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Cette actualité a été publiée le 31/10/2009 à 21h22 par Tanka.


EXPÉDITION TARA : VOYAGE AU CENTRE DE LA BANQUISE

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Expédition Tara : voyage au centre de la banquise

Information recueillie par Tanka.

Vendredi 30 octobre, le Festival du Vent de Calvi proposait une projection retraçant le périple de l'expédition Tara en présence du chercheur français et membre de l'équipe, Hervé le Goff. Une occasion unique de s'immerger dans cette aventure humaine et scientifique qui s'était donnée pour but, en 2006, d'étudier les mécanismes qui régissent la disparition de cette mystérieuse banquise en s'installant au pôle nord durant plus d'un an.

Car ne nous y trompons pas, la disparition de la banquise est bien un mystère scientifique : « On en sait encore très peu », rappelle Hervé le Goff. A bord de ce bateau transformé en un laboratoire prisonnier des glaces à quelques encablûres du pôle Nord, un groupe de scientifiques a donc relevé ce pari un peu fou de cumuler toutes les données possibles sur cette calotte glacière.

Une nuit de 4 mois sous – 45 °C au beau milieu du pôle Nord

C'est vrai qu'il faut un courage qui tend à la folie pour braver l'isolement (ils ont été 8 puis 10 à bord), la nuit sans fin et le froid. Pendant ces 4 mois sans soleil durant lesquels la température chute à - 45 °C, la moindre sortie sur la glace nécessite une attention de tous les instants. Par exemple, si une partie de votre peau est exposée à l'air libre, elle gèle quasi instantanément. Si vos yeux ne sont pas protégés, c'est votre cornée qui est atteinte très rapidement. On ne parle même pas de votre chronobiologie mise à rude épreuve par la nuit permanente. On en viendrait presque à se demander ce qui pousse des hommes à s'infliger ça. La réponse, chacun la devine : l'urgence environnementale.

Confirmations et découvertes alarmantes

Cet océan et cet air qui réchauffent la banquise via l'Atlantique Nord prennent littéralement la glace en sandwich. Ce mécanisme millénaire ne serait pas un problème si l'on n'était pas confronté à « un chauffage central qui s'emballe », selon les termes d'Hervé le Goff. Tara a en effet confirmé ce chiffre impressionnant : 40% de perte en superficie de la banquise depuis 30 ans sous l'effet du réchauffement climatique. Moins de glace, c'est moins de réverbération. Conséquence, l'eau nouvellement exposée au soleil se réchauffe et fait fondre plus vite la banquise.

Les chercheurs ont aussi pu relever une diminution de l'épaisseur moyenne de la banquise de 50% (de 3 à 1,5 mètre). Autant de constats qui permettent d'envisager la disparition de la banquise à partir de 2030, même si le miséricordieux M. le Goff lui offre 10 années supplémentaires d'espérance de vie. Nous pourrions ainsi décliner les chiffres tant les données collectées par Tara sont abondantes et leurs conclusions inquiétantes.

Aux vues de l'enjeu, on comprend mieux quel genre de motivation a pu animer ces chercheurs quand ils ont décidé de s'exiler au sommet du globe. Une motivation qui reste intacte puisqu'en septembre 2009, c'est Tara Océan qui a appareillé pour un tour du monde. Il doit lui permettre d'étudier le plancton, en particulier dans les zones tropicales. Après tant de froid, on ne va tout de même pas les blâmer de s'offrir un peu de soleil.

Pour en savoir plus sur la situation planétaire