Ethiopie : Les peuples de la vallée de l'Omo menacés par un barrage - #WikiSurTerre

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Cette actualité a été publiée le 19/04/2010 à 13h06 par Tanka.


ETHIOPIE : LES PEUPLES DE LA VALLÉE DE L'OMO MENACÉS PAR UN BARRAGE

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Ethiopie : Les peuples de la vallée de l'Omo menacés par un barrage

Le barrage Gibe-3, en cours de construction sur la rivière Omo, menace la survie de plus de 200.000 autochtones peuplant la vallée de l'Omo et des populations qui vivent de pêche et d'élevage dans la vallée inférieure de l'Omo et au bord du lac Turkana.

Le mur du barrage s'élèvera à 240 m (le plus haut d'Afrique) ; le lac-réservoir s'étendra sur 150 km2 et il devrait développer une puissance de 1.800 mégawatts. La construction devrait être terminée en 2012.

Parmi les impacts de ce barrage, en Éthiopie, les ONGs pointent d'abord la régulation du cours de l'Omo qui empêchera les inondations saisonnières de la rivière. Les riverains profitent des limons ainsi déposés pour leurs plantations et leurs semis ainsi que pour leurs pâturages et pour produire le fourrage nécessaire à leur bétail en période sèche. Près de 200.000 cultivateurs et éleveurs seraient ainsi privés de ressources. Cet impact est d'autant plus important qu'il mettra fin à des échanges locaux entre communautés, limitant ainsi l'insécurité alimentaire. Il engendrera également des conflits entre autochtones pour l'accès à des terres fertiles devenues plus rares.

Les organisations mettent aussi en avant le risque de développement du paludisme par la présence de l'énorme réservoir, site de choix pour la reproduction des moustiques. Plus de 3.400 autres personnes seraient ainsi forcées de se déplacer. En outre, le lac ensevelirait de nombreux sites sacrés.

Au Kenya également, le Gibé-3 aura des conséquences sur le cours de l'Omo et sur le lac Turkana. On estime que le niveau du lac devrait baisser de 10 mètres, affectant plus de 300.000 personnes. D'abord en augmentant la salinité de l'eau, ce qui la rendrait non potable. Cette salinité mettrait en péril certaines espèces de poissons, ce qui affecterait plus de 100.000 personnes liées à l'industrie locale de la pêche. Enfin, cet impact sur la pêche aura des conséquences sur la sécurité alimentaire et l'économie locale de plus de 300.000 Kenyans.

En outre, la consultation entre les autorités et les riverains de l'Omo et du lac Turkana semble avoir été “oubliée” ou, pour le moins très limitée. Moins de 100 personnes ont été consultées dans la basse vallée de l'Omo et ceci après le début des travaux. Au Kenya, les négociations n'ont commencé qu'en 2009, après le dépôt d'une plainte. Mais la plupart des riverains ignorent tout du projet, d'autant que les autorités éthiopiennes auraient dissous plusieurs organisations communautaires locales, empêchant ainsi toute réunion d'information des populations.

Le gouvernement éthiopien projette également de vendre de grandes parties des territoires autochtones de la vallée de l'Omo à des compagnies et des gouvernements étrangers pour y pratiquer l'agriculture à grande échelle, dont celle d'agrocarburants qui sera irriguée par l'eau du barrage.

ICRA est signataire de la campagne stopgibe3. Vous pouvez vous aussi signer la pétition.

Source : icrainternational.org

Information recueillie par Tanka

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