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Cette actualité a été publiée le 09/01/2011 à 22h39 par Tanka.


ET SI LES ANIMAUX DE TRAIT FAISAIENT LEUR RETOUR DANS NOS CHAMPS ?

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Et si les animaux de trait faisaient leur retour dans nos champs ?

Relégués par le tracteur au rang d'attractions folkloriques lors des fêtes de villages, les animaux de trait (chevaux, mules, ânes...) reviennent sur le devant de la scène chez un certain nombre d'agriculteurs.

L'idée

En termes d'efficacité, a priori, entre un cheval et un tracteur qui peut faire plusieurs centaines de chevaux, il n'y a pas photo : le canasson est moins puissant, sans compter qu'il a tendance à se fatiguer plus rapidement.

Transformer la force animale en énergie d'avenir, c'est pourtant la voie sur laquelle se sont engagées des associations comme Prommata (Promotion du machinisme moderne agricole à traction animale) qui développe des porte-outils adaptés au travail avec les animaux.

Valérie Therrien, responsable de la communication de l'association ariégeoise, explique :

« Nous nous inscrivons dans une vision de l'agriculture qui se veut à échelle humaine. Notre objectif est de réaliser, en lien avec les utilisateurs, des machines standardisées, simples, légères et polyvalentes, qu'ils peuvent entretenir voire réparer eux-mêmes. »

Luc Delas, président d'Equiterra, une association de promotion du cheval de trait et directeur de la chambre d'agriculture de Picardie, refuse lui aussi tout caractère passéiste à la démarche :

« Il faut raisonner en terme de développement durable. En utilisant l'énergie animale et en optimisant les déplacements, on peut réduire jusqu'à deux tiers les émissions de gaz à effet de serre, selon une étude que nous avons réalisée avec l'Ademe. La traction animale permet aussi de préserver des races qui n'ont dû leur survie qu'à la boucherie. »

Comment la mettre en pratique

Un agriculteur travaille dans son champ avec un cheval de trait (Reporters d'espoir)En forêt, la pratique commence à être bien connue pour le débardage, même si elle reste très peu utilisée, en France tout du moins (20 à 25 tout au plus, très loin des 3 000 débardeurs allemands). Elle permettrait pourtant des prélèvements plus ciblés, dans des zones difficiles d'accès et sans endommager la végétation au sol.

Dans les champs, la traction animale se développe surtout dans le maraîchage où précision de travail et respect des sols sont des atouts appréciés. En général, ce sont de petites exploitations (de 1 à 2 hectares) qui s'inscrivent dans une démarche d'agriculture biologique.

André Chalopin de la FNCIVAM (Fédération nationale des centres d'initiatives pour valoriser l'agriculture et le milieu rural) fait le calcul :

« La rentabilité, le temps de travail nécessaire, la superficie qu'il est possible d'exploiter et donc la pertinence des animaux de trait varient beaucoup selon les cultures et le mode de culture.

Ce n'est pas très sérieux de penser cultiver 400 hectares de blé, même si les Amish le font bien, mais sur de petites exploitations, cela peut revenir beaucoup moins cher. On peut trouver un cheval équipé et dressé pour 5 000 ou 6 000 euros. On ne peut guère trouver un tracteur maraîcher à ce prix-là. »

De la machine à l'animal, une approche différente

La traction animale peut s'avérer pertinente pour les cultures où l'on cherche davantage la qualité que la quantité. C'est notamment le cas en viticulture, où elle fait peut-être son retour le plus significatif. Oronce de Beler, vigneron à Vosne-Romanée en Bourgogne et distributeur d'équipements de labour, explique :

« Au niveau financier, en comptant sur une surface idéale pour un cheval de 6 hectares, les coûts peuvent être diminués de moitié. Les sols sont beaucoup moins tassés qu'avec un enjambeur. Ils deviennent ainsi plus aérés, plus fins, ce qui permet une meilleure nutrition de la vigne. Le travail est aussi plus doux pour la vigne, ce qui permet d'augmenter la longévité des ceps. »

Comme lui, ils sont désormais une quinzaine de laboureurs à cheval à proposer leurs services aux domaines bourguignons.

Au-delà des arguments techniques, cela reste quand même un choix de vie pour l'agriculteur : travailler avec un être vivant ne suppose pas la même approche qu'avec un engin mécanique. Alors certes, il vaut mieux aimer les animaux pour s'épanouir dans ce type d'agriculture, surtout que le travail ne peut être que plus fatiguant. Mais Oronce de Beler souligne :

« Je préfère cette fatigue à celle engendrée par une journée passée à supporter le bruit et les vibrations d'un moteur. »

Ce qu'il reste à faire

Malgré son caractère ancestral, l'agriculture attelée est aujourd'hui totalement nouvelle. Les pratiques doivent être réinventées, les outils adaptés à l'agriculture moderne en devenant plus légers et plus maniables, les meilleurs réglages retrouvés.

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Source : www.rue89.com