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Excuses publiques d'une prof gréviste - Le Vrai d'UFO's ;o)

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Cette actualité a été publiée le 07/05/2011 à 08h48 par geof.

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Excuses publiques d'une prof gréviste

 
Carte blanche de Virginie Nisen, enseignante.

A vous tous, travailleurs du privé, pensionnés d'emplois difficiles, personnes exerçant une profession dangereuse et épuisante physiquement, je présente toutes mes excuses.

Oui, vraiment, je suis désolée !

Désolée d'avoir choisi (si tant est que ce soit un choix) d'enseigner, et de passer ma vie au milieu de vos enfants, neveux, petits-enfants, voisins...

Désolée d'avoir cru que par l'école, on peut changer le monde, ou du moins, aider à construire le monde de demain.

Désolée d'avoir osé imaginer que c'était important, la formation des générations futures.

Désolée d'avoir fait trois ans d'études dans une école normale, d'avoir trimé pour payer lesdites études, et d'avoir finalement obtenu un diplôme.

Excusez-moi d'avoir tenu bon, quand j'étais jeune prof, d'avoir galéré pour boucler des fins de mois difficiles, avec un salaire de 1200€, un apart, une voiture, des factures à payer ; d'avoir eu plein de fois l'envie d'arrêter face à des classes qui n'en voulaient pas, aux commentaires de certains parents qui savent mieux que nous comment faire notre métier, à la crise d'adolescente et ses heurts, mais de m'être accrochée, parce que je l'aime, ce métier, et parce qu'on ne chasse pas ses rêves d'un coup de cuiller.

Je suis sincèrement désolée d'estimer que je mérite ce que vous appelez mes congés (environ 35 jours ouvrables sur l'année, puisque juillet et août ne sont pas des mois de congé, mais bien des mois non payés), en oubliant que je ne les ai pas demandés, que je ne choisis pas leurs dates, et que j'en passe toujours une partie à préparer la suite de l'année scolaire.

Désolée d'arriver à la fin des trimestres sur les rotules, parce que vos chers anges, si sages et dociles à la maison, sont parfois de vrais fauves quand on les regroupe dans des classes bondées.

« C'est l'avenir de vos enfants qu'on brade »

Toutes mes excuses aussi de toucher en douze fois ce que je gagne en 10 mois. Vraiment, pardon de vouloir pouvoir manger aussi en juillet et août.
 


 

Désolée que les pouvoirs publics, à coups de réformes, de nouveaux programmes et de refinancement, aient contribué à donner l'impression que mes collègues et moi étions des planqués jamais contents. Et désolée que, via ces mêmes réformes et nouveaux programmes, ils aient compliqué les aprentissages de vos enfants au point qu'à l'enquête PISA, on soit au bas du classement.

Excusez-moi, enfin, d'avoir fait grève aujourd'hui. Oui, vraiment, pardon d'avoir eu envie d'envoyer un signal, et de dire ou redire que mon métier, aussi beau et passionnant qu'il soit, est un métier difficile. Le dire, sans juger celui des autres, en sachant pertinemment que je n'ai pas le dos cassé ou des mains rugueuses à force de porter des blocs ou des malades, de manier des outils, et qu'il y a moins bien loti que moi. Moi j'ai juste parfois les oreilles cassées, la tête épuisée, et le moral bousillé par ce que je vois au quotidien, par ce que j'entends, et aujourd'hui est un de ces jours.

Pardon d'avoir peur d'être, à 58 ans, fatiguée et usée, tout en espérant être encore en forme et contente d'aller en classe.. Pardon d'avoir peur de devenir un mauvais prof, un fonctionnaire qui gâche le potentiel des enfants qui lui sont confiés parce qu'il ne croit plus en ce qu'il fait. Oui, vraiment, pardon de vouloir rester une « bonne prof », ou du moins, une prof passionnée et de pouvoir rendre mon tablier le jour où je n'y croirai plus.

Pardon d'avoir voulu dire que l'école, c'est important, et qu'en bradant sans cesse la qualité de l'enseignement, ou les moyens mis en oeuvre pour qu'on puisse faire notre métier, c'est l'avenir de vos enfants qu'on brade. Oui, vraiment, pardon d'avoir cru que vous nous accorderiez au moins le bénéfice du doute et dépasser les on-dit, et que vous pourriez croire qu'on pense aussi à vos enfants en demandant plus de moyens pour nos écoles.

« L'école est un pilier à conserver »

Pardon d'avoir envie de crier que des locaux vétustes et du matériel dépassé, ce n'est pas adéquat dans ce monde où tout va si vite et où la technologie nous dépasse. Désolée d'avoir eu envie de tirer une sonnette d'alarme face à mes jeunes collègues dépités (et quand je lis tout ce que j'ai lu aujourd'hui, moi aussi je rendrais bien mon tablier). Désolée d'avoir rêvé d'une société où l'on considérerait que l'école est un pilier à conserver, et pas une garderie où on parque pendant 8h les ados pour que leurs parents puissent gagner leur vie et espérer une promotion (tiens, encore un truc que je ne connaîtrai jamais, quel que soit le temps passé en classe ou la qualité de mes préparations.

Désolée, au final , d'être une fainéante-planquée-jamais contente, comme tous mes collègues.

Je vous laisse à votre rancoeur, et à vos idées sur mon métier, et je m'en retourne préparer ce week-end où je m'occuperai de 45 ados, 24h/24...

Et puis je salue mes collègues, qui sans doute préparent ou corrigent, parce qu'il faudra bien que demain quelqu'un s'en occupe, de vos pauvres petits obligés de supporter des professeurs incompétents et paresseux...

 

Un article de Prof Gréviste, publié par Enseignons

 

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Auteur : Prof Gréviste

Source : www.enseignons.be

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Commentaires des internautes

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Commentaire laissé par Kannie le 07/05/2011 à 10h43

Très bien, ce courrier, et sans aucun doute ô combien justifié. Il me gêne juste d'y lire une plainte quant à la nécessité d'avoir dû trimer pour payer les études : même dans les années 60 et 70, un normalien était rétribué -contre un engagement de quelques années à l'Education Nationale.
L'enseignant peut se plaindre pour quantité de points justifiés, mais pas celui-là (il est salarié dès ses études, qui sont donc même cumulées pour le compte des points retraite).