourront-ils être résolus autrement que par des voies autoritaires ?

"En tant que citoyen, je suis mal à l'aise à l'égard de ce que j'avance comme analyste", avoue Vincent de Coorebyter. Tout en assurant : "Je ne suis pas en train de plaider pour la dictature."

En filigrane, il nous pose à tous, citoyens du XXIe siècle, cette question dérangeante : sommes-nous habitués à trop de liberté ?

[...]

Ce diagnostic, une crise de la représentation, reste sans doute exact, mais il ne paraît plus suffisant. Le problème n'est pas que les gouvernements agissent au mépris de ce que veut le peuple. Le malaise, aujourd'hui, c'est que l'Etat ne parvient plus à agir. La démocratie peine à faire ce pour quoi elle existe : décider, régler les problèmes, fixer un cap, maîtriser le destin collectif des peuples.

Le Vif/L'Express : A quoi le voyez-vous ?

Un élément frappant, c'est la multiplication des interventions de crise, qui contournent les règles ordinaires de l'exercice du pouvoir. Rappelons-nous la crise financière de 2008 : en trois week-ends, le gouvernement prend des décisions engageant l'Etat pour des sommes considérables, sans avoir le temps d'un débat préalable au Parlement. Le Premier ministre et le ministre des Finances mènent une partie des opérations de sauvetage pratiquement à eux deux.

Autre exemple : on est intervenu en Libye sur la base d'une résolution des Nations unies, elle-même arrachée par le volontarisme de la France et du Royaume-Uni. Formellement, il s'agissait de prendre les mesures nécessaires pour protéger les populations civiles. On a bien compris qu'en réalité on menait une guerre pour destituer un dictateur. En termes de droits de l'homme, c'est légitime. N'empêche, on va bien au-delà de ce que prévoyait la résolution.

Le sauvetage de Fortis, l'intervention en Libye : deux symptômes d'une même maladie ?

De plus en plus, on voit des hauts responsables politiques et des super-technocrates décider dans des cercles très restreints, sans débat démocratique. Cela évite des effondrements du système. Mais ça laisse aux citoyens un sentiment de malaise. Les politiques n'ont rien vu venir. Ils subissent les événements. Alors qu'on apprend très vite, dès qu'une crise a lieu, qu'elle était prévisible et que certains l'avaient annoncée, que ce soit les dangers du nucléaire en bord de mer au Japon ou la folie des subprimes aux Etats-Unis.

Le malaise est d'autant plus grand que, une fois l'incendie éteint, on ne règle pas le problème de fond. On ne voit pas où est la nouvelle organisation du système financier international. On cascade de menace en menace, la Grèce, puis l'Irlande, l'Italie, les Etats-Unis...

Pourquoi les politiques peinent-ils à saisir les problèmes à bras-le-corps et à poser de vrais choix ?

Il ne faut pas sous-estimer le pouvoir que détiennent certains grands acteurs économiques. Fukushima, ça s'avère être une sorte de mensonge d'Etat bâti main dans la main avec la filière nucléaire japonaise. La gigantesque marée noire qui s'est produite au large de la Louisiane, en avril 2010, a mis en évidence la collusion entre la multinationale BP et certains maillons de la chaîne de décision aux Etats-Unis. C'est une partie de la réponse.

Mais cela n'explique pas tout.

Les Etats subissent une autre forme d'impuissance, volontaire celle-là. En participant à la construction européenne, ils ont renoncé à certaines de leurs prérogatives historiques. Les gouvernements, les Parlements nationaux rendent des comptes de manière directe à leur population.

Avec la Commission et le Conseil européen, on voit se développer une dynamique politique dont les citoyens ont l'impression qu'elle leur échappe. Or, à travers elle, des choix aux conséquences lourdes sont posés. Décider que le principe de base sera la libre circulation des biens, des personnes et des capitaux, cela dynamise l'économie, mais cela exacerbe aussi la compétition. Certains citoyens sont sur une voie ascendante grâce à la construction européenne, mais, pour d'autres, celle-ci est au contraire très angoissante, voire synonyme de chômage et d'exclusion.

[...]

Vous pensez que le simple exercice d'une liberté individuelle peut aggraver la crise de la démocratie ?

Oui, parce que les libres choix se démultiplient. Pourquoi certaines écoles concentrent-elles les meilleurs élèves, alors que d'autres accumulent énormément de problèmes ? Parce qu'il y a libre choix de l'école, consacré par la Constitution en 1831 et renforcé lors du pacte scolaire de 1958. En tant que tel, c'est un système de liberté, très positif. Mais l'exercice individuel de cette liberté fait que ceux qui le peuvent placent leurs enfants dans une école où se retrouvent les meilleurs élèves.

Autre exemple : la tendance à la périurbanisation, ces gens qui choisissent de vivre à proximité de la ville, mais dans un cadre vert. Ils ne font rien d'autre qu'exercer un droit fondamental, consacré par des conventions internationales, celui de choisir librement son lieu de résidence.

C'est positif. Mais ça coûte très cher aux pouvoirs publics. Au fur et à mesure que les nouveaux habitants s'installent en périphérie des villes, il faut creuser des égouts, amener l'eau et l'électricité, organiser des services publics de transport. Voilà un acte simple, choisir son lieu d'habitation, qui peut conduire à de grandes difficultés lorsqu'il est pratiqué dans des directions convergentes par un nombre croissant de personnes.

[...]

Nous en profitons au quotidien, jusque dans notre alimentation : on peut consommer une grande variété de fruits et de légumes, indépendamment des saisons, ce qui était impossible auparavant.

Malgré les dangers que cela fait peser sur l'avenir de la planète, personne, pas même les écologistes les plus pointus, ne suggère d'interdire la consommation de tomates en hiver...

 

[...]

 

Pour lire la totalité de ces propos de Vincent de Coorebyter, publiés levif.be, par cliquer sur Source ou Lien utile

 

Notre Association défend les droits de l'Homme et de toutes les espèces vivantes. Elle est APOLITIQUE !

 

Le site étrange qui dérange même les anges !

 

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Auteur : FRANÇOIS BRABANT

Source : www.levif.be