Eteignez les lumières, qu'on voie le ciel ! - L'atelier

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Cette actualité a été publiée le 12/09/2009 à 21h38 par Jacques.


ETEIGNEZ LES LUMIÈRES, QU'ON VOIE LE CIEL !

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Eteignez les lumières, qu'on voie le ciel !

Information sélectionnée par Jacques qui pense que l'homme devrait réapprendre à lever la tête

L'homme moderne ne voit plus les étoiles. Il les a noyées dans la lumière artificielle dont il inonde villes et campagnes - et qui perturbe aussi la vie animale. Pourl'Année mondiale de l'astronomie, quelques clubs d'amateurs organisent ce samedi des opérations «ciel noir».

Les Anciens y avaient vu des animaux fabuleux, des dieux, des déesses et des héros. Avant même de comprendre leur nature, ils savaient que les étoiles ont des couleurs et que les planètes suivent des trajectoires compliquées. Et pour eux, la Voie Lactée était une giclée de lait échappée du sein de Vénus - d'où son nom.

En 1992, l'UNESCO a déclaré le ciel nocturne patrimoine mondial de l'humanité par. Pourtant, qui - même sans connaître leur nom - peut encore distinguer Véga, Altaïr, Orion, Andromède, les Gémeaux ou le Cygne.

Avec toute la lumière que l'homme projette vers le ciel, celui-ci n'est plus qu'un halo jaunâtre, dont émergent seuls les astres les plus brillants – une vingtaine au mieux, alors qu'on pourrait en voir 3000 par nuit noire.
Poètes lésés, astronomes exilés

«Tous nos ancêtres ont pu voir les étoiles et aujourd'hui, on ne les voit plus. La pollution lumineuse prive le poète d'une source d'inspiration millénaire, mais c'est aussi une perte pour tout le monde», constate Arnaud Zufferey, qui fut l'un des initiateurs de l'association Dark-Sky en Suisse

Frustrante pour chacun - en admettant qu'il sache ce qu'il a perdu -, cette quasi-disparition des étoiles est carrément handicapante pour ceux qui ont l'habitude de les voir à travers un télescope. Et qui, même avec cet instrument, les voient de moins en moins bien.

Astronomes amateurs et professionnels vont désormais chercher le ciel noir de plus en plus loin. Si les montagnes deviennent le refuge des premiers, les seconds ont quitté depuis longtemps les coupoles installées à proximité des universités et n'auront bientôt plus que les îles (Canaries ou Hawaii), les hauts plateaux du Chili, ou... l'espace.
Aimer la lumière à en mourir

Et ce n'est pas tout: si elle perturbe le sommeil et très probablement d'autres fonctions vitales chez l'homme, la lumière artificielle a des effets carrément dévastateurs sur certains animaux – surtout les insectes.

C'est par eux qu'Arnaud Zufferey a commencé à s'intéresser au problème durant ses études de biologie. Plus tard, master en sciences de l'environnement en poche, il est devenu un des rares spécialistes suisses de la pollution lumineuse..

«Les lampadaires attirent les insectes nocturnes, explique-t-il. Et ils vont soit passer toute la nuit à tourner autour et finir par mourir d'épuisement, soit se faire manger, notamment par les chauves-souris, qui ont pris l'habitude de chasser autour des lampadaires».

Une pollution de plus

A cette véritable hécatombe d'insectes (la lumière artificielle serait aujourd'hui leur deuxième cause de mortalité) s'ajoutent les perturbations dans les migrations des oiseaux et la reproduction des batraciens et des poissons et même dans la croissance des végétaux, qui ne sont pas «programmés» pour recevoir de la lumière 24 heures sur 24.

«Bien sûr, il ne faut pas isoler la pollution lumineuse des autres, explique Arnaud Zufferey. Elle ne fait que s'ajouter au bruit, à la pollution de l'air, de l'eau, la destruction des habitats, l'urbanisation croissante. Tous ces facteurs de stress s'additionnent pour aboutir à un déclin global de la biodiversité».

La pollution lumineuse, par contre, a ceci de différent des autres qu'il suffit de tourner l'interrupteur pour qu'elle disparaisse complètement.
15% d'économies potentielles

Sans aller jusque là, certains politiques commencent à se soucier du problème. En octobre de l'année dernière, Arnaud Zufferey a été élu à l'Exécutif de sa ville de Sierre - 15'000 habitants, au centre du Valais.

Il s'y occupe de développement durable et de la gestion d'une orientation écologique qui vaut à la commune depuis quelques années déjà le label européen Cité de l'Energie, également porté par quelque 170 autres localités suisses.

«Dans une ville comme la nôtre, 90% de l'éclairage nocturne est public, explique le conseiller communal. Aussi visibles soient-elles, les enseignes commerciales ne sont pas le gros du problème».

C'est donc sur l'éclairage des rues et des monuments que doit porter l'effort. Aujourd'hui, il représente encore 30% de la facture d'électricité d'une ville comme Sierre. Et Arnaud Zufferey est persuadé que l'on peut en économiser la moitié, soit faire baisser la note de courant globale de 15%.

Comment ? ....

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