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Cette actualité a été publiée le 22/02/2012 à 21h14 par Tanka.


ENVIRONNEMENT : LA FERTILITÉ FRANÇAISE POLLUÉE ?

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Environnement : la fertilité française polluée ?

 
Toutes les données françaises permettant d'évaluer le retentissement sur la fertilité de notre environnement viennent pour la première fois d'être recueillies dans un numéro thématique du Bulletin épidémiologique hebdomadaire. Un bilan inquiétant qui souligne l'urgence de moyens et de recherches supplémentaires.

"C'est la première fois que sont réalisées de telles synthèses sur l'évolution des caractéristiques du sperme, celle des cancers du testicule, ou des cryptorchidies et des hypospadias (malformations du sexe des petits garçons)", présente le Pr. Alfred Spira, épidémiologiste à l'Université Paris-Sud et à l'Institut de recherche en santé publique (IRESP). Il a coordonné la réalisation du numéro thématique du Bulletin épidémiologique hebdomadaire de l'INVS sur les "Enjeux environnementaux pour la fertilité humaine"... qui recense surtout des interrogations côté masculin.
 


 

Les hommes en première ligne

Les hommes seraient ainsi en première ligne face aux perturbateurs endocriniens, ces "substances étrangères à l'organisme susceptibles d'altérer les équilibres hormonaux", comme le définit le chapitre consacré au décryptage de leurs modes d'action. Leur liste est malheureusement assez longue et comprend notamment le bisphénol A, contenu dans les emballages alimentaires par exemple, sur lequel les études inquiétantes se multiplient, mais aussi les phtalates, le parabène ou encore certains pesticides utilisés dans l'agriculture.

Autrement dit, même si quelques activités sont plus exposées, comme les agriculteurs justement ou les coiffeurs avec les produits chimiques manipulés pour colorer les cheveux, tout le monde est concerné. Les foetus n'y échapperaient pas, avec par exemple l'atteinte des organes génitaux des petits garçons qui souffriraient plus souvent d'urètre trop court ou de testicules non descendus.

"Ces malformations légères traduiraient une perturbation hormonale pendant la grossesse", explique le Pr. Spira. Quant aux effets à l'âge adulte, le cancer du testicule "est en forte et constante augmentation depuis plus de 50 ans" concluent les auteurs du chapitre correspondant. Avec là encore "des associations significatives entre ce cancer et certaines professions comme (... ) les métallurgistes, (...) les policiers (exposition aux radars) ou les hommes exposés à des insecticides."

L'atteinte de la fertilité masculine se traduirait également par une baisse de la qualité du sperme. Il contient moins de spermatozoïdes en 2005 qu'en 1989 et cela justifie de plus en plus de recours à l'Aide médicale à la procréation initialement surtout sollicitée à cause de problèmes féminins.
 

 
Améliorer la surveillance

Pour toutes ces évolutions, même si les soupçons sont importants, il reste difficile d'isoler la cause environnementale pour être sûr de sa culpabilité. Le Pr. Spira souligne donc deux urgences : "le perfectionnement des systèmes de surveillance et l'amplification des efforts de recherche."

Malheureusement, l'Agence nationale de recherche vient justement de repousser le financement d'un appel à projets sur ces thèmes. Pourtant, il faut vraiment "identifier les modifications de l'environnement délétères pour la santé et trouver les produits de substitution qui remplaceront les produits toxiques", insiste l'épidémiologiste. Certaines études ne seraient pas si difficiles à réaliser.

Réaliser auprès d'hommes souffrant d'infertilité des prélèvements sanguins d'analyses toxicologiques, des interrogatoires complets, voire des enquêtes dans leur contexte professionnel et privé, apporterait de précieuses informations. "Avec des moyens plus importants, on obtiendrait des résultats plus rapidement", regrette le Pr. Spira. "Mais il existe des intérêts économiques et sociaux divergents du côté des industriels de la chimie dont le lobby très puissant n'est pas vraiment en faveur de ce type de recherche..." L'enjeu est pourtant considérable, parfaitement résumé par le "but de ce numéro de ce BEH : (...) apporter des informations qui permettent de construire des solutions appropriées, qui permettent le développement que nous souhaitons sans altérer nos fonctions de base, en particulier celle de procréer."
 

Un article de Géraldine Zamansky, publié par Allo docteurs
 

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Auteur : Géraldine Zamansky

Source : www.allodocteurs.fr