ETUDE : 1,5 million de décès dus aux disparités dans les pays riches - L'atelier

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Cette actualité a été publiée le 08/03/2010 à 21h23 par Michel WALTER.


ETUDE : 1,5 MILLION DE DÉCÈS DUS AUX DISPARITÉS DANS LES PAYS RICHES

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ETUDE : 1,5 million de décès dus aux disparités dans les pays riches

Fête des morts au Mexique, l'un des pays les plus mal classés selon l'indice Gini

Un total de 1,4 million. C'est le nombre de morts, chaque année, qu'on peut attribuer aux inégalités de revenus dans les 30 pays les plus industrialisés.

Cette statistique proprement abasourdissante est tirée d'une méta-recherche publiée en novembre dans le British Medical Journal, et qui fait tranquillement son chemin dans les cercles des sciences sociales.

Combinaison de 28 études antérieures couvrant 60 millions de personnes, l'étude fait faire un bond en avant à la connaissance du sujet.

Selon les auteurs, de Harvard et de l'université japonaise de Yamanashi, l'inégalité devient mortifère lorsque l'indice Gini, qui en mesure le niveau, dépasse les 0,3 points.
Le Canada s'en sort plutôt bien

Dans le tableau qui suit, on voit que le risque, et la proportion, de morts prématurés augmente avec l'importance de l'inégalité. (Voir le graphique, en anglais)

On note que le Canada se situe parmi les moins touchés par le phénomène. Le niveau d'inégalité des pays non présents sur le tableau est évidemment préférable : l'Allemagne, la France, la Suède et les Pays Bas, par exemple, ont des coefficients Gini allant de 0,28 à 0,23.
Au delà d'un indicie Gini de 0,3, attention danger

Mais au-delà du ratio de 0,3, chaque augmentation d'inégalité de 0,05 fait augmenter la mortalité. Vu autrement, si les pays industrialisés qui ont un niveau trop élevé d'inégalité réussissaient à le réduire au niveau québécois, chaque année, 1,4 million de leurs citoyens, au lieu de mourir, vivraient plus longtemps. Pourquoi ?

Il y a deux façons d'appréhender l'impact de l'inégalité, notamment sur la santé publique, donc sur les décès prématurés.

* si la richesse est mal distribuée, les pauvres sont trop pauvres, donc leur santé est déficiente. Un système qui fait monter les revenus de tous réduit la pauvreté réelle, donc la mauvaise santé, et alors on se fiche du niveau d'inégalité.

C'est la situation actuelle en Chine : le niveau d'inégalité augmente rapidement, mais, simultanément, des centaines de millions de Chinois sortent de la pauvreté.

* quelle que soit la quantité de richesse distribuée, le simple fait d'une trop forte inégalité dégrade la santé publique -tenez vous bien- de toutes les strates sociales. Cette seconde approche, dite « contextuelle », validée par cette étude, est plus lourde de sens.

L'explication contextuelle soutien que l'inégalité est en soi un facteur de division et de corrosion sociale. Ce que nous savons maintenant de l'importance sur la santé de facteurs psychologiques -incluant le statut social, l'amitié, le capital social, le sens du contrôle de sa vie- rendent les explications contextuelles de plus en plus plausibles.
Inégalités = violence, racket, filles-mères, incarcération...

C'est ce qu'écrivent les épidémiologistes et éditorialistes du British Medical Journal, Kate Picket et Richard Wilkinson, mettant la méta-étude dans le contexte des progrès du savoir dans ce domaine. Ils poursuivent :

« Il est maintenant clair que les sociétés inégales souffrent d'une incidence supérieure d'un grand nombre de problèmes sociaux, incluant un niveau plus élevé de violence, de racket, de filles-mères, d'incarcération, de décrochage, d'heures travaillées et un niveau inférieur de mobilité sociale et de confiance.

Ces conséquences dans les comportements offrent une preuve forte que les phénomènes psychosociaux sont associés à l'inégalité.

Les bénéfices d'une plus grande égalité sont plus grands chez les plus pauvres mais ont un impact sur presque tout les membres de la société. »

Bref, nous savions que l'inégalité, du moins aux niveaux maintenant connus aux Etats-Unis et ailleurs, était moralement inacceptable. Nous savions qu'elle suscitait envie et cynisme. Nous savions qu'elle était un facteur essentiel dans le cycle de la surconsommation, chacun voulant imiter la consommation de son voisin plus fortuné.

Nous savons maintenant qu'elle est funeste.

Photo : fête des morts au Mexique, l'un des pays les plus mal classés selon l'indice Gini (Daniel Aguilar/Reuters)

En partenariat avec les Ecoles d'été internationales de l'université de Montréal


Source : Daniel Aguilar/Reuters
Rue89

Une info dénichée par notre ami Luc

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