Et si on roulait aux épluchures ou aux coquilles d'oeufs ? - #WikiSurTerre

Retour : Accueil

Cette actualité a été publiée le 20/06/2011 à 22h12 par Mich.


ET SI ON ROULAIT AUX ÉPLUCHURES OU AUX COQUILLES D'OEUFS ?

  • Google+
  • FaceBook
  • Twitter
  • LinkedIn
Et si on roulait aux épluchures ou aux coquilles d'oeufs ?

 

On n'a (presque) plus de pétrole alors on cherche des idées ! L'effervescence des marchés des matières premières combustibles oblige à envisager d'autres moyens de production d'énergie. 20% des carburants fossiles pourraient être remplacés par du biogaz carburant, issu de la méthanisation des déchets organiques. Et c'est une excellente nouvelle car nos « déchets verts » pèsent près de 100 kg par habitant et par an.

L'idée

Les déchets organiques peuvent être transformés par méthanisation en biogaz. Pourquoi ne pas utiliser cette énergie renouvelable pour faire rouler durablement les véhicules ?

Le procédé est simple. Le biogaz provient de la fermentation de matières organiques dans un milieu dépourvu d'oxygène. Après trois semaines de décomposition dans un « digesteur », le biogaz brut (méthane et gaz carbonique) est purifié afin d'obtenir du méthane concentré. Après compression, il peut alimenter tous les véhicules équipés pour rouler au gaz naturel. On roule alors au biométhane.

L'intérêt du biométhane réside notamment dans la grande disponibilité des ressources nécessaires à sa production. La moitié des ordures ménagères sont constituées de déchets organiques auxquelles s'ajoutent nos « poubelles vertes », les déchets d'entretien d'espaces verts, les boues d'épuration et les déchets agricoles... Une tonne d'ordures fermentescibles représente un gisement d'environ 100 m3 de méthane, soit l'équivalent de 100 litres de carburant.

En plus d'être une énergie locale abondante, rouler au biométhane permet de réduire de :

95% les émissions de particules d'hydrocarbure,
99% des composés soufrés,
70% des oxydes d'azote, par rapport au diesel.

En outre, l'exploitation de la méthanisation permet de capter le méthane et donc de neutraliser ce gaz à effet de serre, 25 fois plus puissant que le CO2.
Comment la mettre en pratique ?

Depuis 2009, en Seine-et-Marne, huit véhicules légers et une benne à ordures testent le biométhane produit à Claye-Souilly où un million de tonnes d'ordures industrielles et ménagères sont stockées dans la plus grande décharge de France. Jusqu'alors, les déchets étaient incinérés... en pure perte.

« Nous sommes entrés dans une logique d'économie circulaire en effectuant le plein des véhicules grâce aux biogaz émis par la décharge », explique Pascal Peslerbe, directeur général délégué de Veolia Propreté Ile-de-France. L'objectif du site est clair : la méthanisation doit à l'avenir d'alimenter 210 véhicules légers, à raison de 30 000 kilomètres par an. Cela doit permettre d'économiser 880 tonnes de CO2.

Dans le nord de la France, Lille a déjà passé la vitesse supérieure. « Depuis 1999, les transports publics ont été complètement repensés en fonction du gaz naturel et 330 bus lillois utilisent déjà ce carburant », souligne Pierre Hirtzberger, chef de service à la direction des résidus urbains de la Communauté urbaine de Lille.

Aujourd'hui, Lille Métropole prévoit d'augmenter son parc de bus de 100 véhicules neufs. Ils rouleront grâce aux 100 000 tonnes de déchets verts, soigneusement triés par une communauté de 1,1 million d'habitants, avant d'être transformés dans le plus gros méthaniseur de biodéchets construit en Europe.

Dés lors, il reste à injecter le biométhane directement dans le réseau de gaz naturel de ville pour pouvoir ravitailler les bus en continu. Cela permettra d'éviter la construction de canalisations souterraines pour alimenter des stations-service... qui restent elles-mêmes à convertir à la distribution de gaz naturel.

Ce qu'il reste à faire

L'Europe possède déjà un parc de plus de 2 000 stations-service pour approvisionner quelques 600 000 véhicules roulant au gaz naturel, et donc potentiellement au biométhane. Il convient aujourd'hui d'augmenter le parc des véhicules et des stations de distribution, tout en amplifiant le tri et la collecte des déchets verts pour la méthanisation. Or, c'est un peu le problème de l'oeuf et de la poule... De la poule et de l'oeuf...

Pour résoudre cette équation infernale, la région de Lombardie en Italie, impose à toute nouvelle station-service qui veut s'implanter de distribuer du gaz carburant. Cependant, à Göteborg, en Suède, où le biométhane alimente déjà 5 000 voitures et bus, via des stations-service connectées au réseau de gaz naturel, la demande excède souvent l'offre.

La production de biométhane est difficile à prévoir car elle est fortement dépendante des mécanismes de soutien à sa valorisation. En France, une décision gouvernementale attendue pour l'été devrait autoriser l'injection du biométhane dans le réseau de gaz de ville, avec un tarif de rachat incitatif. Un encouragement financier pour la méthanisation qui permettrait d'étendre l'usage du biométhane aux véhicules privés. Des constructeurs automobiles s'y intéresseraient déjà de près.

 

Un article de Olivier Moulergues, publié par rue89.com

 

Un article déniché par Luc

 

Vous aimez notre travail ? Alors merci de nous soutenir

Lance-toi ! Deviens vite lanceur d'alerte. Rejoins ceux qui ont la rage !

Le site étrange qui dérange même les anges !

 





Auteur : Olivier Moulergues

Source : www.rue89.com